‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 22 sur 103 · rendent troubles et comme jumenteiises , souiîreni · texte numérisé non relu

rendent troubles et comme jumenteiises , souiîreni

DES Aphorismes d’hippocrate. -27 ou souffriront de la tête. — Les urines qui, le qua- iv«8ect. trième jour, tienneut un nuage rouge en suspension , Aph. 71. annoncent que la maladie se jugera le septième , pourvu que le reste corresponde ^ — on regarde comme mauvaises , celles qui sont blanches et lim- 72.' pides , telles qu’on les observe chez les phrénétiques. — Une urine abondante , épaisse et blanche , semblable à celle qu’on rend le quatrième jour des fièvres avec lassitude, délivre d’un abcès attendu 742 sur les articulations. Mais aussi l’épistaxis accélère beaucoup la isolution.

L’urine des fiévreux précipite-t-elle un sédiment vn* sect. grossièrement furfuracé ^ une maladie longue est 3i.

présumable; ce dépôt est-il bilieux après avoir 32.

été ténu, il est à croire quelle sera aiguë. — La variété des urines est l’indice d’une violenté agita- 33. tion intérieure. — Il faut examiner si les excrétions par la vessie sont comme en santé : celles qui s’é- 66i cartent de cçtte apparence sont plus mauvaises que celles qui s’eiî rapprochent.

§ XVII. Des évacuations alvines critiques.

Dans les perturbations alvines et les vomissemens spontanés, les évacuations étant ce* qu’elles doivent être, sont utiles et facilement supportées ; sinon elles nuisent. De même la déplétion des ire sect. vaisseaux s’opérant comme il convient , est bien 2. supportée et soulage : s’il en est autrement , on observe un effet opposé. Ayons donc égard au climat , à la saison , à l’âge et aux maladies avec

lesquels ces dérangemens s’accommodent ou non.

Il» sect. Les ventres humides dans la jeunesse, se res- Aph. 20. serrent lorsqu’on devient vieux j et ceux qui sont secs dans les premiers temps de la vie , se relâchent à un âge avancé. — Les personnes jeunes qui ont le ventre humide, guérissent mieux que celles du^ même âge qui l’ont sec. Mais, en vieillissant, elles recouvrent plus difficilement la santé,, car elles sont alors ordinairement constipées. •

Que les malades soient avec ou sans fièvre , leurs déjections alvines spontanées , dont la couleur est IV» sect. noire ou semblable à du sang d’une même teinte , 21. ne permettent de porter qu’un fâcheux pronostic. Plus les nuances dépràvées de cette coloration sont multipliées, plus on doit craindre; tandis que celle variation , produite par un purgatif, est rassurante. — Au début d’une maladie , l’écoulement de l’atrabile, par haut ou par bas, présage la mort; — certaine pour le lendemain du jour où^, épuisé par 23. wne affection aiguë ou chronique , par des blessures ou autrement , un malade rend par l’anus de.S matières atrabilaires ou une espèce de sang noir. — Dans les fièvres continues , les crachats livides , 47* sanguinolens, fétides et bilieux, sont tous mauvais. Néanmoins leur sortie opportune les rend bons ; il en est ainsi des selles et des urines. C’est un mal que , de ces deux dernières voies , il ne s’écoule rien qui convienne. — A moins que les fiévreux ne rendent des vents par bas , ou qu’ils n’urinent beaucoup, leur ventre s’ouvre, quand 73. les hypochondres tendus murmurent eu même^

DES APHORISMES d’hiPPOCRATE. 29

temps qu’une douleut lombaire se fait sentir.

Les malades dont les selles laissées en repos et sans mouvement déposent comme des raclures , sont d’autant plus affectés que ce sédiment est plus VIl«sect, considérable. Il est nécessaire de les purger par Aph.67. bas : autrement, plus on leur donne de boissons, plus on aggrave leur état. — Les crudités précipitées proviennent de l’atrabile; et la maladie est 68. plus ou moins considérable , selon qu’elles abondent dans une égale proportion. — Le flux du vin«sect. ventre , à la suite d’une maladie longue, est mauvais. 5.

§ xvni. Du régime de vivre en santé et en maladie.

