Quodcunque os y aut cartilago y aut ner
vus in corpore dissectus fuerit y neque augetur, neque coalescit. (§xii.) •
Voyez aphorisme 19, sixième section.
2g. Si Cl leucophlegmatiâ dètento vehemens diarrhœa superveniaty morbum solvit. (§ix. )
La leucophlegmatie , phlegme blanc, pituite blanche ,
■;|{iü«àv <pMy/eé<» , est un gonflement de la peau, laquelle devient très-fVoide, blanche, luisante, et reçoit difficilement l’impression du doigt. La consistance visqueuse et albumineuse de l’humeur infiltrée fait difiërer cette maladie de l’anasarque , dans laquelle , ditArétée,le sang employé à la nutrition se trouve corrompu. La leucophelgmatie est, au contraire, une espèce d’hydropisie légère dont la guérison est facile , au moyen des sueurs , des urines ou du flux de ventre , qu’il suffit de provoquer. Les médecins anciens ajoutent que , pour dissiper l’anasarque, il faut changer toute la constitution du malade (i), ou opérer la métasjncrise , tentée par les méthodistes, disciples deThémison, toutes les fois qu’ils n’obtenaient aucun avantage d’une diète sévère de trois jours. Galien , Cœl. Aurelianus, Prosp. Alpin parlent beaucoup d’un tel changement relatif à une partie isolée ou à la constitution entière.
La métasyncrise locale avait pour objet, par exemple, un vieux ulcère que l’emploi des moyens ordinaires ne parvenait point à guérir. Les méthodistes excisaient , •détruisaient avec le fer rouge les duretés et les callosités qui mettaient obstacle à la formation de la cicatrice j ils s’efforçaient de ramener la maladie à l’état de plaie simple, dont le traitement devenait ensuite court, facile et heureux. L’ulcère, sujet à récidive , se rouvrait quelquefois, et les mêmes moyens étaient employés de nouveau -pour le guérir. La cicatrice étant formée pour la seconde fois, ou la recouvrait, ainsi que les parties voisines', d’un large cataplasme composé de farine de moutarde ou d’autres substances âcres, propres à provoquer une rougeur très -intense et une révolution complète, qui faisaient enfin atteindre le but proposé.
(1) Aræt. , de Caus. diutur. , cap. 1.
4l8 APHORISMES D'itiPPOCRATE ,
Malgré tous les efforts , ce dernier résultat manquait encore quelquefois ; alors la métasyncrise constitution^ nelle ou générale était une dernière ressource. Elle consistait en un changement universel capable de rendre le corps entièrement différent de son premier état. Les sectateurs de Thémison provoquaient le vomissement à l’aide de l’ellébore blanc , ou prescrivaient tel autre remède violent qui leur était familier, contre les maladies longues et rebelles. Le patient, soumis à un régime qu’on diminuait pour l’augmenter ensuite graduellement , était tenu , pendant la durée de son traitement , de s’exercer à pied, à cheval ou en voiture , de chanter souvent, et même de crier de toutes ses forces. Cette première partie’ de la métasyncrise recevait le nom de cycle bu de cerele rigoureux. Le malade, affaibli et fatigué par ces exercices , prenait du repos et des aliraens pendant quelque temps, et recommençait un autre cycle lorsqu’il avait recouvré des forces. Les méthodistes ayant d’ailleurs égard à l’âge et au tempérament , contipuaieixt ainsi jusqu’à ce que la guérison fut parfaite (i). Ne trquve-t-on pas ici l’origine des méthodes perturbatrices, nullement inconnues à Hippocrate, et reproduites par Barthès dans ces temps modernes (2) ?
L’hydropisie cellulaire et l’ascite dérivent de la leu" cophlegmatie qui n’est pas convenablement traitée dès son principe (3). Cette opinion est encore celle de Fréd. Hoffmann (4) • Ea leucophlegmatie est constamment secon-
(1) Les Oracles de Ços , par M. Aubry, p. 43.
{z) Maladies goutteuses , t. i.
(3) Si quidem igitur curatus fuerit, incohante morbo , satius fiet ; sin minus , m hydropem transit morbus, et hominern cornimpit. De Affection., lib. i, p. i§0, n° 2û.
^ pituitâ maximè in aquam intercutem transitas fit. De intem. Affection. , sêct. ii , p. zo5.
(4) Medkin. ration, , t. tv, parf. ir, p, 4a3 et suiv.
