‹ Hippocrate & Vénus [electronic resource]Chapitre 26 sur 35 · DES TÉTONS · texte numérisé non relu

DES TÉTONS

/^UE me servirait^ Madame^ d'avoir chanté

la plus belle partie de vous-même si mon

art ne vous instruisait encore à la conserver dans toute sa fraîcheur?

La parure est à la beauté ce que Tesprit est au savoir* On ne se plaît guère sans un peu de coquetterie* Pour retenir dans ses bras son céleste époux^ Junon même eut besoin de la ceinture de Vénus* Mais anathème éternel à ces corps meurtriers où la taille la plus svelte perd dans sa prison de baleine son élégance

naturelle! Un simple corset suffit à la conservation des formes. Qu'une bande légère, fixée vers la partie moyenne de la poitrine, embrasse mollement la partie inférieure de chaque hémisphère, en soutienne adroitement le poids sur un support invisible et laisse entrevoir à rœil éveillé du désir cette mappemonde mobile sur laquelle l'imagination la plus froide aime voyager quelquefois.

Une douce chaleur peut aider au développement d'un sein virginal Une belle gorge aime à braver, demi-nue, l'action d'une température modérée. Mais le froid est son ennemi mortel Qu'elle en évite donc soigneusement les cruelles atteintes!

Ce sein, dites-vous, n'ose se montrer au jour. Eh bien! connaisse^ donc les secrets du génie. Le fluide électrique peut, à la voix d'un

, imprimer aux vaisseaux sanguins une turgescence favorable. Souffrez, Mesdames, qu'on vous magnétise : le Mesmer n'a point d'égal dans l'art de donner à certains charmes une expansion délicieuse. Le malade résiste-t-il à la verge électrique, à la magie du baquet, la mécanique vient pour vous au secours de la physique. Que dans sa double cavité une officieuse ventouse embrasse, sans les blesser, vos deux globes d'albâtre. L'air ainsi raréfié hâtera sans douleur le développement de la gorge rebelle. C'est peu : un

contact indiscret vient-il à déformer par accident le bouton de vos roses jumelles? Retourne2;^ Mesdames^ à T heureuse ventouse : le bouton ranimé reprendra bientôt sa forme et sa fraîcheur*

A en croire certains professeurs d'hygiène^ il n'est pour nos Vénus qu'un moyen sûr de conserver leurs charmes^ c'est de n'en faire aucun usage. Notre rigorisme n'ira pas jusqu'à cette extrémité et nous nous bornerons à ne défendre que l'excès des plaisirs. Gorge enchanteresse^ quel feu n'allume pas dans nos sens le seul aspect de tes pommes de neige et ne nous faudrait-il pas mourir si les flammes dont tu nous consumes ne te brûlaient toimême? Pour le bonheur de l'homme^ succombe donc quelquefois aux douces tentations que tu fais naître^ mais, pour l'honneur de tes charmes, résiste plus souvent encore à l'attrait du désir! La fleur des champs, que le papillon se plaît à baiser, s'effeuille enfin sous l'aile de l'insecte brillant : ainsi la fleur d'un beau sein finit par se faner sous les caresses d'un indiscret amour. Vous dont la fougue égarée poursuit la jouissance au péril de vos charmes, ah ! du moins, quand vos sens sont calmés, hâtezvous de réparer en secret les outrages du plaisir. Autrefois tributaires du génie monacal, la botanique et la chimie opposaient au développement des gorges nonnettes le froid nénuphar

et le mystique agnus castus. Libres aujourd'hui^ ces deux sciences aiment à préparer de concert d'utiles frictions réparatrices* Par elles^ les lys disparus sous le feu du baiser retrouvent bientôt leur première fraîcheur^ la peau redevient

du satin, les formes reprennent leur souplesse* Salut savante ToUeret! La renommée de tes pommades a volé des bords de la Seine à ceux du Mississipi* Par elles sont éclipsés le lait d*ânesse des belles Romaines et V hermodacte des Égyptiennes* C'est à ta voix que, pour la sécurité d'un sein galant, Volive et V amande offrent à la fois leur huile adoucissante, que la pimprenelle et la rose prodiguent leur essence aromatique, que la canelle et la fleur d'oranger s'unissent à la crème en pâtes odorantes et s'étendent en masque sur plus d'un sein décrépit* O toi dont le génie tutélaire a bien mérité des gorges, permets que leur chantre, en terminant leur éloge, t'en proclame la bienfaitrice* Puisse, éternisée par la reconnaissance féminine, ta mémoire ne périr qu'avec le dernier Téton !

