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LES HEURES BENIES 121

Prière du matin

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A Mère Sainte-Clotilde, Ursuline.

Je vous offre, mon Dieu, les splendeurs de l'aurore, L’horizon infini que rougit et que dore La caresse du jour.

Je vous offre le chant de l'oiseau qui s’éveille, Et le rêve divin de l'enfant qui sommeille, Sous un regard d'amour.

Je vous offre, mon Dieu, le délicat murmure Qui monte doucement de toute la nature, Et qui s'adresse à Vous; La brise du terroir et le parfum des roses, Le langage secret que vous tiennent les choses, ...Mystérieux pour nous.

Et je vous offre aussi la vapeur irisée,

Les perles de cristal, les gouttes de rosée, Que sanglotte la fleur.

Je vous offre le chant invisible et immense,

Qui palpite partout et partout recommence, A vous chanter, Seigneur.

De la nuit qui s'en va, je vous offre le voile,

Je vous offre les feux de la dernière étoile Qui palit au lointain;

Je vous offre l’amour, la douleur et la peine,

Que ce jour doit verser à la nature humaine, Mystère du destin...

Je vous offre mon Dieu la beauté qui se lève

Avec les feux du jour, et la voix qui s'élève, De l’âme de nos bois;

Pour vous bénir sans fin, Divinité puissante,

A l’hymne du matin qui vous prie et vous chante, J’unis mon humble voix.

LES HEURES BENIES 123

Prière du soir...

À Mère S. Luc, Ursuline.

Je vous aime, Seigneur, pour les beautés sans nombre, Que vous nous prodiguez à l’heure où le jour sombre, A l'heure où la lumière à l’horizon s'enfuit,

Et que s'étend sur nous le voile de la nuit.

Je vous aime, Seigneur, pour cette paix mystique, Qui s'élève de tout et franchit le portique,

De ce temple infini qu’on nomme l'univers.

Je vous bénis, Seigneur, des célestes concerts,

Que les oiseaux des bois, et toute la nature,

Vous adressent alors dans un pieux murmure.

Je vous bénis d’avoir, dans un geste puissant,

Jeté le filet d’or de la lune d’argent,

Dans l’abime des flots qui murmurent sans trève,

Et sont toujours épris des sables de la grève.

Je vous bénis d’avoir, par d'immenses clous d’or, Retenu dans les cieux, impalpable trésor,

Le velours dont la nuit enveloppe la terre...

...Je vous bénis, Seigneur, de vos bontés de Père.

t-Michel, 1925

Prière

Jésus, je T’en supplie, apaise ma souffrance,

Je suis faible et Tu sais, j’ai peur de tant souffrir, Comme un ami très cher, Jésus viens me guérir, Dans mon âme blessée allume l'espérance.

Tu ne peux regarder avec indifférence,

Un coeur qui souffre tant et t’adresse un soupir, Oh! penche-Toi vers moi Jésus, pour me bénir, Souris à ma douleur dans ta sainte clémence.

Je sais que la souffrance est pour l'âme une grâce, Je sais que son effet divinement efface, La trace du péché dans notre pauvre coeur...

Mais je connais aussi le sublime mystère, De ta miséricorde, et je viens, mon bon Père, Te demander, un peu de baume à ma douleur.

Mars 1925

LES HEURES BENIES 125

Voiles

À Mère Sainte Claire, Ursuline.

Le voile dont la nuit enveloppe la terre,

Est tout frangé de pourpre d’or, et de lumière,

Par la magnificence du soleil couchant.

Le fleuve Saint-Laurent: ce miroir des nuages,

Murmure un chant très doux et couvre les rivages, De son baiser grave et ardent.

Je vous aime Seigneur, pour ces couchants de flamme, Ils me parlent de Vous, et mettent dans mon âme, Des désirs infinis, des soifs d’éternité.

Quand le voile des ans recouvrira ma vie, Divin Soleil des coeurs, dorez-le, je Vous prie,

Des rayons de votre beauté.

uin 1925

Prière...

Mon Dieu, je viens à Toi, je t'offre ma pensée, Je t'offre les désirs de mon âme angoissée, Je t'offre mon chagrin; Familièrement ma tête se repose, Sur ton Coeur indulgent Jésus, et ma main ose Se glisser dans ta main.