SECtlON Vît, APH. .ag.
daire , toutes les fois qu’elle n’a point pour causes l’ha* bitation des lieux humides et peu éclairés , l’usage d’une mauvaise nourriture, les peines profondes de Tesprit. Le plus souvent elle est consécutive d’une éruption cutanée qui n’a pas régulièrement suivi son cours , de la suppression de quelqü’écoulement habituel , de pertes immodérées de sang , de diarrhées prolongées , de la fièvre-quarte mal traitée , etc. On observe encore qu’elle acconipagne, dans certains cas, l’engorgement chronique des viscères de l’abdomen. Enfin, elle est générale, ou particulière à un membre au-dessous de l’endroit où il est comprimé 5 elle est avec irritation inflammatoire ou avec atonie et prostration des forces.
La diarrhée ou le flux de ventre Sont donnés comme remède efficace contre la leucophlegmatie , dans plusieurs traités d’Hippocràte diff'érens des aphorismes (1). Il convient de savoir précisément à quelle époque de la maladie ces modes d’évacuation sont utiles. Il n’est pas douteux que ce ne soit dans le principe. En effet , l’oracle deCos a soin de faire remarquer que si le ventre ne s’ouvre dès le début, il faut purger par bas, afin de donner un écoulement à l’eau (2). Il résulte de ces détails, qu’une diarrhée forte qui survient dans le principe d’une leucophlegmatie, à une éporque où les forces sont en bon état et où les viscères de fabdomen ne sont point
(1) Hydropas , leucophlegmattas appellatos , alvi profluvium sedat. Coacar. , sect. 111, p. 4)1.
Si à pituîtâ a'tèâ occupata , atvi proftmdum veheifiens àccedat, sp~ lutio fit. De Judication. , p. 36i4
Subaquoso , ac lienoso ab albâ pituitd detento , alvus fortîter tur,^ hata , bonum. De M'orb. , lib. 1 . sect. 1 , p. i4o.
(2) Hinc siquidem venter suâ spontè turbatus fuerit in principio
morbi y prosbtrnus satiitati est. Si vei>ô non tur&etur, nÉedicamentum deorsùm purgans data , à q.uo aqua purgetur. De Morb. , lib. 11 , sect. 111. - Pituitaalba, p. i65, n® 69.
42 0 APHORISMES d’hIPPOCRAT® ,
altérés , amène la guérison , et qu’il faut provoquer ces évacuations lorsqu’elles ne s’opèrent point spontanément et au temps prescrit. Plus tard, le malade étant épuisé, les viscères étant engorgés ou ulcérés , les diarrhées qui surviennent d’elles-mêmes sont colliquatives , et les signes précurseurs d’une mort inévitable : l’art ne peut les déterminer sans compromettre l’existence.
30. Quibus spumosce egestiones in alçi pro- Jlwiis, his de capite pituita deJLuit. (§ ix. )
Les diarrhées muqueuses et catarrhales dont on entend parler, trouvaient leur source dans le cerveau , selon Hippocrate , qui considérait cet organe comme une glande énorme, sécréteur de la pituite et des humeurs de même nature dont les différentes parties du corps étaient inondées. Si pituita Jrigida , in cerebro collecta , ad ventrem feratur, alvi projluuia corripiunt (j). Cette théorie n’est plus admise aujourd’hui que les membranes muqueuses sont reconnues pour les sources immédiates et directes de ces humeurs , auxquelles le nez , la bouche , les bronches , le rectum , la vessie et le vagin donnent issue dans une proportion toujours relative au degré de transpiration. Que d’exemples de déjections muqueuses par haut ou par bas , sans maladies , ni même embarras du cerveau, déterminées par la goutte fixée sur la poitrine, sur l’estomac ou les intestins !
31. Quibus febricitantibus y in urinis subsïdentice Jiunt crassiori farinœ similes , longam in Jirmitdtern signifie ant. (§ xvi.)
Le son, fujfur, vlluftf , est une substance k laquelle
(i) Z>8 Mort. savrOfp. i34.
SECTION vn, APH. 3o, 3l, 32. 4^1
Hippocrate a souvent comparé une espèce de sédiment urineux, toutes les fois qu’il apercevait des corpuscules distincts , qu’il croyait semblables à des parcelles de gros son. Le même auteur a encore appelé -irtluxtihts ^ ces dépôts dont les parties divisées , aplaties , lamellées donnaient l’idée de petites écailles de poisson ou de petites folioles 5 et , lorsqu’elles représentaient
une farine grossière, telle que celle du blé de Turquie, connue sous le nom de polenta. Voyez, du reste, les notes annexées à l’aphorisme 69 de la quatrième section.