La meilleure complexion des personnes qui s’exercent est dangereuse , si elle est extrême ; elle ne peut rester la même ni s’arrêter. Or, ne pouvant être stationnaire, ni profiter davantage en mieux, elle doit nécessairement se détériorer : c’est pourquoi il est urgent d’altérer sans retard ce bon état, ir« stcu afin que le corps reprenne l’exercice de ses fonc- 3. lions nutritives. S’il est imprudent de faire des soustractions immodérées, proportionnons-les au tempérament de celui destiné à les supporter :

Comme les évacuations excessives, les réparationsoutrées sont 'dangereuses. Une diète ténue et exquise est toujours dangereuse dans les maladies longues, même darts celles aiguës auxquelles elle ne convient pas. Une diète extrêmement légère se supporte difficilement. Il en est ainsi des féplé-

5o TRADUCTION LITTERALE

lions- portées à l’excès. — Par un régime trop restreyitfles malades pêchent et souffrent davantage î«sect. dans ces deux circonstances , en sorte que , de toute Aph. 5. faute commise , la plus grave provient du trop et non du moins de réserve. En santé, une diète trèsténue, régulière et trop exacte, est nuisible, parce que les écarts se supportent avec peine. Donc un régime ténu et sévère fait plus de mal que celui qui est un peu plus nourrissant. — Néanmoins ,

6. aux grands maux les plus grands remèdes : — dès qu’une maladie est très -aiguë , les -accidens sont aussitôt extrêmes ; et une diète rigoureuse est né-

7. cessaire : lorsqu’il en est autrement, on peut nourrir davantage, la ténuité du régime devant diminuer en raison de la moindre violence du mal. — Une affection parvenue à son état , exige une abstinence absolue. — Considérons aussi le malade : par le régime de vivre , se soutien dra-t-il jusqu’à ce

ÿ. qu’il ait atteint la période de consistance , ou succombera-t-il avant d’y être parvenu? Le régime sera-t-il insuffisant , ou verra-t-on la maladie céder et s’affaiblir la première ?

Sur le champ il faut nourrir très-peu ceux dont la violence du mal se montre tout à coup. Celle-ci

«6. étant plus tardive , ce n’est qu’au moment ou un peu avant qu’elle se manifeste qu’on doit retrancher des alimensj jusques-là il convient de nourrir afin de soutenir le malade. — Lors des paroxysmes , diminuons la quantité de nourriture qu’il serait nuisible de donner , et qu’il est nécessaire de supprimer à l’instant des exacerbations particulières

DES APHORISMES d’hiPPOCRAtE, 5t

aux maladies dont les moiivemens sont périodiques.

— Dans une telle conduite , on est guidé par les maladies, les saisons, les accroissemens comparés des périodes quotidiennes , tierces , ou à plus longs intervalles, lesquels indiquent les paroxysmes et les constitutions de ces mêmes maladies. Les épiphénomènes instruiront aussi : l’expectoration, au début d’une pleurésie , présage la prompte terminai- d» sect. son de cette phlegmasie j dans le cas contraire , tout Aph. 12. annonce sa prolongation. De même la crise facile ou difficile , la longue ou courte durée des maladies sont indiquées par les urines et les selles ou par les sueurs qui surviennent.

La vieillesse supporte très-bien l’abstinence j ensuite l’âge consistant j les adolescens , non j moins *3. encore les enfans , et les plus vifs d’entr’eux. Durant l’accroissement, la chaleur innée domine 3 donc il faut beaucoup d’aliment, sinon le corps se consume. Mais les vieillards ont peu de cette chaleur, qu’on ne doit pas trop exciter pour ne pas l’éteindre 3 leur corps étant froid , les fièv^fes qu’ils contractent ne sont pas aussi aiguës que s’ils étaient jeunes. — .

Le printemps et l’hiver, les ventres sont naturellement très-chauds et 011 dort long-temps. Dans ces saisons , nourrissez donc davantage 3 parce que plus iS,la chaleur innée est grande , plus elle réclame d’aliirient : c’est ce que démontrent les âges et les athlètes. — Un régime humide convient à tout fébricitant, sur-tout aux enfans et à quiconque y est accoutumé. ï5.

Il faut également examiner quels sont les malades qu’il convient d’alimenter une ou deux fois 17.

