‹ Hippolyte Castille, précédé d'une lettre de M. Veuillot, relative à sa propre biographie, et deChapitre 2 sur 9 · PAU · texte numérisé non relu

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EUGÈNE DE MIRECOURT

' PARIS

GUSTAVE UAVARD, ÉDITEUR

15, RUE (iOENÊGAUD, 15

L'autear et Téditcnrsc réservent le droit de tradncUon et de reproduction à Tétrangcr.

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Le Moniteur du Loiret, journal publié à Orléans, ayant commencé à reproduire notre biographie de Louis Vcuillot, monseigneur Dupanloup, dans une IcUre dictée par le sentiment évangélique le plus respectable^ pria le rédacteur en chef <!<> vouloùrbien suspendre cette reproduction.

Comprenant les scrupules de Tillustre prélat, que M. Yeuillot jadis a si peu ménagé, le Moniteur du Loiret fit preuve de respectueuse déférence :

il ne donna pas la suite de notre notice à ses lecteurs.

M. Yeuillot aurait dû être enchanté de cette interruption toute à son avantage. Point.

Voici la lettre qu'il écrivit à M. Lavedan, rédacteur de la feuille orléanaise.

« Monsieur,

« 11 vous a paru piquaul de reproduire, à fusagc de mes compatriotes du I.oiret, un écrit où je suis msulté comme homme de la manière la plus bnUale^ comme fils de la façon la plus cruelle. Sans me

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connaître, sans chercher aucune information, sans vous demander si l'auteur de cet écrit méritait la moindre eonfuincej et lorsque tout, au contraire, vous annonçait la diffamation et Yinjure, vous vous êtes jeté sur le hbelle, et vous en avez rempli votre journal.

« Vous vous êtes permis en votre propre nom de me traiter de condottiere, c'està-dire, si vous connaissez la valeur du terme, d'homme sans conscience et mercenaire, mettant sa plume au service 4^ qui la paye; car c'est ainsi que le condottiere trafiquait de son épée.

c J'aurais souffert cela en silence si vous aviez continué, de même que je souffre tous les jours beaucoup de choses semblables. Je vous aurais laissé contribuer ainsi, selon vos moyens, monsieur, à l'œuvre générale qui rend la presse si tUUe aux mœurs publiques et si recommandable aux honnêtes gens. Hais, prêta sup-

porter toute rinjure, îi ne me pliât pas d'y hisser ajouter une réparation insuffisante»

accordée comme marque de respect à la charité d^un tiers qui demande que Fînjnre cesse par considération pour lui.

c La lettre de monseigneur votre évèque et vos commentaires m'obligent à protester contre cette forme de charité que je n'ai sollicitée de personne, et que je n'accepte point de vous.

« Le vénérable prélat n'a sans doute lu ni l'écrit tout entier, ni même le morceau que vous avez publié. Il ignore que son témoignage y est exploité comme une sanction des injures dont je suis l'objet.

Autrement il ne nommerait pas tout simplement UNE BROCHURE SUR H. YeUILLOT,

sans aucune expression de blâme, cet amas de diffamations formé par une m«n qui n'a pas craint de blesser le sentiment fUial

f Sa Grandeur vous aurait dit que,

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qtiels qu'aient été les torts de M. Veuillot dans la discussion de certaines questions libres de littérature, de politique, d'histoire ou même de religion, ces torts (sur lesquels d'ailleurs tout le monde n*est pas du même avis) ne pouvaient autoriser M. Jacqmt (né à MirecouH) à écrire sur ma mèn'e le passage que vous ayez offert à la curiosité de vos lecteurs, ni vous, monsieur, à reproduire de telles grossièretés et à me qualifier de condottiere, ainsi que vous dites.

Quant à ma ivh^vénérée mère, sachez, monsieur, qu'elle a travaillé, comme son mari, pour élever, sans demander secours à personne, quatre enfants qui n'ont jamais rougi d'elle ni de leur nom. Sachez et publiez, pour expier votre injure, que, dans son humble condition, cette digne et vaillante femme sut enseigner à ses enfants l'amour de la justice et le courage dans la pauvreté.