Le dixième jour de sa maladie , Silène rendit en abondance une urine un peu épaisse, dont le dépôt blanc ressemblait à de la gtosse farine. Ce malade avait les extrémités froides, et mourut le lendemain (i). Dans une autre observation recueillie par Hippocrate., des urines à sédiment , veîut farinæ crassiores et geniturœ similes, parurent seulement une fois le troisième jour. La maladie ne fut jugée que le quarantième (2).
32. Quibus autem biliosœ subsidentiœ , ab initio verb tenues, acutum morbum signijicat,. (§ XVI.)
Hippocrate dit ; « Les malades chez lesquels un peu de bile se porte sur la vessie , ont une urine épaisse formée par la pituite j mais un sédiment bilieux se précipite, parce que l’intérieur du ventre est brûlant(3). n La surface supérieure de ce dépôt, celle immédiatement recouverte par les urines, est composée d’élémens très-
(1) jEpzrfe??!., lib. 1 , ægrot. U.
(2) Ibid., lib. 111, sect. i, œgrot. iii.
(3) Et quibus in vesicam conflidt quid bitis , his crassa urina min' gitur, crassa autem à pituitâ. Biliosa verb alvi egestio prodit, eb qubd, eombusta sunt ea, quoi tunt in ventre. Dç Morb. , lib. i, sect. ii, p, 147, no 27.
légers qui peuvent être mobiles et vacillans au moindre mouvement, tandis que la couche inférieure est plus épaisse et plus pesante. On sait qu’un sédiment épais , homogène , lourd, à surface supérieure lisse , égale et un peu concave , est l’indice d’une maladie de courte durée , qui doit nécessairement se prolonger, si la disposition du sédiment est toute difiérente. Notre interprétation s’accorde avec celle de Prosp. Marlian, qui dit que la bile pêche , et n’est pas encoPe vaincue par la nature, tandis que ce serait le contraire, et qu’on devrait croire l’humeur en mouvement , si le sédiment paraissait égal , uniforme , et nullement ténu à sa surface supérieure. Galien est d’avis qu’jl s’agit d’un dépôt bilieu.x qui aurait été léger et ténu dès le principe de son apparition. Laissons aux médecins qui attachent quelqu’importance à ces observations de détail , le soin de vérifier, dans leur pratique, quelle est la meilleure manière d’interpréter l’aphorisme.
53. Quibus autem urinœ divulsœ fiunt y iis {^ehemens est in corpore turbatio. xvi.)
Dans le cours des maladies graves, les urines se préjSentent tantôt sous un aspect favorable , tantôt sous un autre qui inspire des craintes. Un jour, elles sont sédimenteuses; le lendemain , on les voit blanches, aqueuses, limpides ; dans certains cas , elles coulent en grande abondance ou en très-petite quantité. Lorsqu’il en est ainsi , nul doute que le trouble intérieur ne soit trèsgrand. On doit donc tenir pour certain tout ce que Hippocrate , Celse et Prosper Martian ont écrit à ce sujet. Il semble que la même idée se rattache à l’état des malades dont les urines tiennent en suspension un sédiment léger, branchu , rameux et irrégulier.
Si autem mutationes habent, temporis diuturnitatem significant , et necesse est, ut morbus et ad deterius, et ad rnelius inœqualitatem permutet. (Vict. rat. in acut. ^ sect. IV, p. 376, n“ 46.)
In febre alias aliarum urinarum mictionès morhum producunt. (Goacar. , sect. iii, p. 4^5.)
In febribus si mutationes habeat urina , diuturnitatem temporis significat , et necesse est œgrotum mutari et ad détériora, et ad altéram partetn. (De Judication.,p. 383, 7-)
Longum fore morbum, càlligere possumus, si urind modo liquida et pura est , modo habet qucedam subsidentia. (Gels, , lib. Il, cap. v.)
Hâc igitur ratione urinœ hujusmodi permutationern habentes, morhi longiludinem significant. (Martian, p. 6o5,)
54. Quibus vero in urînis buttœ superstant , renum ajjfectiones significant ^ et longam fore invaletudinem. (§ x.)
Ce phénomène , qui décèle une propriété savonneuse des urines , n’est point exclusif pour les maladies des reins et de la vessie. Lors d’une péripneumonie , il constate encore une terminaison purulente (i). On l’observe également dans quelques maladies aiguës ou ph répliqués , lorsque l’amaigrissement survient avec rapidité ou avec lenteur. En général , il est d’un mauvais augure.