MARIE DE MÉDICIS
SELON le commandement qui m'avait été fait, je fus au lever de la Reine que j'eus rhonneur de voir en son lit. Elle me parla et je lui dis mon avis sur Tenfant qu'elle devait avoir. Elle désirait de m'enhardir auprès de Sa Majesté et faire que je la pusse entendre, car elle m'entendait fort bien*
La veille du départ pour Fontainebleau, où la Reine devait faire ses couches, je fus avertie par M^^^ de La Renouillère, première femme de chambre de la Reine, de me tenir prête à telle heure. Je fus mise dans le carrosse de la Reine, dans lequel étaient Mme la Marquise de Guercheville, avec
1. Extrait du Journal de Louise Bourgeois, dite Boursier^ sage-femme de la Reine.
Conchine^ chacune à une portière et maître Guillaume^ le fol du Roi^ que Ton mit du côté du cocher* On me commanda de me mettre au derrière.
Le voyage de Fontainebleau se fit en deux jours* La couchée du premier jour se fit à Corbeil^ en une hostellerie où il n'y avait qu'une méchante petite chambre^ basse de plancher^ bien étouffée pour la Reine* L'on mit coucher les femmes de chambre et moi dans ce qui était marqué pour cabinet de la Reine* Le dîner fut à Melun^ au logis de M* de La Grange-le-Roy^ où il n'y avait aucuns meubles et^ surtout^ il n'y avait que de grosses pierres au lieu de chenêts* L'on avait fait du feu* Encore que ce fût sur la fin d'août^ il ne faisait pas trop chaud* Il avait été mis un fagot et trois grosses bûches au feu* J'étais au côté du jambage de la cheminée et la Reine^ debout^ tournait le dos au feu* Ces bûches vinrent à s'ébouler* Je me jetai à bas pour arrêter la plus grosse qui allait tomber sur les talons de la Reine^ ce qui l'eût infailliblement fait tomber en arrière* Voilà le premier service que j'eus l'honneur de lui rendre et au Roi qu'elle portait*
Arrivant à Fontainebleau je suivis la Reine en sa chambre d'où je ne bougeais que pour manger et dormir* Souvent la Reine me demandait ce que je pensais qu'elle dusse avoir*
Je rassurais que je croyais qu'elle aurait un fils et véritablement je croyais ce que je disais» Je voyais la Reine si belle et avec un si bon teinta un si bon œil que^ selon les préceptes que tiennent les femmes^ ce devait être un fils» Mais le plus fort et assuré jugement que j'en avais était que Dieu nous montrait qu'il voulait restaurer la France^ ayant rendu bon catholique notre Roi^ et la Reine grosse. Voyant que tout cela était son œuvre je pensais qu'il l'achèverait en nous donnant un Dauphin» La Reine demeura environ un mois à Fontainebleau avant que le Roi revînt» Pendant ce temps Madame faisait tout le possible pour faire passer le temps à la Reine» Elle faisait des ballets^ l'accompagnait à la chasse^ la Reine étant dans sa litière et Madame en son carrosse»
Je redoutais que la Reine n'eût des coliques en accouchant à cause qu'on m'avait dit qu'elle avait mangé toute une quantité de glace^ melons^ raisins et alberges» Je suppliai Sa Majesté de ne plus manger de melons» Elle me le promit pourvu qu'on ne lui en servît plus»
Huit jours avant l'accouchement^ le Roi arriva de Calais» J'en avais une joie mêlée de crainte^ n'ayant pas encore eu l'honneur d'être vue de Sa Majesté» Pour ce jour^ je ne fus point l'après-dîner en la chambre de la Reine»
Mais le lendemain mon devoir était de me trouver à son réveiL Le Roi arriva et demanda à la Reine : Ma mie, est-ce là votre sagefemme? » Elle dit qu'oui. Le Roi; me voulant gratifier; ajouta : Ma mie, je crois qu'elle
vous servira bien; elle m'a bonne mine* — Je n'en doute point )v répondit la Reine* M^^^ de La Renouillère dit alors au Roi : « La Reine Ta choisie* — Oui, dit la Reine, je Tai choisie et dirai que je ne me trompe jamais en chose que j'ai choisie* »
