‹ Heures perdues [microforme]Chapitre 9 sur 54 · À TIRE-D'AILES · texte numérisé non relu

À TIRE-D'AILES

D l'horizon se rembrunit,

Voyez l'oiseau gagner son nid

A tire-d’ailes.

Voyez les serins égrillards, Les rossignols si babillards, Les m'i:xs moqueurs et pillards,

Les gra: uses hirondelles !

emma a

La gent ailée est aux abois,

Et chacun cherche sous les bois : Une retraite, , Car depuis l'heure du matin

Se dresse dans le ciel lointain, Fantôme d’abord incertain,

Le fier géant de la tempête !

Le lapin, hôte des fourrés, Voyant les oiseaux effarés,

ln vain regarde Dans son horizon rétréci, Où Dieu plaça tout son souci, Si la lune au disque aminci

Jette sa lumière blafarde.

Mais non, le soleil brille encor.

Une nuée aux teintes d’or

Est son escorte.

À peine un zéphir attiédi Vient rider le flot engourdi Où vogue à l'heure du midi

Le brin d’herbe ou la feuille morte.

Alors il vante son repos,

Et, s’animant par maint propos, Blâme leurs ailes

De battre ainsi l'air calme et pur,

Par un beau ciel chargé d'azur

Lorsque midi sur l'épi mûr

Fait chanter les cigales grèles.

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Mais bientôt, surpris par le vent

Qui courbe le sommet mouvant

Des pins sublimes,

Il voit l’orbe immense des cieux

Lancer mille gerbes de feux,

Et soudain l'éclair radieux

Illuminer toutes les cîmes.

Il est trop tard ! Son gîte >st loin.

Sous la grêle tombent le foin

Et les charmilles.

Le laboureur s'est empressé

De laisser son pré menacé ;

Le vent d’orage a remplacé

Le chant joyeux des jeunes filles.

Heureux les serins babillards,

Les pinsons, les merles Pillards,

Les hirondelles ! Heureux les oiseaux querelleurs, Qui, laissant la prairie en fleurs, Vers leurs nids aux mille couleurs

Sont accourus à tire-d’ailes !

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