‹ Heures perdues [microforme]Chapitre 50 sur 54 · LE PETIT HOMME · texte numérisé non relu

LE PETIT HOMME

S® regard est plein de sourires, X

Ses lèvres pleines de pourquois

Qui souvent provoquent nos rires

Ou mettent la mère aux abois.

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Son intelligence qui s'ouvre

Comme la fleur s’épanouit, Chaque jour maintenant découvre

Un astre nouveau dans sa nuit.

Surpris de tout ce qui l'entoure,

Du sol fécond, des cieux cléments,

En quelque coin du pré qu'il coure,

Il revient plein d’étonnements.

O quelle naïve faconde !

On dirait que, nouveau Colomb, Il vient de découvrir un monde

Sous les fenêtres du salon !

Encore essoufflé de sa course, Il nous dit—récit fabuleux — Que dans l'eau claire de la source

Il a plongé son pied frileux !

Que pour saisir les demoiselles Et leurs amis les papillons, Bien trop rapides sont leurs ailes,

Ses petits bras pas assez longs !

Plus de robe ! Ça le transporte.

Il faut voir de quelle façon Chevaleresque et crâne il porte

Son premier habit de garçon.

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Il se promène, il s’examine ? ?

Il se palpe et dit : Est.ce moi ?

Il se trouve drôle de mine

Et met tout le monde en émoi.

Il pose son poing sur sa hanche

D'un geste absolument vainqueur,

Mais l’on sent sous sa veste blanche

Battre plus fort son petit cœur !

Il a six ans, c’est presqu’un homme,

Il fait la moue, il prend des airs ;

Et quand par mégarde on le nomme

Bébé, son œil a des éclairs.

Et si parfois il me demande Pourquoi je suis si grisonnant, Avec douceur je le gourmande

Et je lui dis : « Rien d'étonnant,

Car tes défauts sont les complices Des jours que le ciel m’a repris, Et chacune de tes malices

Met sur ma tête un cheveu gris !

C’est pour cela que tu vois poindre Ces cheveux que tu n’aimes pas. »

Alors, ému, je le vois joindre

Ses petites mains, et tout bas,

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Penchant sur moi son frais visage, Il me dit, pour me radoucir :

« Petit papa, si je suis sage,

Tes cheveux blancs vontils noircir ? »

Octobre 1890.

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