DES AMOUREUX
L'homme n'est pas plutôt né qu'il endure la chirurgie, à savoir l'incision de la védille faite par les sages-femmes, après l'avoir bien liée contre le ventre où sera le nombriL Or les bonnes femmes, soigneuses de la conservation du genre humain, requièrent volontiers les sages-femmes, quand c'est un fils, de lui faire bonne mesure* Car elles pensent que le membre viril prendra là son patron et deviendra plus grand si ce qui pend encore du nombril est demeuré bien long* Quant aux filles, elles n'en parlent point car si la védille gouverne ou transmue le conduit qui va à la matrice (lequel répond à la verge de l'homme comme la gaine au couteau), les femmes vou-
dront bien qu'il demeure court et étroit car ne s'agrandit que trop*
Mais elles s'abusent et ont mal retenu ce que les anciens médecins peuvent avoir quelquefois remontré aux levandières^ à savoir que^ quand elles viennent à lier la védille d'un garçon^ la laissent bien lâche sans tirer en dehors^ car^ si elles la lient trop rasibus du ventre^ la vessie qui en dépend par un lien en est plus retirée au dedans et le membre viril^ par conséquent^ en est raccourci car le tuyau commun à l'urine et à la semence dépend du col de la vessie*
Ainsi importe asse2; à la longueur du membre qu'on ne lie tant près du ventre la védille^ non pas qu'on en laisse pendre beaucoup^ car cela ne servirait de rien* Au contraire^ il sert aux filles qu'elle soit tirée et liée fort ras afin que la matrice qui tient à la vessie, en étant retirée, ait le col d'autant plus étroit qu'il est plus allongé* Et voilà le secret !
En quelques pays, les bonnes femmes gardent soigneusement la védille de leurs filles pour leur faire des amoureux quand il faudra les marier* C'est qu'elles ont opinion que, si on donne à manger ou à boire de cette védille mise en poudre à l'homme qui leur est agréable, il devient extrêmement amoureux de la fille et il n'y a plus qu'à faire les pactes de mariage*
Je tiens cela pour une erreur et abus trop criant, comme pour ces autres breuvages amoureux, en grec nommés philtres, qu'on attribue aux sorcières et vieilles putains pour coiffer les hommes de leur amour. Mais je pense qu'il y a quelque secrète allégorie en telle opinion et c'est, sans doute, que, si les hommes viennent en telle familiarité avec des filles trop faibles et ployables qu'ils puissent faire se toucher leurs nombrils, elles les attirent par là, faisant par telle réunion la conjonction de l'Androgyne Platonique. En quoi plusieurs sont attrapés quelquefois à leur dommage.
Et voilà comment le nombril des filles, non pas le mort mais le vivant, duquel on donne goût aux hommes, en les affriolant, les rend échauffés et abêtis, et par quoi souvent ils condescendent à des partis indignes de leur condition.
DE QUELLE MANIÈRE IL CONVIENT MIEUX DE REMPLIR LA MATRICE VIDÉE PAR U ACCOUCHEMENT
SI on a mal commencé, on fait pis en continuant, je ne dis pas de nourrir, mais de saouler et farcir à crever les accouchées, comme si on voulait faire un boudin de leur ventre. Les bonnes femmes allèguent pour leurs raisons que la matrice est vide et qu'il
la faut remplin C'est une proposition de physique^ et bien naturelle^ que la nature a horreur du vide. Mais la matrice^ qui se vide après Tenfantement^ se resserre^ lorsqu'il n'y a plus rien de superflu^ et rétrécit tellement qu'elle n'a jamais capacité de vide et besoin de suralimentation.
Et quand elle en aurait besoin^ ce n'est pas de la viande qu'elle requiert^ ni du sang fait de la viande^ mais seulement du sperme qui est sa friandise et la chose la plus désirée. Mais je m'assure que les honnêtes femmes ne la lui accorderont point avant que leur gésine soit bien célébrée^ malgré ce qu'en pourraient dire leurs maris.
DES BONNES RAISONS QU'ONT LES FEMMES DE NOURRIR LEURS ENFANTS, MÊME CONTRE LE