‹ HeureusementChapitre 7 sur 14 · MARTON, MADAME LISBAN, PASQUIN · texte numérisé non relu

MARTON, MADAME LISBAN, PASQUIN

Bon jour, Pasquin.

PASQUIN, à Marton.

Bon soir ; nous partons.

MARTON

Bon voyage.

Tu nous apprends cela d'un air bien dégagé.

PASQUIN

Nous sommes tous contens.

MARTON

On vous est obligé.

PASQUIN

Nous partons pour Tarmée, et tu le sçais, ma chère, C'est aller à la noce en terme militaire. Ah ! si tu nous voyois dans un jour de combat ! Morbleu !

MARTON

Comment ! Pasquiii parle en brave soldat ! Cela lui sied fort bien.

PASQUIN

Vraiment, j'ai du courage Et je compte marcher...

MARTON

Derrière le bagage.

Dis-nous, que fait Lindor ? Est-il bien affligé ? Vient-il ? Ne vient-il pas ? De quoi t'a-t-il chargé ?

PASQUIN

D'une commission, dont je sens la réponse.

MARTON

Il veut nous voir, je gage.

PASQUIN

Oui, Marton.

MARTON

Je t'annonce Qu'il nous fera plaisir ; va le chercher.

MADAME LISBAN.

Marton, Je n'y puis consentir.

MARTON, à Madame Lisban.

Le refus est fort bon .

Et pourquoi, s'il vous plaît, Madame.

MADAME LISBAN.

Par décence ; L'absence d'un époux armant la médisance...

MARTON

Au moment d'un départ et peut-être éternel, Refuser de le voir, le trait serait cruel.

MADAME LISBAN.

Oui ; mais lorsque j'y pense...

Eh ! vous êtes trop bonne :

Livrez-vous au conseil que votre cœur vous donne. Un cousin...

MADAME LISBAN.

Un enfant...

MARTON

On ne sçauroit jaser.

MADAME LISBAN.

Que l'on voit tous les jours...

MARTON

Eh ! oui ; qui peut penser?...

HeureusemeJit MADAME LISBAX.

Le monde est si méchant.

MARTON

Il faut le laisser mordre.

{A Pasquin.)

Qu'il vienne; et toi va-t-en, de crainte de contre-

[ordre,

{Pasquin soi-l.)

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