‹ Heures perdues; poésiesChapitre 8 sur 45 · A MA SŒUR CORINNE, LE JOUR DE SON DÉPART POUR OTTAWA · texte numérisé non relu

A MA SŒUR CORINNE, LE JOUR DE SON DÉPART POUR OTTAWA

PARTIR pour Bytown, autrefois, C'était aller au bout du monde.

Uadieu faisait trembler la voix Et Tangoisse, en larmes féconde, Suivait le hardi voyageur.

Pensant aux dangers des rapides, La pauvre mère, au front songeur, Priait pour ses fils intrépides.

Emu, plus d'un gars en partant Recevait, poitrine oppressée.

L'aveu d'un cœur tout palpitant, Le baiser d'une fiancée.

Oh ! que de mots pleins de douceur !

« Pense à moi ! » sanglotait la mère.

« Reviens-nous ! » murmurait la sœur ; « Sois un homme ! » disait le père.

Aujourd'hui, sans regrets l'on part, On se sépare sans angoisse.

On ne cause par son départ Aucun émoi dans la paroisse ;

Car la distance disparaît ; Car le convoi qui nous emporte Jette, rapide comme un trait, Tous les pays à notre porte !

On sait que le convoi qui part Avec l'être aimé qui nous quitte Au but remporte sans retard Et nous le ramène aussi vite !

Un bon baiser, un mot du cœur Ont remplacé la larme amère

— « Bon voyage, petite sœur ! »

— « Au revoir et merci, mon frère ! »

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