‹ Hippocrate le serment, la loi, de l'art ... par le dr. Ch. V. DarembergChapitre 98 sur 145 · LIVRE III · texte numérisé non relu

LIVRE III

fut le dégoût, comme il a été dit plus haut. La boisson avec les aliments ne leur faisait aucun plaisir ; ils n’étaient altérés en aucune façon : pesanteur du corps , état comateux; il y avait de l’œdème chez la plupart; ils finissaient par l’hydropisie. Ils avaient des frissonnements et du délire aux approches de la mort.

25. [14] L’apparence extérieure de ceux qui étaient prédisposés à la phthisie était celle-ci : peau glabre, blanchâtre, couleur de lentille, rosée; yeux fauves; les leucophlcgmatic/ues ; ceux qui avaient les épaules en ailes, et aussi les femmes [étaient attaqués de phthisie] (35). Chez les individus d’une coastitution mélancolique et sanguine survenaient le causus , le phrcnitis, la dyssenterie; chez les jeunes gens phlegmatiques le ténesme ; chez les bilieux , des diarrhées chroniques, des déjections brûlantes et graisseuses.

26. [15] La saison la plus funeste pour tous les cas qui viennent d’être signalés , fut le printemps. Il fit périr le plus de malades. L’été fut plus favorable : pendant son cours , très peu moururent ; mais durant l’automne , et sous les Pléiades , il y eut de nouveau beaucoup de morts. — Telle fut la quatrième constitution (36). — Or il me semble très conforme au raisonnement que l’été ait apporté une amélioration notable, car l’hiver arrivant dissipe les maladies de l’été , et l’été par sa présence met en fuite celles de l’hiver. Quoique l’été ne fût point d’abord suivant sa nature ordinaire, qu’il devînt subitement fort chaud, austral et calme , cependant il fut avantageux en substituant une autre constitution.

27. [16] J’estime qu’un point important de l’art est de pou voir juger sainement des choses dont nous venons de traiter. Quiconque les connaît et sait bien en user ne me paraît pas pouvoir se tromper grandement dans la pratique. Il faut s’appliquer à connaître exactement les constitutions de chaque saison et de chaque maladie ; les avantages communs dans les constitutions ou les maladies ; les désavantages communs dans les constitutions ou dans les maladies ; si la maladie est cliro-

ÉPIDÉMIES

nique et mortelle, ou si elle est chronique, niais guérissable ; si elle est aiguë et mortelle, ou si elle est aiguë, mais guérissable. D’après cela, on est parfaitement capabled’obserrerl’ordredes jours critiques , et de tirer de là son pronostic. A celui qui possède cette connaissance, il appartient de savoir quels malades il faut alimenter, quand et comment il faut le faire.

Seize malades.

28. [17] Premier malade. — A Thasos, un individu de Parium, logé au-dessus du temple de Diane, fut pris d’une fièvre aiguë; continue dès le début, causale; soif dès le début , état comateux, auquel succéda l’insomnie. Durant les premiers jours, perturbation du ventre; urines ténues. — Le sixième jour, urines huileuses ; hallucinations. — Le septième jour, tout s’exaspéra ; il ne reposa point ; urines de même apparence; trouble de l’esprit; selles bilieuses, grasses. — Le huitième jour, un peu de sang s’échappa du nez ; il vomit des matières érugineuses en petite quantité ; il eut un peu de repos. — Le neuvième jour, même état. — Le dixième jour, tout s’améliora. — Le onzième jour, il eut des sueurs partielles , fut pris de froid , mais se réchauffa bientôt — Le quatorzième jour, fièvre aiguë; selles bilieuses, ténues, abondantes; énéorèmes dans les urines; hallucinations. — Le dix-septième jour fut laborieux , car il n’y eut point de sommeil et la fièvre augmenta. — Le vingtième jour, sueurs générales ; apyrexie ; selles bilieuses ; dégoût ; assoupissement comateux. — Le vingt-quatrième jour, rechute. — Le trentequatrième jour, [nouvelle] apyrexie ; le ventre ne se resserra pas ; retour de la chaleur. — Le quarantième jour, [nouvelle] apyrexie; le ventre se resserra, mais non pour longtemps; dégoût ; petit retour de fièvre ; mais tout cela était irrégulier, il y avait tantôt de l’apvrexie, tantôt de la fièvre; en effet, si elle cessait, et s’il y avait du soulagement, c’était pour revenir bientôt; le malade prenait en outre beaucoup d’aliments, et de mauvaise qualité; sommeil mauvais. Dans les reprises du mal il y avait des hallucinations; les urines

Page 1