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Figaro du 20 août

94 H IPPOLYTE BELLANGÉ ET SON ŒUVRE.

était non pas réaliste, mais anecdotiquement exact, il en devait être vraiment bien mal récompensé, mais cela prouve une fois de plus que l'art s'accorde fort mal des raisons politiques. Et il a fallu vraiment de bien graves événements pour que des peintres puissent exposer ces scènes émouvantes et pourtant si malheureusement vraies, signées, des noms auxquels elles ont valu une rapide célébrité.

En résumé, et s'il nous fallait conclure sur le triple talent de peintre, de dessinateur et de lithographe dont Hippolyte Bellangé fit preuve, nous ne pourrions le faire sans comparer équitablement ces œuvres d'une autre époque avec celles qui paraissent à nos Salons annuels.

Sans doute certains esprits chagrins ont pu trouver étrange le temps où le tableau de bataille composé dans l'atelier, à l'aide de types de convention, s'agençait au milieu de reliefs de terrains, toujours les mêmes, que rompaient un affût brisé ou le cadavre d'un cheval. De place en place un boulet accentuait une pente de terrain et un lointain non moins conventionnel que les premiers plans servait de complément au tableau.

Notre école moderne des jeunes peintres mili-

taires a produit des œuvres plus sincères, il faut l'avouer. Elle sait accumuler sur une même toile des quantités de figures d'une justesse de mouvement inouïe, et l'exactitude absolue des détails et des accessoires n'exclut jamais l'habileté de la composition.

Quant à nous, nous éprouverons toujours un sentiment d'admiration pour ces peintres militaires de la génération précédente. Quant à Charlet, à Raftet et à Bellangé, quant à ce dernier surtout, dont l'œuvre est considérable, nous n'aurons pas le courage de leur reprocher cet aspect conventionnel qui fut la caractéristique de toute une époque, car il n'était pas particulier au peintre de bataille.

Sans doute, il est dans les œuvres de Charlet 1 , et, ajouterons-nous, de RafFet et de Bellangé, bien des choses qui n'ont point survécu aux circonstances, bien des beautés relatives au temps qui passe, aux idées qui changent, aux sentiments qui se modifient; et nous-mêmes, nous n'avons plus il s'en faut, pour ses grognards et leurs aphorismes la sympathie qu'on avait jadis.

Mais il y a dans ces œuvres des choses d'une portée humaine, des moralités profondes, des satires impérissables..., des façons de voir la nature très originales et très vraies, des beautés enfin que l'on peut dire absolues, car elles ne passeront point.

Nous ne verrons toujours dans Charlet, dans Raffet et dans Bellangé que trois contemporains,

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