‹ Heures perdues; poésiesChapitre 11 sur 45 · UN COMBAT AVEC MA MUSE · texte numérisé non relu

UN COMBAT AVEC MA MUSE

LE beau travail de la pensée Parfois fatigue mon esprit.

Quand penche ma tête lassée La muse alerte me sourit.

Autour de Thumble forteresse

Voilà déjà que la traîtresse Fait résonner tous ses pipeaux.

A cette charge irrésistible Mon cerveau demeure insensible Et je reste dans mon repos.

Pour faire un véritable siège Elle va chercher du secours Et revient avec son cortège, Doux pensers, souvenirs, amours.

D'abord, joyeuses et pareilles A de bruyants essiims d'abeilles Qui s'échappent de leur prison, Arrivent de belles pensées, Complices à l'assaut lancées Qui me font perdre la raison !

Avec courage je tiens ferme Contre l'aimable régiment ; Toujours mon oreille se ferme A ce joyeux bourdonnement.

Mais un autre renfort arrive !

Poète, sois sur le qui-vîve ; Voici venir les blonds amours.

Tirailleurs aux superbes poses.

Ils me décochent leurs traits roses, Et leurs carquois en ont toujours !

Je tiens bon ! ma muse perfide Désirant plus vite en finir, Commande d'un geste rapide A mon plus aimé souvenir.

C'est le signal de ma défaite !

De sa victoire satisfaite

La muse entre sans hésiter.

Ses vaillants complices comme elle

Font irruption pêle-mêle . . .

La place est prise ... Il faut chanter !

Alors dans mon cerveau bourdonne Longtemps Tétrange bataillon, Comme dans un clocher quand sonne Un étourdissant carillon.

De sa victoire déjà lasse, La muse pour vider la place Aux souvenirs donne congé ; Pensers, amours suivent bien vite.

Et grâce à cinq strophes sans suite Voilà mon esprit soulagé !

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