CONCLUSION U
chaque individu ». Ludendorff se révèle comme le prototype du Prussien, plein d'orgueil sinon de vanité, ambitieux sans scrupules, conquérant sans pitié et même fanfaron d'inhumanité, haineux sans grandeur, passionné au point d'en devenir forcené, rude d'abord comme de pensée. Aussi, malgré ses talents militaires incontestables, nous est-il parfaitement antipathique. Hindenburg n'est pas moins Prussien, pas moins du modèle général, mais il n'en a conservé que les traits caractéristiques; c'est une autre variété. Sans orgueil, sans ambition et sans haine, un peu confus des excès reprochés à ses arm»ées, pangermaniste avec discrétion, tolérant par nature, bienveillant dans ses jugements, bon vivant et de facile accueil, esclave du devoir, il nous apparaît finalement déformé à son grand avantage et, pour tout dire, nous éprouvons pour lui infiniment moins de naturelle antipathie que pour son trop encombrant second.
Les Simounelles, Ile d'Yeu, 1920.