Revue des Deux Mondes, 1876, t. XIII, période m
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saillant et décisif de cette grande action de guerre, avait été peinte par un vrai peintre, ce serait un des chefs-d'œuvre de la peinture de bataille.
Les éloges de réminent critique sont tempérés de quelques observations moins bienveillantes que nous regrettons sincèrement. Il nous paraît singulier môme que l'auteur, ayant déclaré tout d'abord qu'il « n'étudiait les peintres de bataille que dans leur esthétique et non dans leurs qualités de peintre » croie devoir faire une critique exagérée de la peinture de Bellangé.
L'auteur de cet article blâme, en général, avec raison, le fini excessif, l'exécution méticuleuse du morceau qui ne convient guère aux figures en mouvement. 11 les veut, et, certes, M. A. Houssaye est dans le vrai, enlevées par des touches vigoureuses sous peine d'être glacées et immobilisées dans leur mouvement. L'exécution de Bellangé n'était pas lâchée, mais elle n'était pas non plus d'un méticuleux répréhensible à ce point, surtout dans ses œuvres principales, et ce sont celles-là qui attirent notre attention.
C'est certainement un grand honneur pour Bellangé que d'avoir été classé et nommé — lui qui fut tant de fois oublié — dans cette intéressante monographie de la peinture de bataille. Mais nous eussions souhaité l'éloge plus complet, et d'ailleurs l'appréciation ainsi modifiée du talent de Bellangé n'en eût été que plus vraie.
Dans cette grande épopée de la République et du premier Empire, qui a donné une vie nouvelle à la
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peinture de bataille, qui est presque aussi ancienne que la peinture elle-même 1 , les œuvres de Bellangé figurent pour une très large part, et il fut un de ceux, il ne faut pas l'oublier, qui maintinrent longtemps haut et ferme « le drapeau de la peinture militaire ».
Au Salon de 1855, nous voyons Bellangé commencer la reproduction d'un certain nombre de batailles du second Empire. Il abandonne de temps à autre les grognards et commence à célébrer nos modernes troupiers.
Les années suivantes nous montreront de lui un véritable chef-d'œuvre de sentiment qui fut, on l'a dit avec raison, le plus grand succès de larmes du Salon ; mais, sans nous faire oublier, quant à nous, les grognards de l'Empire. Le soldat de notre époque fut certes consciencieusement étudié par l'artiste, mais il restera dans l'avenir moins vrai, moins typique que le grognard.
En fait de grognard, Charlet lui-môme n'avait qu'un modèle pour ainsi dire ; il avait dans la tête un certain type qu'il faisait de pratique, parce qu'il le sa-