LIVRE I
dents ; et quel que fût celui de ces accidents qui se manifestât, s’il arrivait violemment , il abattait promptement le malade , ou tout au moins il ne le soulageait en rien. Il survenait de petits exanthèmes, qui ne répondaient point à la grandeur du mal et qui disparaissaient promptement ; des tumeurs autour des oreilles qui n’arrivaient pas à maturité , et qui n’avaient point de signification ; il y eut quelques malades chez qui les dépôts se fixèrent aux articulations, surtout à la hanche; rarement ils cessaient d’une manière critique, [et s’ils cessaient], c’était pour revenir bientôt à leur état primitif. Toutes ces alfections étaient mortelles, mais surtout celle qui nous occupe , cl plus particulièrement pour les enfants sevrés , pour les plus âgés , de huit ou de dix ans , enfin pour ceux qui étaient à l’époque de la puberté. Ces derniers accidents ne se présentaient pas sans être accompagnés de ceux que j’ai décrits les premiers; mais souvent les premiers se manifestaient sans que les derniers suivissent. Le seul signe salutaire et important entre tous les autres , celui auquel beaucoup de malades qui étaient dans le plus grand danger, durent leur conservation , fut que le mal se tourna vers la strangurie, et qu’il se forma des dépôts du côté des voies urinaires. La strangurie affecta principalement les âges que je viens de signaler, mais elle survint aussi chez un grand nombre d’individus non alités ou déjà malades. Un prompt et grand changement arrivait alors chez tous ces individus, le ventre, tout rempli qu’il était d’humidités de mauvaise nature , se resserrait tout à coup ; les malades prenaient goût pour toute espèce d’aliments , et avec cela la fièvre se calmait ; mais les accidents de la strangurie étaient longs et laborieux ; les urines étaient abondantes, épaisses, variées, rouges, mêlées de pus, et douloureuses. Tous ceux-là réchappèrent , et je ne sache pas qu’un seul soit mort.
5. Dans les cas dangereux , il faut observer avec soin les humeurs arrivées à coction de quelque partie qu’elles procèdent, et aussi les dépôts louables et critiques. Les humeurs cuites annoncent l’approche de la crise et le retour de la santé ;
ÉPIPÉMIES.
celles qni sont crues et sans coction , et qui se changent en dépôts de mauvaise nature , indiquent ou le défaut de crise , ou un travail interne, ou la longueur de la maladie, ou la mort , ou des rechutes. Pour juger laquelle de ces choses arrivera, il faut interroger les autres signes. Dire ce qui a été, connaître ce qui est , prévoir ce qui sera, voilà ce à quoi il faut s’attacher. Dans les maladies , il y a deux choses : soulager ou ne pas nuire (6). I/art est constitué par trois choses : la maladie, le malade, le médecin. Le médecin est le ministre de l’art ; il faut que le malade concoure avec le médecin à combattre la maladie.
6. Les douleurs à la tête et au cou, les pesanteurs douloureuses se montrent avec ou sans fièvre. Chez les phrénétiques , il y a des convulsions , ils vomissent des matières couleur de rouille, chez quelques-uns la mort est très prompte. Dans le causiis ou dans les autres fièvres , quand il y a douleurs de cou , sentiment de pesanteur aux tempes , obscurcissement de la vue , tension d’hypocondres sans douleur , il faut s’attendre à une hémorragie du nez. Quand il existe un sentiment de pesanteur à toute la tête , et des douleurs mordicantes à l’estomac (cardiogme) , des nausées, les malades vomissent des matières bilieuses et phlegmatiques. Les spasmes arrivent surtout chez les enfants qui sont dans ce cas. Ces accidents sont aussi familiers aux femmes , elles sont en outre sujettes à des maladies de matrice. Les vieillards et ceux chez qui la chaleur innée commencé à s’éteindre, sont sujets à des paraplégies , à des manies, à la privation de la vue.