Ab insaniâ djsenteria , aut hj drops, aut
eocstasis, bonum. (§ ix. ) •
On a vu que les varices ou les hémorrhoïdes guérissent la manie (i) : ici , la dysenterie , l’hydropisie et l’extase sont seulement données comme des symptômes heureux, quand elles surviennent dans le cours de cette maladie. Pour être favorables, ces dispositions du corps et de l’esprit ne constatent un état meilleur que quand elles ont lieu à une époque déjà avancée. Un médecin jaloux de suivre la nature , ne commencera pas le traitement d’un maniaque par les évacuans ni par les irritans ; il laissera passer le temps qui , dans les maladies aigues.
(1) Aphorisme 21 , sixième section.
SECTION VII, APH. 4 » 5. 4o5
s’appelle période de crudité. Cependant, si la manie est déjà ancienne , il peut y avoir de suite indication de provoquer une diarrhée. Un Anglais avait par intervalles des dérangemeiis de l’esprit , contre lesquels il avait inutilelement tout employé depuis long-temps. Frappé de la grande réputation deBoerhaave , il se rendit à Leyde. Après avoir contemplé avec beaucoup d’attention son mélancolique , le professeur prescrivit de manger le plus possible de cerises , alors très-communes. L’Anglais s’en retourna fort irrité contre le médecin , dent il se persuadait avoir été te jouet. Cependant , le malade voulut voir une seconde fois Boerhaave, et fit un nouveau voyage. L’oracle de Hollande insista pour que le traitement fût suivi pendant quatorze jours. L’Anglais y consentit,^ et se répandit en imprécatiohs violentes et ridicules y lorsqu ’enfin il sévit tourmenté de douleurs insupportables du ventre. Boerhaave modéra sagement la dysenterie qui survint, et le malade ne sut plus comment exprimer sa reconnaissance de la guérison qu’il avait obtenue. Une fois , ce célèbre professeur avait, par le même procédé,, rendu la santé à un ecclésiastique de Leyde (i).
L’anasarque, un épanchement séreux abdominal, succèdent à la manie comme à toute autre affection violente* ou chronique ; lorsqu’il en est ainsi, l’hydropique n’est souvent plus maniaque ; et si ses forces ne sont pas trop épuisées, il peut encore espérer sa guérison, pourvu qu’il n’y ait point d’altération organique des viscères abdominaux.
L’extase , caractérisée par une sorte de stupeur et; d’étonnement qui fait croire que les malades sont plongés dans une profonde méditation, est le changement le plus
(0 De Haën , Praelect. I«Herinann. Boerh., Institut, pathol, t. ui ,
4o6 aphorismes d’hippocrate ,
salutaire qui puisse s’opérer dans la manie. Les convalescens des fièvres malignes , des céphalites , sont quelquefois extatiques. L’ordre des idées fixes du maniaque est changé, et son attention se porte sur d’aytres objets bien différens. Enfin, ce qjui est meilleur, ces sortes dei éonvalescens n’ont pas la force d’exercer leur pensée j chez eux, l’esprit n’est absolument occupé de rien.
6. In morbo diuturno appetitus prostra^uSi et meracœ de jectiones 3 malum. (§xni.)
Les maladies organiques dépendent d’une cause le plüs souvent permanente, indestructible et difficile à connaître ; leur terminaison est constamment funeste , plus tôt ou plus tard. Des aflections chroniques sont telles dès leur début, si elles proviennent d’une lésion idiopathique des forces radicales , annoncée avec lenteur, et constituant aussitôt unémaladie de longue durée. Il est d’autre cas de chronicité déterminée par un épuisement consécutif à une affection aiguë, et tel que les forces sont dans l’impossibilité de se relever. Quelle qu’en . soit la cause, quelque soit son mode de progression tardive, une maladie chronique, à une époque avancée de laquelle le manque d’appétit ou le dégoût absolu des alimens survient , menace de donner bientôt la mort. Il n’est pas nécessaire que la diarrhée coïncide 5 mais si elle se joint à l’inappéténce , le danger est encore plus imminent. On entend par déjections meracœ , sincerœ , des matières d’une même nature, ou muqueuses, ou séreuses, ou bilieuses, ou sanguinolentes.