Le Roi me dit : « Ma mie, il faut bien faire* C'est une chose de grande importance que vous ave^ à manier* — Sire, lui dis-je, j'espère que Dieu m'en fera la grâce* — Je te crois », dit le Roi* Et, s'approchant de moi, il me dit tout plein de mots de gausserie, à quoi je ne lui fis nulle réponse* Il me toucha sur les mains en me disant : « Vous ne répondes rien? — Je ne doute nullement de tout ce que vous me dites. Sire* »
Le lendemain je fus au réveil de la Reine, comme de coutume* Elle me dit qu'elle croyait avoir une fille à cause que l'on tient que les femmes grosses d'un fils amaigrissent sur la fin de leur grossesse* Je lui dis qu'il n'y avait règle si étroite où il n'y eût une exception et que cela ne me ferait point changer d'avis* « Sitôt que je serai accouchée, me ditelle, je connaîtrai bien en vous voyant quel enfant ce sera* » Je suppliai Sa Majesté de croire qu'en me voyant il ne se pourrait rien connaître à mon visage, car il est grandement dangereux à une femme venant d'accoucher d'avoir joie ni plaisir qu'elle ne fût bien délivrée
et la joie et la tristesse ont un même effet fâcheux à ce moment-là.
Le Roi entra sur Theure et voulut savoir de quoi nous parlions. La Reine^ le lui ayant dit^ il assura que^ si c'était un fils^ je ne le dirais pas doucement mais le crierais tant que je pourrais car il n'y avait nulle femme au monde qui eût pouvoir de se taire en une telle occasion. Je suppliai Sa Majesté de croire que je saurais me taire puisqu'il y allait de la vie de la Reine^ qui était la chose principale^ et qu'en outre^ il y allait de l'honneur des sagesfemmes que j'étais obligée de soutenir.
M^^^ de La Renouillère me demanda que je lui fisse un signal^ sitôt que la Reine serait accouchée^ afin d'avoir l'honneur de le dire la première au Roi. Le signal fut que^ la Reine étant accouchée d'un fils^ je devais baisser la tête en signe que tout allait bien. Si c'eût été une fille^ je la devais renverser en arrière.
Gratienne^ qui était une femme de chambre de la Reine^ me demanda aussi un signal mais je lui dis en avoir promis déjà un à M^i^ de La Renouillère qui^ si elle savait que je l'avais donné à un autre^ ne me le pardonnerait jamais. Elle me dit qu'elle ne voulait pas me gêner et que^ pour que M^^^ de La Renouillère ne s'en aperçût pas^ je n'aurais qu'à lui dire tout haut^ si c'était un fils : « Ma fille^ chauffe -moi un linge. »
La nuit du vingt-septième de septembre^ à minuit^ le Roi m'envoya appeler pour aller voir la Reine qui se trouvait maL J'étais couchée dans la garde-robe de la Reine réservée aux femmes de chambre^ où souvent^ pour rien^ on me donnait de fausses alarmes^ me trouvant endormie^ si bien que je crus qu'il en était ainsi lorsque je m'entendis appeler par un nommé Pierrot qui me hâta tellement qu'il ne me laissa pas le loisir de me lacer*
« Vene2;^ vene^^ sage-femme^ me dit le Roi^ dès que j'entrai dans la chambre^ ma femme est malade. Reconnaissez; si c'est pour accoucher; elle a de grandes douleurs* »
L'ayant reconnu^ je l'assurai qu'oui* A l'instant le Roi dit à la Reine : « Vous savez que je vous ai dit par plusieurs fois le besoin qu'il y a que les Princes du sang soient à votre accouchement* Je vous supplie de vous y vouloir résoudre* C'est la grandeur de vous et de votre enfant* » A quoi la Reine lui répondit qu'elle avait toujours été résolue à faire tout ce qu'il lui plairait*
Les douleurs pressaient la Reine à chacune desquelles le Roi la tenait et me demandait s'il était temps qu'il fît venir les Princes^ que j'eusse à l'en avertir car cette affaire était de grande importance* Environ une heure
après minuit^ le Roi^ vaincu d'impatience de voir souffrir la Reine et croyant que les Princes n'auraient pas le temps de venir^ les envoya quérir^ qui furent Messeigneurs les Princes de Conti^ de Soissons et de Montpensier.