Dans un geste d'amour tu m'as brisé les ailes, Je voulais m’envoler, et Tes mains paternelles, M'ont gardé sur ton Coeur ;

Je voulais m’enivrer de joie et de lumière, Mais Toi, tu m'as donné, secourant ma misère, La paix dans la douleur.

LES HEURES BENIES 127

Prière du prêtre

{ M. l'abbé Pamphile Roy.

En ce dixième anniversaire de son ordination sacerdotale.

Depuis dix ans, mon Dieu, je vis dans votre coeur, Votre possession est ma seule espérance,

J'aime, de votre amour, et par votre clémence, Vous êtes devenu, mon ami le meilleur.

Oh! je vous dis merci, pour toute la douleur,

Dont votre main, chez-moi, fit large la semence;

En m'enseignant, mon Dieu, ce qu'était la souffrance, Vous m'avez enseigné, ce qu'était le bonheur.

Vous possédez mon coeur, prenez-le plus encore, Que votre saint amour, soit le rayon qui dore, De l'aurore au couchant, la trame de mes jours.

EEE M QU CE

Dans le calice ardent de mon coeur qui vous prie, Je Vous offre, mon Dieu, ces dix ans de ma vie.

Et, de Vous, Roi des coeurs, approchez-moi toujours.

Las Cruces, 31 octobre 1925

LES HEURES BENIES 129

Stances au Vendredi-Saint….

À Mère Sainte Rita, Ursuline.

Quand le Christ apparut au seuil des nations, —Fruit divin engendré par des siècles sans nombre— Il dit : “Je suis l’espoir des générations,

J'apporte la lumière qui dissipe l’ombre”.

Le peuple allait vers Lui, car le Christ était beau,

Il venait à L'aimer, car le Maïtre était tendre,

Sa parole éclairait comme un vivant flambeau,

Et la foule à grands flots se pressait pour l'entendre.

Mais le coeur de la foule est fragile et changeant, Son amour pour Jésus fit place à de la haine ! On le persécuta, Lui....le compatissant,

Le grand consolateur de la souffrance humaine ! On le crucifia, croyant l’anéantir —

Comme s’Il n’était pas la source de la vie !— Et les juifs en riant le regardaient mourir,

En le comblant d’injures et d’ignominie.

Il expira pour nous, Lui, le Christ, Dieu vivant, Heureux d’avoir rempli sa mission suprême, Et, voyant ses bourreaux l’outrager,... en mourant

Il dit: “Pardonnez-leur, Père... car je les aime” !...

Vendredi-Saint, 1925

LES HEURES BENIES 131

Souffrir…

Souffrir ! c’est être grand; souffrir c'est être un homme, C’est sentir en son coeur la loi de l'univers,

Qui veut broyer notre âme et déchirer nos chairs, C’est porter de nos maux l'inévitable somme.

Souffrir! c’est la noblesse et la grandeur de l’être, Car il souffre bien peu celui qui dans son coeur, N'a pas un grand besoin d’insatiable bonheur... L'âme, par la souffrance apprend à se connaître.

Vous qui souffrez offrez à Dieu votre détresse,

Le Maître est juste et bon, et par Lui tous nos pleurs Là-haut seront changés en ravissantes fleurs ; Couronnes que pour nous, prépare sa tendresse.

Mars 1925

St-

HEURFS EFFEUILLEES

Actes

À Mère St-Denis, Ursuline, amicalement.

Le soir fermait la fleur. Je marchais en silence,

Dans le bois frémissant j'entendis mille voix,

Qui Te chantaient, Seigneur, acclamant ta puissance; J'ai murmuré: “Je crois”.

Mon âme Te voyait dans une sainte ivresse,

L'amour de tes beautés grandissait en mon coeur,

Et je t'ai dit soudain dans un cri d’allégresse : “Je t'adore Seigneur”.

Et j'ai levé les yeux vers la voûte étoilée,

De toutes ces splendeurs je t'ai senti le roi,

Frémissant de désirs ma pauvre âme éplorée T’a dit : “J'espère en Toi”.

Michel, 1925

Note

Monsieur Omer Létourneau, organiste-compositeur, de Québec, a mis en musique les poésies intitulées

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