‹ Hippocrate par lui-même, ou Commentaires sur les Aphorismes, d'après les écrits vrais et supposés d'HippocrateChapitre 88 sur 103 · Si quis febricitanti cibum det J couvâtes · texte numérisé non relu

Si quis febricitanti cibum det J couvâtes

44© APHORISMES d’hiPPOCRATE ,

centi quidem 3 robur : cegrotanti verb , morbus

fit. (§XXÏ.)

ün fiévreux n’CsSt censé convalescent qu’aulant que, toutes les évacuations spontanées ou artificielles n’ayant rien laissé à désirer, il ne subsiste plus le moindre symptôme de maladie , ou qu’il n’y a que la faiblesse et la maigreur proportionnées à la durée de la fièvre. Dans cet état , le besoin de réparer est urgent , la faim tourmente, et le médecin sent la nécessité d’accorder des alimens solides en qudhtité relative à la force des organes digestifs. Il ne faut pas oublier que , pendant la fièvre, l’abstinence doit être absolue. Cette opinion est tout à fait conforme à la doctrine d’Hippocrate, qui dit expressément que la faim est ennemie de la fièvre (i) : mais s’il est vrai que l’oracle de Cos défende de nourrir un fiévreux (2) , quel es{ ce fiévreux ? Durant un redoublement ou un accès , on se gardera de donner des alimens solides et liquides, tandis que le temps des intermissions ou des rémissions sera celui propice à leur prescription (3).

ün médecin qui permettrait une nourriture consistante tant que la fièvre persiste, aurait oublié cette assertion d’Hippocrate : «(La diète des personnes en santé est autant^rêjudicîable à celles qui sont en état de maladie, que la diète des brutes est opposée à celle dps personnes bien portantes (4). » C’est sans doute d’après cette idée

(i) JBpidsm, , lib. yi , sect. ni.

, (2) Febrienti ne cibiËn oj feras , etc. , lib. de Loc. in homin. , sect. Il , p. 75.

(3) Si verô JehrUis calor apprehenderit , ac dirniserit, gravitas antern corporis ipsum detinuerit , hune donec quidem calor tenuerit , sorbitionibus , ac petionibus curato. Quùm autem non tenuerit , etiam eibos data , etc. De Affection. , sect. i , p. 189, n» 14.

(4) Si verô quis considérât, quœ sU œgrotorum diceta, compara^ iione ad sanorum diœtam factâ, is imeniet hanc œgris noeentiorenit

iqu’nn commentateur célèbre a présenté le sens de l’aphorisme de cette manière : « Quiconque donne des alimens solides à un fébricitant, augmente la maladie dans la même proportion qu’il fortifie l’homme sain (i). >>

66. Per vesicam prodeuntia inspicere oportet, un sint qualia sanis prodeunt. Quce igitur minimè his similia, eb morbosiora. Sanis verb similia y minime morbosa. (§ xvi.)

Consultez les notes annexées à l’aphorisme 69 de la quatrième section.

67. Et quibuSy egestionesy si stare permiseris et non moveriSy subsident veluti ramenta : et H pauca juerintyparvus Jitmorbus. Si verb multa, magniis y his confert alvum inferne purgari. Si autem non purgatâ alvo sorbitiones déduis, quantb plures dederisy eb magis lœdes.. (§ xvii. )

Pour que des selles déposent, elles doivent être liquides, aqueuses, cpmme on l’observe dans les cas diarrhée et de dysenterje , etc. Elles ressemblent nécessairement à celles dont Hippocrate parle dans quelques endroits de ses ouvrages (2). L’hypostase est un mucus qui se précipite et se concrète par le refroidissement,

■quàm eam quœ ferarum est et aliorum animalium , sanis. De Voter., medicin., p. lo, ïi® 14.

(1) Si quis febrienti cibum solidum euchibeat, is sciât œgroto tantum augmenti morbi prœstare , quantum rqboris cihus sano afferre solet. Pr. Martian. , p. 478.^ — Ployez sect. 1, aph. 16 ; sect. u , aph. 10 «t 17. '

(a) Erant autem sine vomitu et alvi turbatœ ex tenuibus , aquosisy non biliosis, spumosis, multis, quce aliquando deposita etiatn subsi-

44^ APHORISMES d’hiPPOCRATE,

en se représentant sous forme de pelotons , de grarmeaux , de filamens ramentacés ( raclures , ratissures ou Jausses membranes). Cette matière, sécrétée abondamment par les surfaces muqueuses, est soustraite aux fonctions nutritives; en sorte que plus elle abonde, plus la perte de substance est grande, plus la maladie est grave. Pour guérir, il importe de diriger uniquemept ses vues pratiques sur les entrailles. On doit purgej^par bas , dit Hippocrate : est- ce à l’aide des lavemens o5 des potions prises à l’intérieur?

