‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 76 sur 145 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

pris les jours d’intermission. Je ne sache pas que personne , durant ce temps , soit mort du camus , ni qu’il y ait eu de phrénitis. Les fièvres tierces étaient beaucoup plus nombreuses, bien plus pénibles que le cam m ; cependant, à dater de leur invasion , elles passaient régulièrement par quatre périodes; elles se jugeaient définitivement en sept, et ne récidivaient jamais. Chez plusieurs, les fièvres quartes se déclaraient d’emblée avec le type quarte. Chez un grand nombre le dépôt des autres fièvres et des maladies se faisait en fièvres quartes. Elles duraient alors aussi longtemps qu’a l’ordinaire, même plus longtemps. Les fièvres diurnes, les nocturnes et les erratiques étaient fort nombreuses, et persistaient longtemps, qu’on restât debout ou qu’on s’alitât ; elles persistèrent chez plusieurs jusqu’au coucher des Pléiades, et même jusqu’à l’hiver. Chez un grand nombre et surtout chez les enfants , les spasmes survenaient d’emblée, chez d’autres, la fièvre débutait , et les spasmes venaient compliquer la fièvre ; ces spasmes duraient longtemps chez un grand nombre d’individus, mais ils étaient sans dangers , à moins que l’ensemble de tous les autres symptômes ne fût pernicieux. Les fièvres continues en général, sans aucune intermittence, redoublant chez tous les malades suivant le type tritcophye , [c’est-à-dire] ayant un jour de rémission et un jour de redoublement , furent les plus fâcheuses de toutes, les plus longues, et s’accompagnèrent de très grandes souffrances ; modérées au début, mais en général allant toujours en croissant , elles avaient des paroxysmes , tendaient à aggraver incessamment l’état du malade , se calmaient un peu pour redoubler bientôt après la rémission avec plus de force , et s’exaspéraient surtout aux jours critiques. Tous les malades [de cette constitution] furent pris de frissons irréguliers et vagues; plus rares et peu sensibles dans cette espèce de fièvre , ils étaient plus prononcés dans les autres. Il y eut des sueurs abondantes [dans les autres fièvres] , mais daus celles-ci elles furent modiques, et loin de soulager, elles portèrent préjudice. Dans ces dernières les extrémités étaient très froides , et se réchauffaient diflici-

2hh ÉPIDÉMIES.

lement. En général, les malades furent pris d’insomnies, surtout ceux affectés [de fièvres tritéophyes ]; ces derniers tombaient dans un état comateux ; les perturbations du ventre étaient universelles et de mauvaise nature, elles étaient surtout très mauvaises chez ces malades; chez la plupart, les urines étaient ténues, crues, incolores, arrivant h la longue à un faible degré de coction critique , ou bien épaisses , mais troubles, et ne donnant point de sédiment par le repos ou bien en donnait un , peu abondant , de mauvaise nature , et sans coction ; cette espèce d’urines était la plus mauvaise de toutes. A cette fièvre se joignit de la toux , et je ne saurais dire si cette toux fut utile ou préjudiciable. Ces divers accidents obstinés, insupportables, tout à fait irréguliers, erratiques , non critiques , se soutenaient chez ceux qui étaient le plus malades , et chez ceux qui l’étaient le moins; car s’ils se calmaient un peu , ils reprenaient bientôt de nouveau. Il y eut un petit nombre d’individus chez qui la fièvre se jugea, mais ce fut au plus tôt le quatre-vingtième jour ; quelques-uns même eurent des rechutes; en sorte que la plupart étaient encore malades pendant l’hiver. Chez plusieurs , les fièvres disparurent sans crise. Ces choses se passèrent également chez ceux qui réchappèrent et chez ceux qui succombèrent. A ce défaut de crise , à cette diversité des phénomènes dans ces maladies , se joignit chez presque tous les malades , un signe très remarquable et très mauvais, et qui persista jusqu’à la fin , savoir , du dégoût pour toute espèce de nourriture ; il était surtout prononcé chez ceux où l’ensemble des symptômes était pernicieux. La soif n’était pas extraordinairement grande dans ces fièvres. Après une longue durée de la maladie , après beaucoup de douleurs , après une colliquation de mauvais caractère , il survenait des dépôts , tantôt trop grands pour que les forces pussent y suffire , tantôt trop petits pour être de quelque utilité ; aussi le mal revenait-il et s’aggravait encore. [Ces dépôts] étaient des dyssenteries , des ténesmes , des lienteries , des diarrhées ; chez quelques-uns il survint des hydropisies , avec ou sans le cortège de ces acci-

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