‹ Heures perdues [microforme]Chapitre 7 sur 54 · LA FÊTE NATIONALE · texte numérisé non relu

LA FÊTE NATIONALE

? | VOUTESs les cloches réveillées

Au bruit matinal des tambours

Lancent leurs joyeuses volées Aux extrémités des faubourgs.

Le soleil de ses feux splendides

nine

Illuminant les Laurentides

Dore les toits de la cité,

La nature en liesse prête

A ce jour unique de fête

Le plus beau jour de son été,

C'est la fête nationale !

Le rendez-vous longtemps rêvé |

Déjà la foule matinale

Circule sur le dur pavé.

Comme un frémissement d'ivresse,

Au vent léger qui les caresse

Mille drapeaux flottent dans l'air,

Et les hallebardes pesantes,

Aux rayons du matin luisantes,

Ont le vif reflet de l'éclair,

La ville est toute pavoisée, Partout des drapeaux et des fleurs.

Voyez ! la plus humble croisée Hisse l’écharpe aux trois couleurs, De tous les quartiers de la ville Débouche le peuple tranquille, D’enthousiasme rayonnant,

Et sous les arches de nos rues Passent les foules accourues

De tous les points du continent,

Alors défilent les bannières De tous nos frères réunis ; Et mille voix mâles et fières Entonnent nos hymnes bénis.

On se dirige vers les plaines

rem en mme en Là

De grands souvenirs encor pleines,

Et dans ce dernier rendez-vous

Témoin d’une lutte sanglante,

Le prélat d’une voix tremblante

Bénit tout un peuple à genoux !

Québec avec orgueil s’enivre

À ce suprême festival ;

Le vieux Québec se sent revivre

Et songe aux jours du grand Laval.

Adieu, les oisives disputes !

Plus de querelles, plus de luttes.

En ce jour tout est effacé.

Regardez ! nos gloires naissantes

Viennent s’incliner, frémissantes,

Devant les gloires du passé !

mm

Voici la fête terminée.

La nuit descend sur les faubourgs.

Rapide a passé là journée,

Ainsi que passent les grands jours, Emue et rêveuse la foule Religieusement s'écoule

Emportant en elle l'espoir :

Vers la fin d’un jour sans orages Ainsi l’on voit de blancs nuages

Dispersés par le vent du soir !

Page 1