A TIRE-D'AILES
UAND rhoriïon se rembrunit.
Voyez Toiseau gagner son nid A tire-d'ailes.
Voyez les serins égrillards, Les rossignols si babillards, Les merles moqueurs et pillards, Les gracieuses hirondelles !
La gent ailée est aux abois,
Et chacun cherche sous les bois
Une retraite, Car depuis Theure du matin Se dresse dans le ciel lointain, Fantôme d^abord incertain.
Le Aer géant de la tempête !
Le lapin, hôte des fourré», Voyant les oiseaux effarés.
En vain regarde Dans son horizon rétréci, OU Dieu plaça tout son souci, Si la lune au disque aminci Jette sa lumière blafarde.
Mais non, le soleil brille encor.
Une nuée aux teintes d*or
Est son escorte.
A peine un zéphir attiédi Vient rider le flot engourdi Oii vogWQ h rheure du midi Le brin d'herbe ou la feuille morte.
Alors il vante son repos,
F.t« s aniuKint ))ar maint pro{x>s,
BU\me leurs ailes l>e Ixiitrv ainsi lair calme et pur»
Par un l>eau ciel char|çé d aiur Lorsque midi sur lepi mûr Fait chanter les cigales grêles.
Mais bientôt, surpris par le vent Qui courbe le sommet mouvant
Des pins sublimes, Il voit Torbe immense des deux Lancer mille gerbes de feux.
Et soudain Téclair radieux Illuminer toutes les cimes.
Il est trop tard 3 Son gîte est loin.
Sous la grêle tombent le foin
Et les charmilles.
Le laboureur s*est empressé De laisser son pré menacé ; Le vent d'orage a remplacé Le chaot joyeux des jeunes filles.
Heureux les serins babillards, Les pinsons, les merles pillards,
Les hirondelles !
Heureux les oiseaux querelleurs, Qui, laissant la prairie en fleurs.
Vers leurs nids aux mille couleurs Sont accourus à tire-d'ailes !