Dans quelques cas de diarrhées et de dysenteries chroniques, le père de la médecine conseille l’emploi des vomitifs , comme propre à troubler Je mouvement morbide des entrailles. Tous les jours on prescrit une dose d’ipécacuanha , et on s’en trouve bien. Ce remède dispense souvent des laxatifs doux ,, dont il faut user avec réserve. Il semble que les lavemens sont spécialement f eqgpmandés dans cette circonstance précisée par l’aphorisme , laquelle se rapporte aux diarrhées aiguës. Sans doute on ne croira pas d’abord que ce fût l’avis d’Hippocrate : mais si on collationne cette^entence avec celle exprimée ailleurs , on verra que rien n’est avancé 4ui ne soit confôrmè à la vérité (i). Dans beaucoup de cas , qu’il serait possible d’expuser, on n’a pas suivi d’autre méthode curative. Après avoir évacué les gros

dentiam habebant i eæ- quibus sanè etiam id yquod sub dio nocttt exponehatur, .erjaf. Epidem., lil). ,ii, sec . iii.

Quum seckssus aquosisub dio expositi essent, fupernè Iceues, tenues^ isatidi valdè similes. fuerunt, infemè vepb subâdentiam habebanU Epidem. , lib, IV, p. 33i , n,° aS.

(i) jdlviegestionçs, si iaidem concedercy ac consistere permiserisy velut ramenta subside nt ; sipauca, modicus' est morbus , si multa y ymltus. His infiisum per clysterem adhibere eandticit. Lib. de Judicafio/i , n» 8 J p, 383. ,

SECTION Vil , APH. 68. 44^

intestins à l’aide d’un lavement entier, nous recommandons de prendre , chaque quatre heures , un demi-lavement mucilagineux , composé d’une décoction de graine de lin et de pavot : il est rare que nous ayons besoin d’ajouter quelques gouttes de laudanum.

Si , au lieu de purger, on se borne à l’emploi de tisanes légères , plus ou moins nourrissantes , on fait beaucoup de mal; à plus forte raison, si on permet des alimens de quelque consistance. Souvent l’estomac se conserve bon, et on a de l’appétit, lôi's d’une diarrhée ou d’une dysenterie, et les malades tourmentent pour manger. Jln cédant à leurs instances , on oublie que le tube intestinal ne peut exercer aucune action sur la pâte chymeuse bien préparée qui lui est transmise. Celle-ci le fatigue et l’irrite davantage par sa présence ; il n’ÿ a pas d’absorption chyleuse , et tout est promptement transmis par la voie des selles. Alors , non seulement il n’y a pas de réparation nutritive, mais encore les pertes sont accrues par la sécrétion surabondante d’un mucus j provoquée par l’irritation des membranes et des glandes qui le versent et le préparent. Il est donCvr^i de dire, dans ce cas, que plus on nourrit, plus on fait de mal. En effet, si les gros intestins sont seuls affectés primitivement , les intestins grêles ne tardent pas à l’être j l’estomac ne reste plus intact , l’appétit cesse complètement, et la maladie a plus d’étendue qu’elle n’en avait dans son origine.

68. Quee cruda deorsiim secedunty ah atrâ sunt bile : si plura, major : si pauciora^ minor estmorhus. (§ xvn.)

Avec un peu d’attention , on voit quül s’agit uni-

444 APHORISMES d’hïPPOCRATE ,

quement du dépôt indiqué d^ns l’aphorisme qui précède (i).

6g. Exscreationes , in fehrihus non intermittentihusy livides, et cruentes, et hiliosce , et graveolentes, omnes males sunt. A t rite secedentes, honœ. Sic etiam per alvum , et vesicam , et, ubicunque quid secedens restiterit non purgafwm , /w . ( § xvn . )

Voyez aphorisme 47» quatrième section.

70. Corpora oportet, uhi quis purgare vult, facile fluentia reddere. Et si quidem velit effi~ cere facile fuentia sursùm , alvum sistere : si verb deorsùmf humectare. (§ xix.)