Ils arrivèrent tous trois avant les deux heures et furent environ demi-heure là. Le Roi^ ayant su de moi que Taccouchement n'était pas si proche^ les renvoya che2: eux et leur dit qu'ils se tinssent prêts quand il les enverrait appeler. M. de la Rivière^ premier médecin du Roi^ M. du Laurens^ premier médecin de la Reine^ M. Hérouard^ aussi médecin du Roi^ le sieur Guide^ second médecin de la Reine^ avec M. Guillemeau^ chirurgien du Roi^ furent appelés pour voir la Reine et aussitôt se retirèrent en un lieu proche.
Cependant, la grande chambre, ou «ovalle» de Fontainebleau, proche de la chambre du Roi, était préparée pour les couches de la Reine. Près du lit de travail était un grand lit de velours cramoisi rouge accommodé d'or. Le grand et le petit pavillon, qui étaient attachés au plancher, furent détroussés. Le grand fut tendu, ainsi qu'une tente, par les quatre coins, avec cordons. Il était de belle toile de Hollande et avait bien vingt aulnes de tour. Au milieu fut dressé un petit pavillon de pareille toile, sous lequel fut mis le lit de travail où la Reine fut couchée au sortir de la chambre.
Les Dames que le Roi avait résolu d'appeler furent mandées* Il fut apporté sous le pavillon une chaise, des sièges pliants et des tabourets pour asseoir le Roi, Madame sa sœur et M"^^ de Nemours* La chaise pour accoucher fut aussi apportée qui était couverte de velours cramoisi rouge*
Sur les quatre heures du matin une grande colique se mêla au travail de la Reine qui lui donna d'extrêmes douleurs sans avancement* De temps à autre le Roi faisait venir les médecins pour voir la Reine et me parler* Je leur rendais compte de ce qui se passait* La colique travaillait la Reine plus que le mal d'enfant et même l'empêchait* Les médecins me demandèrent : « Si c'était une femme où il n'y eût que vous pour la gouverner, que lui feries;vous ? »
Je leur proposai des remèdes qu'ils ordonnèrent à l'instant à l'apothicaire, lequel leur en proposa d'autres à la façon d'Italie dont il disait grand bien* Sachant l'affection qu'il montrait au service de Sa Majesté et que le remède, s'il ne faisait pas de bien, ne pouvait faire de mal, les médecins le firent donner* Il y avait deux anciennes et sages demoiselles italiennes lesquelles avaient eu plusieurs enfants et s'étaient trouvées à plusieurs accouchements en leur pays* La Reine avait désiré qu'elles se trouvassent à son travail pour lui
servir de femmes de chambre* Les reliques de Madame Sainte - Marguerite étaient sur une table dans la chambre et deux religieux de Saint-Germain-des-Prés qui priaient Dieu sans cesse*
Le Roi dit qu'il voulait que personne ne donnât son avis sinon les médecins et selon ce que je leur aurais rapporté et dont nous aurions convenu ensemble^ tant et si bien que nulle part je n'ai eu telle tranquillité d'esprit pour le bon ordre que le Roi avait apporté*
Il arriva que^ pour combattre cette insupportable colique, il fallut plusieurs grands remèdes à quoi la Reine ne se déroba nullement* Aussitôt que le Roi ou les médecins lui en parlaient, elle en était contente, pour désagréables qu'ils fussent*
