‹ Heures perdues [microforme]Chapitre 11 sur 54 · UN COMBAT AVEC MA MUSE · texte numérisé non relu

UN COMBAT AVEC MA MUSE

| E beau travail de la pensée

Parfois fatigue mon esprit.

Quand penche ma tête lassée La muse alerte me sourit.

Autour de l’humble forteresse

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Voilà déjà que la traitresse

Fait résonner tous ses pipeaux.

A cette charge irrésistible

Mon cerveau demeure insensible

Et je reste dans mon repos.

Pour faire un véritable siège

Elle va chercher du secours

Et revient avec son cortège, Doux pensers, souvenirs, amours.

D'abord, joyeuses et pareilles

A de bruyants essaims d’abeilles Qui s’échappent de leur prison, Arrivent de belles pensées, Complices à l'assaut lancées

Qui me font perdre la raison !

Avec courage je tiens ferme Contre l’aimable régiment ; Toujours mon oreille se ferme À ce joyeux bourdonnement.

Mais un autre renfort arrive !

Poète, sois sur le qui-vive :

He . ll Voici venir les blonds amours. l a

Tirailleurs aux superbes poses, L.

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Ils me décochent leurs traits roses, | ik E

Et leurs carquois en ont toujours |

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Je tiens bon ! ma muse perfide

Désirant plus vite en finir, Commande d’un geste rapide À mon plus aimé souvenir.

C’est le signal de ma défaite !

OR

De sa victoire satisfaite

La muse entre sans hésiter,

Ses vaillants complices comme elle Font irruption pêle-mêle...

La place est prise... Il faut chanter !

Alors dans mon cerveau bourdonne

Longtemps l'étrange bataillon,

Comme dans un cloche: quand sonne

Un étourdissant carillon,

De sa victoire déjà lasse,

La muse pour vider ja place É Aux souvenirs donne congé ;

Pensers, amours suivent bien vite.

Et grâce à cinq Strophes sans suite

Voilà mon esprit soulagé |

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