‹ Hippolyte Bellangé et son œuvreChapitre 4 sur 74 · du 10 avril et aj avril · texte numérisé non relu

du 10 avril et aj avril

a. Cette note est signée C.-V.

6 HIPPOI.YTE BELLANGÉ ET SON ŒUVRE.

individuelles de la République, cette idée ne vint à aucun d'eux.

Et voilà comment il nous est impossible de faire figurer dans le catalogue de l'œuvre ces vignettes sur faïence, premiers dessins de Bellangé, que les procédés lithographiques et les horribles bordures qui les entouraient ne devaient pas d'ailleurs rendre bien séduisants.

Faut-il encore chercher 'd'autres excuses pour cette omission, fournir tout au moins d'autres preuves de cette rareté? Ce que notre ami, M. Champfleury, écrivait à l' Intermédiaire en 1875, il nous le confirmait tout récemment, nous assurant qu'il n'avait jamais vu de dessins de Bellangé 1 reproduits par ce système, et que de plus les combats et batailles de ces « décors sur faïence fine », qui lui étaient passés sous les yeux, « n'offraient que des banalités de crayon qui étaient bien au-dessous de celles de Victor Adam ».

Après ces assiettes introuvables, mais à coup sûr médiocres, — ce qui est toujours une consolation, — ce n'est qu'à partir de 1822 que nous pouvons donner une liste exacte des œuvres déjà très remarquées de Bellangé, puisqu'au Salon de 1824 il obtenait une médaille de deuxième classe, et que dès avant 1837 ses tableaux, déjà populaires, étaient achetés par l'État et gravés par Jazet ou reproduits en lithographie.

r. Lettre datée du 25 octobre 1879.

Au Salon de 1834, cette notoriété devait recevoir sa consécration officielle. Le Napoléon au retour de l'île d'Elbe eut un succès incontestable et valut à Bellangé la croix de chevalier de la Légion d'honneur.

Gravée pour diverses publications, lithographiée par l'auteur lui-même, cette scène est presque universellement connue.

C'est le Napoléon légendaire en redingote grise, marchant seul en avant de ses grenadiers de l'île d'Elbe, muets et sombres, l'arme sous le bras, et l'antithèse des bataillons joyeux poussant des vivats, détachant leurs cocardes blanches et enlevant en l'air, avec allégresse, les shakos qui se balancent joyeusement à la pointe des baïonnettes.

L'anecdote de ce 5 e de ligne envoyé de Grenoble pour fermer le passage à la troupe de Napoléon est devenue populaire. « Parmi vous, s'il en est un qui veuille tuer son ancien général, son empereur, il le peut, leur dit Napoléon, me voilà. » L'hésitation et un bourdonnement confus, puis des acclamations d'enthousiasme, des rangs confondus, des soldats qui se « disputent les regards du Petit Caporal » et « l'honneur de baiser cette redingote grise qui devait un

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jour devenir historique » tel est le dénouement et la dernière phase de la rencontre.

Cette décoration de la Légion d'honneur que Bellangé méritait certainement, mais n'espérait peutêtre pas si prompte, nous a valu une lettre bien drolatique de son ami Charlet qui avait préparé « la chose ». Il avait déjeuné « avec le pouvoir », et « le chevalier en herbe et en transes » avait beau s'en défendre modestement. « J'ai vu, tenu, palpé », lui écrivait Charlet avec une autorité sans réplique, et presque aussi fier de sa phrase que César dictant son : Vèni, vidij vici. J'ai vu, tenu, palpé ». Cela était irrésistible, en effet.

La Bataille de Fleurus (1835), a-t-on dit 1 , fut « l'œuf dont le talent de Bellangé est sorti tout entier. On y retrouve le point de départ des chemins divers dans lesquels il devait rayonner. Des groupes compris savamment, des types variés, tous expressifs, la précision dans le geste, de l'esprit, de l'entrain, quelques scènes de sentiment; c'est un des meilleurs tableaux officiels de Versailles, c'est aussi la meilleure parmi les grandes toiles de l'artiste, et néanmoins il s'est élevé bien au-dessus de cette composition dans ses tableaux de chevalet ».

Nous décrirons plus loin en effet quelques-unes de ces charmantes scènes familières.

Deux ans plus tard, la Bataille de Wagram (1837) (Musée de Versailles) fut une des vastes compositions

1. E. Marco de Saint- Hilairc, Histoire anecdotique de Napoléon.

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