Le mal de la Reine dura vingt-deux heures* Elle avait une telle vertu que c'était chose admirable* Elle discerna bien ses premières douleurs et les dernières d'avec les autres qui provenaient de cette mauvaise colique ainsi que je le lui fis entendre* Pendant le temps si long qu'elle demeura en travail le Roi ne l'abandonna nullement* S'il sortait pour manger, il envoyait sans cesse prendre de ses nouvelles* Madame sa sœur faisait de même*
La Reine craignait, devant que d'accoucher, que M* de Vendôme n'entrât en sa chambre pendant son mal, à cause de son bas
âge, mais, au plus fort de son mal, elle n'y prit garde* Le Roi me demandait à toute heure si la Reine accoucherait bientôt et de quel enfant ce serait* Pour le contenter je lui dis qu'oui. Il me demanda derechef si ce serait un fils* Je lui dis que ce serait ce que je voudrais* « Eh! quoi, dit-il, n'est-il pas fait? » Je lui dis qu'oui, qu'il était enfant mais que j'en ferais un fils ou une fille ainsi qu'il me plairait* « Sage-femme, me dit-il, puisque cela dépend de vous, mette2;-y les pièces d'un fils* » Je lui répondis : (( Si je fais un fils. Monsieur, que me donnere^-vous? — Je vous donnerai tout ce que vous voudrez;*** plutôt tout ce que j'ai* — Je ferai un fils et ne vous demande que votre bienveillance et que vous me vouliez toujours du bien* » Il me le promit et me l'a tenu*
Pendant ces longues heures, il arriva que quelques-unes des personnes que la Reine avait jugé devoir me troubler dans mon travail firent quelque mine ou dirent quelque chose mais je ne m'en étonnai nullement d'autant que le bon courage de la Reine et la confiance qu'elle me montrait me faisaient bien augurer de la suite des événements* Lorsque les remèdes eurent dissipé la coHque et que la Reine fut sur le point d'accoucher, je vis qu'elle se retenait de crier* Je la suppliai de n'en rien faire de peur que sa gorge n'enflât* « Ma mie, lui dit le Roi, faites ce que votre sage-femme
vous dit^ criez de peur que votre gorge ne s'enfle. »
Elle avait désir d'accoucher dans sa chaise, les Princes étant dessus le grand pavillon, visà-vis d'elle. J'étais sur un petit siège devant la Reine, laquelle étant accouchée, je mis M. le Dauphin dans des Hnges et langes en mon giron, sans que personne sût, que moi, quel enfant c'était. Je l'enveloppai bien. Pendant que je m'occupais ainsi le Roi vint auprès de moi. Mais, regardant l'enfant au visage, je le vis en grande faiblesse pour la peine qu'il avait endurée. Je demandai du vin à M. de Lo2;eray, l'un des premiers valets de chambre du Roi; il apporta une bouteille, je lui demandai une cuiller. Le Roi prit la bouteille qu'il tenait. Je lui dis : « Sire, si c'était un autre enfant, je mettrais du vin dans sa bouche de peur que la faiblesse dure trop. » Le Roi me mit la bouteille contre la bouche et me dit : « Faites comme à un autre. » Je remplis ma bouche de vin et lui en soufflai. A l'heure même, il revint et savoura le vin que je lui avais donné.
