‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 97 sur 145 · LIVRE IIL · texte numérisé non relu

LIVRE IIL

était longue , et ceux dont l’affection était aiguë , succombèrent aux accidents du côté du ventre , car le ventre les fit tous périr (33).

20 { 9 j Tous les malades , outre les divers symptômes dont j’ai parlé, avaient du dégoût à un degré que je n’ai jamais rencontré ; mais surtout ceux [dont je viens de parler en dernier lieu] et parmi les autres malades, ceux qui étaient dans un état pernicieux. Les uns étaient altérés, les autres ne l’étaient point. Ni ceux [qui avaient des déjections] avec fièvre, ni les autres malades ne le furent beaucoup ; ils se laissaient conduire pour la boisson comme ou voulait.

21. [10] Les urines, abondantes, n’étaient pas en rapport avec les boissons ingérées, mais elles les surpassaient de beaucoup en quantité. Après l’émission , il y avait quelque chose de mauvais dans leur apparence : elles n’avaient ni la densité convenable , ni les signes de coction , ni ceux d’une purgation avantageuse. Or, des purgations avantageuses par la vessie, c’est le plus souvent d’un bon augure. Elles donnaient , au contraire, chez la plupart, des signes de colliquation , de trouble , de souffrances et d’absence de crises.

22. [11] C’était surtout les phrênctiques et ceux affectés de camus qui tombaient dans un état comateux. On rencontrait aussi cet état chez tous ceux qui étaient atteints de quelque autre grande maladie accompagnée de fièvre. En général , chez la plupart des malades il y avait ou bien un coma profond, ou bien des sommeils courts et légers.

23. [12] Il régna encore épidémiquement beaucoup d’autres espèces de fièvres : des tierces, des quartes, des nocturnes, des continues, des chroniques, des erratiques, des assodes, des irrégulières dans leur marche (3A). Toutes ces fièvres s’accompagnèrent d’un grand trouble : chez la plupart il y avait des perturbations du ventre , des frissonnements, des sueurs non critiques. Les urines étaient comme je les ai déjà décrites. Les maladies étaient le plus souvent chroniques, car les dépôts qui survenaient ne ju-

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geaient pas la maladie, comme il arrive d’ordinaire. Chez tous, toutes les maladies, mais surtout ces dernières, arrivaient difficilement à la crise ou n’y arrivaient pas du tout, et devenaient chroniques. Chez nn petit nombre la maladie se jugea le quatre-vingtième jour. Chez la plupart la maladie se terminait à l’aventure. — Quelques-uns de ces malades moururent hydropiques sans garder le lit ; beaucoup d’autres maladies se compliquèrent d’enflure œdémateuse , et cela arriva plus particulièrement chez les phthisiques.

2ô. [13] La phthisie était de toutes les maladies la plus considérable et la plus funeste ; elle enleva un grand nombre de malades. Plusieurs commencèrent à en être atteints dans l’hiver. Un grand nombre s’alitèrent, les autres pouvaient vaquer à leurs affaires. De ceux qui s’alitèrent, la plupart succombèrent à l’entrée du printemps ; quant aux autres, la toux ne les quitta pas , elle se modéra seulement vers l’été ; mais à l’automne tous s’alitèrent et un grand nombre moururent; quant aux autres , ils traînèrent pour la plupart longtemps. Chez le plus grand nombre le mal s’aggravait subitement au milieu des symptômes suivants : frissonnements répétés ; le plus souvent fièvre continue, aiguë; sueurs inopportunes, abondantes, froides jusqu’à la fin ; froid considérable; les ma- . lades ne se réchauffaient qu’imparfaitement. Le ventre se resserrait souvent et irrégulièrement , puis il se relâchait aussitôt, et vers la terminaison de la maladie , la diarrhée s’établissait chez tous les malades. L’humeur du poumon se portail tout entière vers le bas. Flux abondant d’urines non avantageuses ; colliquation de mauvaise nature ; la toux était violente , durait tout le temps , et amenait assez facilement et sans trop de douleur des crachats cuits et liquides. Chez ceux même qui ressentaient quelque douleur, la purgation des humeurs du poumon se faisait aisément. Le pharynx était modérément irrité ; aucune humeur acrimonieuse ne tourmentait le malade. Il découlait de la tête une humeur visqueuse , abondante , blanche , aqueuse , écumeuse ; mais le mat le plus grand qui tourmentait et les phthisiques et les autres malades

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