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(( Quant a moi, informez-vous si j*ai fait des écnts anonymes ou pseudonymes ; tâchez de savoir si , même avant d'être chrétien, j'ai reproduit des libelles diffamatoires ou par haine contre mes adversaires ou pour amuser mes lecteurs; voyez si j'ai un dossier à la poHce correctionnelle; priez monseigneur votre évèque de vous dire si j'ai coutume de changer d'opinion par intérêt; si c'est Tintérét qui m'a fait entrer dans la rédaction de TUnivers; s'il est vrai, comn\e TafCrme votre auteur, que FDnivers a été subventionné par LtmiS'Philippe, et Tait été auparavant par les grandes dames du faubourg Saint-Geiynain. M. Tabbé Dupauloup a parfaitement connu les affaires Ae h presse catholique et très-Uen su comment et de quoi elle vivait. 11 peut . vous donner les renseignements les plus exacts, je m'en fie à son équité.

« Je m'arrête, monsieur, je ne veux pas

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DES CONTEMPORAINS il

user de tout mou droit. H me suffît d'avoii* refusé la grâce que vous vous croyez en* gagé à me faire; je ne vous forcerai pas à publier mon apologie. Cela ne serait pas assez piquant pour vos lecteurs, et je crois n'en avoir pas besoin. Dans tous les cas, je dirai comme monseigneur votre évéque :

Le remède au mal (si l'écrit en qnesticm doit me faire du mal) n'est pas u. Votre reproduction interrompue, la lettre de monseigneur, celle-ci, tout cela fait au contraire les affaires de M. Jacquot. Il a ainsi ce qu'il cherche, et vous pouvez maintenant, profitant de ses complaisances, vous enrichir du reste de son écrit sans craindre que je réclame; le plus amer est passé.

« Il y a un remède pourtant. Ce remède infaillible, qui me fortifie en dépit de tous les procédés exceptioimels dont on use envers mm, je n'ai besoin de le demander à personne : il est en ma possession, p^sonne ne peut me Tôter. Pour le passé,

c est la parole souveraine et sacrée qui a relevé, il y a trois ans, Tœuvre à laquelle je travaille, lorsqu'elle était quasi abattue. Pour l'avenir, c'est le ferme dessein où je suis de poursuivre ma route, d'aller à mou but, sans doimer raison à la calomnie, et sans perdre plus de temps qu'il ne faut à panser ses vUes morsures,

« Agréez, etc.

« Louis Veuillot. »

Le rédacteur en chef du Moniteur dit Loiret a répondu par les réflexions suivantes :

<( Nous sommes profondément étonné de voir M. Louis Veuillot, qui a fait un si déplorable abus de l'insulte, venir se plaindre de ce qu'un biographe se soit servi contre sa personne de Vaime avec

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laquelle lui-même attaque tout le monde.

« Que le rédacteur en cherde V Univers nous permette de lui exprimer ici toute notre pensée.

« Quand on a, comme lui, occupé sa plume avec tant de passion et pendant si longtemps à outrager, non-seulement ses adversaires, dont il a fait des ennemis irréconciliables de la religion elle-même^ mais encore les hommes les plus honorables et les plus dignes de respect, MM. de Montalembert, de Falloux, Lenormanl, Nicolas, Foissct, le Père Lacordaire, etc., on a perdu le droit de se plaindre d*être outrage à son tour, et on a pour ainsi dire autorisé d'avance et légitimé toutes les re^ présailles.

a &I. Louis Veuillot annonce « le feimc (( dessein où il est de poursuivre son œu-^ (T vre; » nous le regrettons vivement, mai?

nous nous en consolons par la pensée que

les scandales finissent toujours par aifoir un terme.

« Léon Laveoui. »

Cette l'époDse est courte ; mais elle est pleine de logique et de vérité.

Seulement, le rédacteur a tort de dire que a nous nous servons contre M. Yeuillot de VmiTie avec laquelle lui-même attaque tout le monde. »

Nous tenons à prouver que nous ne sommes coupable ni d*insulte ni d'outrage envers le fougueux polémiste de V Univers, et voici la letlre que nous lui avons envoyée, le jour même où le Moniteur du Loiret est parvenu entre nos mains.

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