Je vis le Roi triste et changé. S'étant retiré de moi, d'autant qu'il ne savait quel enfant c'était (il n'avait vu que le visage) il alla vers l'ouverture du pavillon, du côté du feu, et commanda aux femmes de chambre de tenir force linges et le lit prêts. Je regardai si je voyais M^i^ de La Renouillère pour lui
donner le signal afin qu'elle allât ôter le Roi de peine^ mais elle bassinait le grand lit^ Je vis Gratienne à qui je dis : « Ma fiUe^ chauffes;moi un linge* » Alors je la vis aller gaiement au Roi^ lequel la repoussait et ne la voulait pas croire^ à ce qu'elle me dit depuis. Il lui disait que c'était une fiUe^ qu'il le connaissait bien à ma mine et que je n'aurais pu la faire telle si cela avait été un fils*
M^i^ de La Renouillère entra^ qui vit le Roi se fâcher avec Gratienne* Elle vint à moi, je lui fis le signal* Elle me demanda à l'oreille, je lui dis à la sienne qu'oui* Elle détroussa son chaperon et alla faire la révérence au Roi, lui disant que j'avais fait le signal et même le lui avais dit à l'oreille* La couleur revint alors au Roi* Il vint à moi, à côté de la Reine, se baissa et mit la bouche contre mon oreille, me demandant : « Sage -femme, est-ce un fils? » Je lui dis qu'oui* « Je vous prie, ne me donne2; pas de courte joie, vous me ieritz mourir* » Je développai un peu M* le Dauphin et lui fit voir que c'était un fils, de manière que la Reine, n'en vît rien*
Il leva les yeux au ciel, ayant les mains jointes et rendit grâces à Dieu* Les larmes lui coulaient sur la face, aussi grosses que des pois* Il me demanda si j'avais prévenu la Reine et s'il y avait danger à le lui dire* Je lui dis que non mais que je suppliais Sa Majesté
que ce fût avec le moins d'émotion qu'il lui serait possible^ Il alla baiser la Reine et lui dit : « Ma mie^ vous ave^ eu beaucoup de mal, mais Dieu nous a fait une grande grâce : nous avons
un beau fils* »
La Reine, à Tinstant, joignit les mains et les levant avec les yeux vers le ciel, jeta quantité de grosses larmes et, à Tinstant, tomba en faiblesse. Je demandai au Roi à qui il lui plaisait que je baillasse le Dauphin. Il me dit : (( A M^^ de Montglas qui sera sa gouvernante* »
Le Roi ne s'étant pas aperçu de la faiblesse de la Reine, alla embrasser les Princes, puis fit entrer dans la chambre toutes les personnes qu'il trouva dans l'antichambre et grand cabinet. Je crois qu'il y avait deux cents personnes, de sorte que l'on ne pouvait pas se remuer dans la chambre pour porter la Reine dans son
lit.
J'étais infiniment fâchée de la voir amsi.
Je dis qu'il n'y avait aucune apparence de faire entrer ce monde ici, que la Reine ne fût couchée. Le Roi m'entendit qui me vint frapper sur l'épaule et me dit : « Tais-toi, tais-toi, sage-femme, ne te fâche point, cet enfant est à tout le monde, il faut que chacun s'en réjouisse. » Il était dix heures et demie du soir, le jeudi 27 septembre 1601, jour de saint Côme et saint Damian, neuf mois et quator2;e jours après le mariage de la Reine.
Les valets de chambre du Roi et de la Reine portèrent la chaise près du lit où elle fut mise* Et alors on remédia à sa faiblesse* Puis^ lui ayant rendu le service que je devais^ je fus accommoder M* le Dauphin que M^® de Montglas me remit entre les mains* M* Hérouard, son premier médecin^ se trouvait là et commença de le servir* Il me le fit laver entièrement de vin et d'eau et le regarda partout avant que je Temmaillotasse* Le Roi amena les Princes et plusieurs seigneurs le voir* Pour tous ceux de la maison du Roi et de la Reine, le Roi le leur faisait voir puis les renvoyait pour faire place aux autres* Chacun était si réjoui qu'il ne se peut exprimer, tous ceux qui se rencontraient s'embrassaient* Il y eut des Dames qui, rencontrant de leurs gens, les embrassèrent, ne sachant ce qu'elles faisaient* Et, toute la nuit, ce ne fut, par le bourg, que feux de joie, tambours et trompettes, que tonneaux de vin défoncés pour boire à la santé du Roi, de la Reine et de M* le Dauphin*
A l'instant que la Reine fut accouchée, le Roi fit dresser son lit attenant du sien, où il coucha tant qu'elle se portât bien* La Reine craignait qu'il n'en reçût de l'incommodité, mais il ne la voulut jamais abandonner*