‹ Hippocrate & Vénus [electronic resource]Chapitre 11 sur 35 · DE LA FUREUR UTÉRINE · texte numérisé non relu

DE LA FUREUR UTÉRINE

JE remarque dans nos auteurs cinq maladies fort semblables provenant de l'amour : la fureur de matrice^ le prurit de la matrice^ le symptôme de vilanie^ la satyriase et la fureur de l'amarry. Je me contenterai de parler des deux dernières qui^ à vrai dire^ n'en font qu'une et dont voici les signes. Un prurit ou démangeaison des parties secrètes avec douleur provenant d'un désir insatiable de Vénus que les femmes indiquent en portant leurs mains auxdites parties^ ayant perdu toute honte, ce qui ne peut se faire sans que le cerveau endure beaucoup attendu que toute personne sensée est honteuse de toutes actions déshonnêtes, au dire des Philosophes.

Or, si le cerveau souffre en la satyriase des femmes, en quoi sera-t-elle différente de la fureur utérine qui est une rage ou folie furieuse provenant d'une ardeur extrême de l'amarry

ou température chaude communiquée au cerveau par la conduite de Tépine du dos ou par les vapeurs âcres montant de la semence corrompue et croupissante à Tentour de Tamarry ? C'est pourquoi telles femmes babillent incessamment et parlent ou veulent entendre parler des choses vénériennes et sentent un grand prurit en leurs parties honteuses, sans douleur néanmoins, et, parce que tels accidents procèdent de l'abondance de la semence âcre et flatulente, ladite maladie ne se trouve qu'en jeunes filles, veuves ou femmes de température chaude et se plaisant à toutes délices et voluptés déshonnêtes, se nourrissant de beaucoup de bonnes viandes, fréquentant bonne compagnie et n'ayant l'esprit attentif qu'à contenter leur sensualité* Pour leur guérison, Hippocrate conseille de les marier au plus tôt sinon l'on peut craindre qu'elles ne se précipitent dans des puits ou essayent de s'étrangler, croyant par ces remèdes trouver un terme à leurs maux* Ainsi, comme le rapporte Plutarque, ces filles Milésiennes qui se pendaient en troupe jusqu'au jour où il fut décidé que leurs corps seraient exposés, nus, à la voirie, sans aucune sépulture* De même ces femmes de Lyon qui se précipitaient dans le Rhône croyant apaiser leur feu par l'eau, comme jadis ces pestiférés d'Athènes plongeaient dans les rivières pour apaiser leur fièvre*

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