‹ Hippocrate & Vénus [electronic resource]Chapitre 10 sur 35 · CARACTÈRES DE LA MALADIE EN DIFFÉRENTS PAYS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES DE LA MALADIE EN DIFFÉRENTS PAYS

L'Italien rusé poursuit celle qu'il aime en dissimulant son ardeur avec de plaisantes et industrieuses façons de faire, comme par sonnets et stances composés à la louange de sa Dame. S'il jouit il est jaloux et voudra tenir sa femme sous clef mais, s'il se voit déçu de ses prétentions, il la hait et il n'y a mal qu'il n'en dise.

L'Espagnol, impatient de l'ardeur qui le pique, se rue furieusement sur l'amour, folâtrant sans se donner aucun repos et se plaignant du feu qui le consume. Mais, quand il a gagné sa Dame par voies illicites, il la tue, transporté de jalousie ou la prostitue pour le gain.

S'il n'en peut jouir il se tourmente jusqu'à en mourir.

Le folâtre et lascif Français fait le bon valet envers celle qu'il aime, essaye d'acquérir sa bonne grâce par honnêteté, l'entretient de chansons et plaisants devis. S'il devient jaloux, il s'afflige et pleure; s'il reçoit congé et qu'il ne puisse jouir, il lance injures et menaces, voire souvent veut user de la force. S'il jouit de sa Dame il la méprise tôt après et en recherche une nouvelle.

Le froid Allemand s'échauffe d'amour peu

à peu. Étant épris^ il poursuit avec art et jugement et s'efforce d'attirer sa Dame par des dons. S'il entre en jalousie^ il retire sa libéralité. Est-il déçu? Il en fait peu de cas. Jouit-il? Son amour se refroidit.

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