La première parüe de cette sentence compose l’aphorisme 9 de la deuxième section. La seconde est ajoutée^ et n’offre pas un sens très-clair. Hippocrate , en parlant de l’ellébore usité de son temps pour faire Vomir, ne dit pas un mot de la nécessité de resserrer le ventre^ afin d’en venir plus aisément à bout. Il Recommande seulement d’humecter beaucoup , et de prescrire à la fois une nourriture plus abondante et le repos. La pratique journalière fait connaître une foule de cas dans lesquels une diarrhée, une dysenterie sont suspendues par des efforts spontanés de vomissement, et on ne fait rien pour déterminer une sorte de constipation. On en infère que le vomissement est très-squvent l’unique moyen immédiat propre à faire cesser le flux de ventre; et que nous l’employons comme ressource thérapeutique. Lors-;

(1) Quibus verb in egestione infernè bilis atra subsidet, sLcopUttior, major est morbus. Si paucior, minor. De Judicat. , p. 333.

SECTION vn „ APH. 6g, 7O, 71, 72. 445

qu'on veut procurer des évacuations alvines , il n’est pas douteux que les potions purgatives ne doivent être précédées de la presfeription deà humectans. Celse a dit: «Il est d’usage, dans toutes les maladies, de rendre le ventre libre, lorsqu’on veut purger par le bas , et de le resserrer quand on se propose de -faire vomir (i). »

71. Somnus, vigilia, utraque modum excedentia, morbus. (§ xiii.)

y^oy^z aphorisme 3, deuxième section.

72. In non intermittentibuS febribus , si externa quidem sint frigida , interna verb uran-> tur, et sitim habeant, lethale. iii.)

Voyez aphorisme 48 , quatrième section.

Les fièvres continues dans lesquelles les malades souffrent du froid à l’extérieur et d’une chaleur brûlante audedans , sont les lipyries. Hippocrate a souvent désigné ces p3n:exies d’après un seul symptôme prédominent. Dans celles qu’il nommait épialeSy le froid et le chaud existent en 'même temps. Les fièvres dssodes s’accompagnent d’anxiété fatigante, de dégoût, de nausées, dé vomissemens, de tension, de gonflement et de chaleur d’entrailles; les typhodes sont caractérisées par la stupeur et l’état d’étonnement des malades : cinq espèces de ces dernières sont décrites , lib. de intern. Affect. La fièvre hectique provient d’un ulcère, d’une vomique, du pus épanché ou de la résorption de ce liquide; elle entraîne la colliquation des solides études fluides , enfin la mort. Lorsque les humeurs se consiinient et que les so-

, (i) lllud quoque perj.jetuum est in omnibus morbis , tibi ab lnfe~ tiore parte purgandus aliquis est , ventrem ej us antè solvendum esse, uM à superiore, compriméndum. De Medicin. , lib. m, cap. 11 , sect. vu , p. 143.

446 APHORISMES d’hiPPOCRATE ,

lides se dessëcllent, il y a vopt'Jès mortelte*,

Le causus existe avec une chaleur insupportable , et est appelé le plus souvent ri srûp par le divin vieillard. La fièvre ardente se joint-elle k un érysipèle du poumon la fièvre est et on la nomme crjmode. Les-

sueurs abondantes et colloquatives qui ne soulagent, point, durant lesquelles la langue est sèche et rude, etc., constituent la fièvre élode dont Forestus fait aussi mention , lib. Il , obs. 42. ne difl’ère de la pré¬

cédente, qu’en ce que le sang paraît converti en putrilage aqueux. Le mot phricode exprime un froid qui se fait sentir subitement au milieu d’une grande chaleur. Hippocrate appelle ainsi une demi-tierce, décrite epidem.i, sect. I. Enfin dans la xtiyyâ^tis Trwpe'îoV, fièvre lyngode, le malade a le hoquet depuis le principe de la fièvre jusqd’à sa terminaison critique. ( Voyez Gai. , de Diœt. acutor; Bonet , Medicin. septentr. , t. ii , lib. v. ) ;

<75. In febrè non intermittente y si labium y dut nasusy aut oculus, aut supercilium distorqueatuvy si non vident^ si non audiaty jam debilis existons; quicquid horum jiaty lethale. (§ni.)

Voyez aphorisme 49 , quatrième section.

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