Sa TRADUCTION LITTERALE

par jour, beaucoup, peu et partiellement, tout en respectant l’habitude , la saison , le climat et l’âge, sect. — En été et en automne , on supporte difficilement Aph. i8. la nourriture ; plus facilement en hiver , ensuite au printemps. — Il ne faut rien donner, ni forcer à 19. prendre , dans les maladies à exacerbations régulières J mais retrancher , avant les crises , du peu qu’on accorde.

Ile sect. La satiété , la faim , rien n’est bon de ce qui ex-

4. cède les besoins de la nature. — Plus on nourrit JO. les corps impurs , plus on leur porte préjudice. ,7. — Manger plus qu’il ne faut , rend malade j c’est ce que la guérison prouve. — L’évacuation dissipe les maladies produites par réplétion -, la réplétion 22. met un terme à celles qui ont pour cause trop d’évacuations , lés autres se guérissent par leurs contraires. — -Ilfaut préférer des alimens et des boissons 38. moins appropriés , mais agréables, à d’autres meilleurs, et pour lesquels les malades ont du dégoût.

Bien que faibles et âgés , nous supportons mieux 49* des travaux habituels que les jeunes gens , même robustes, qui n’y sont pas accoutumés. — Les vieilles 60. habitudes, quoique mauvaises , dérangent ordinairement moins que les nouvelles : il faut donc aussi faire quelqu’extraordinaire. — Il est dangereux d’évacuer , de restaurer , échauffer , rafraîchir et mouvoir le corps beaucoup et brusquement d’une manière quelconque : car le trop est l’ennemi du bien. Tout changement insensible d’un moyen à un autre est sûr.

Le lait est contraire aux céphalalgiques, aux

fiÊS APHORISMES d’hIpPOCRATË. 53

fiévreux j aux personnes altérées et à celles dont les hypocondres élevés murmurent. Il nuit , lors de déjections bilieuses , de fièvres aiguës et de fortes Y'sect. hémorrhagies. Il convient aux phthisiques peu fé- Aph.64. bricitans , dans les fièvres longues et traînantes , s’il n’existe aucun des signes précédens j enfin aux ^

maladesqprodigieusement exténués. La faim desséchant les corps, faisons-la supporter aux per- vn«sect. sonnes qui ont les chairs humides. 5^.

§ XIX. De la prescription des médicamens .

Pendant une crise et lorsqu’elle est terminée, ne n» sect.' mouvez et n’innovez rien par des médicamens ou 20. autres irritansj mais laissez aller. — Dirigeons les évacuations par des couloirs convenables , selon 21. leur tendance principale. — A moins d’une turgescence, d’ailleurs très-raré, ne médicamentons et ne purgeons pas, au principe deà maladies, ni à 32. leur période de crudité, mais aU temps de la coction. Ce n’est point d’après leur quantité que nous devons apprécier lés évacuations, mais sur leur qualité et par- la facilité avec laquelle on les 23. supporte. Au besoin', ne craignons pas dé purger jusqu’à la défaillance, si le malade peut résister.

— Usons rarement des purgatifs dans les affections aiguës et à leur début, et que ce ne soit qu’avec 24. la plus grande précaution. — Si les médicamens agissent comme on le désire , les malades en sup- 25. portent facilement les effets et se trouvent soulagés ^ sinon, on observe le contraire.

54 traduction littérale

II» sect. On doit rendre libres les corps qu’on se propose Aph.9. de purger. — S’il y a nécessité , agissons au début 3^, d’une maladie, et restons tranquilles quand elle est dans sa force. — C’est au commencement et à 3o. la fin que tout est plus faible j dans la vigueur, tout est plus violent. — Les corps sains sont aussitôt 36. abattus par les purgatifs que ceux qui se nourrisse. sent mal , — et ils sont difficiles à purger. — Quoique les résultats ne répondent pas toujours aux moyens rationnels qu’on emploie , ce n’est pas une 5a. raison pour changer de conduite tant que la première indication subsiste.

IV* sect. S’il y a turgescence , purgez les femmes enceintes

1. de quatre à sept mois ; soyez plus circonspects à cette dernière époque , car il faut ménager le commencement et la fin d’une grossesse. — Lorsqu’on

»• purge , l’avantage doit ressembler à celui produit par des évacuations spontanées j supprimons tout effet contraire. — Une évacuation artificielle , qui

3. est ce qu elle doit être , est utile , et on s’en trouve bien ; sinon , elle nuit et se supporte difficilement.

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