Le médecin des Dames donne aussi ces conseils :

La mélisse pilée et appliquée sur la gorge* L'arbrisseau de Vénus, le myrte, capable de faire disparaître les traces du culte rendu à la divinité auquel il est consacré* « Prenez, dit-il, noix de galle encore vertes, faites-les bouillir dans du vin avec clous de girofle, trempe2;-y un linge et appliquez* Faites bouillir dans du vin : alun, sang-dragon, gomme arabique, suc d'acacia, feuilles de plantain.

fleurs de grenadiers^ capsules de glands^ sorbes non mûres^ roses de Provins^ feuilles de renouée et de tormentille et appliquer en compresses^ »

Autre recette : Faites fondre au bain-marie quatre onces d'huile d'amandes amères, une once de cire blanche, ajoutez deux gros d'alun, une once de suie et un gros d'orcanette, vous aure^ une pommade styptique*

Ajoutons cette recette d'une pommade virginale qui a la propriété de resserrer le sphincter ou muscles constricteurs de la vulve et du vagin trop relâchés :

Sulfate de zinc, 40 gr*; noix de Galle et noix de cyprès, 20 gr. de chaque; écorce de grenade, feuille de myrte et sumac, 30 gr> de chaque*

Quant aux moyens propres à forcer la nature à accorder aux femmes ce dont elle a été trop avare jusque-là, nous en puiserons le principe dans une allégorie antique qui fut d'ailleurs utilisée à de semblables fins par M«ie de Pompadour : La Coupe d*Hébé.

« Hébé, trop jeune encore, ne comptait que quatorze printemps : le lys et la rose se partageaient l'honneur de nuancer son teint*** de grands yeux bleus où se peignait l'amour sans qu'elle s'en doutât, un front uni, un ne2; droit, une bouche de la couleur et de la forme d'un bouton de rose, un col blanc et onduleux.

une taille flexible et légère, Hébé avait tout en partage et les dieux auxquels elle versait le nectar étaient plus enivrés de ses charmes que de sa liqueur éthérée. Elle réunissait tout.*. Tout? Non, quelque chose manquait à ses charmes. Hébé entrait dans cet âge où la nature indécise semble n'avoir qu'ébauché son chef-d'œuvre. Offrant également les attraits des deux sexes, elle n'avait point encore reçu ce double présent qui décèle une vierge et que caresse l'œil de l'amant timide.

Le dieu de la foudre témoigne le désir de voir Hébé parfaite. Il dit et, fils aussi soumis que galant époux, Vulcain prend la coupe des mains d'Hébé; il en couvre un des hémisphères de Vénus, l'arrondissant sur ce modèle à la vue des dieux frémissants d'envie et de volupté. Sous son léger marteau, le métal docile s'étend, se contourne, se creuse et, façonnée de même sur l'autre hémisphère de la belle déesse, naît une seconde coupe. Le dieu de Lemnos les place sur le sein d'Hébé qui, ainsi parée, ressemble à la chaste Pallas. Bientôt, sous ces deux coupes protectrices, son sein s'élève, un double mont bondit et sa gorge s'accroît sans dépasser ces heureuses limites. Les dieux applaudissent... »

C'est ce prodige de la mythologie que l'art veut reproduire pour vous, belles, à qui il ne manque que cet attrait pour être accomplies

et vous aussi pour qui sa possession excusera Tabsence des autres*

En drapant légèrement les formes imparfaites de votre douce amie^ jeunes époux^ imiter le disque rond de Phébé, échancrez Tétoffe en dessinant les contours absents des attraits que vous désires;^ que votre main utilement caressante et instruite à la volupté par le dieu de Délos, sache promener des doigts mobiles sur Taréole de ce sein non encore développé^ que de fréquentes titillations fassent frémir ses fibres : bientôt la papille se gonfle et les esprits appelés par ces douces frictions enflent les muscles qui^ profitant d'une liberté inconnue^ se frayent un chemin nouveau; une lymphe nourricière baigne les glandes qui se dilatent; le réseau éclatant et poli qui les renferme, participant de Téréthisme général, s'arrondit sous les doigts créateurs : comme la fleur, condamnée à périr sous les glaçons de Thiver, se développe et naît au jour, sous le verre diaphane, et sous les douces influences d'une chaleur factice, de même les sucs élaborés sous la main de l'époux fortuné s'accumuleront en dessinant les voluptueux contours des beaux modèles que nous a légués le ciseau des Phidias et des Praxitèle*

L'une de ces coupes fameuses s'est perdue ou plutôt j'aime à croire que les dieux l'ont retirée pour conserver le type du beau s'il

venait à se perdre sur la terre* L'autre^ que Cléopâtre appliqua sur son sein ravissant devant Antoine extasié^ orne aujourd'hui un musée d'Europe* Point n'est besoin pour vous^ Madame^ d'aller la consulter* La perfection des charmes que la Nature vous a accordés vous dispense d'en comparer le degré d'extension et le modelé avec ceux que définirent jadis une assemblée de dieux*

Soye2; du moins remerciée pour la patience que vous ave^ montrée en lisant jusqu'au bout cet éloge* Durant tout le temps que j'ai mis à le composer^ votre image ne m'a pas quitté un instant et me sera-t-il permis de vous confesser que^ sans elle^ je n'aurais sans doute pu soutenir mon effort? J'espère en tout cas que si quelques détails un peu hardis^ mais nécessaires au développement du sujets ont pu faire naître en vous une adorable rougeur^ vous n'en tiendre2; pas rigueur outre-mesure à votre très humble et très obéissant serviteur*

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