‹ Hippolyte Castille, précédé d'une lettre de M. Veuillot, relative à sa propre biographie, et deChapitre 3 sur 9 · A MONSIEUR LOUIS VEUILLOT · texte numérisé non relu

A MONSIEUR LOUIS VEUILLOT

Paris, 25 février 1856.

Monsieur,

Vous êtes un samt homme. L'humilité chrétienne compte nécessairement parmi les innombrables Tertus qui vous distinguent.

Or, dans rhypothèse où la notice que J'ai eu l'honneur de vous consacrer n'aurait pas rendu complètement hommage à votre mérite et serait tombée dans l'exagération du blâme, le sentiment religieux, dont vous êtes si abondamment pourvu, ainsi que la loi dont vous prêcliéz l'observance devaient vous engager à tendre la seconde joue, si j'avais eu l'indignité de souflleter la première. On est chrélien, monsieur, ou ou ne l'est pas.

*6 OURUMIQUË

Doiic, voti^e. lettre au Moniteur du Loiret me cause une surprise mêlée d'affliction.

Que vous soyez violent, injuste, acrimonieux, dans les questions étrangères à votre personne, et sous prétexte de terrasser les ennemis de la foi, passe encore; mais, lorsqu'une occasion se présente de vous humilier et de prouver à toiis que vous êtes sincèrement évangélique, vous avez le plus grand tort de ne la jioinl saisir. Votre devoir, en cette occurrence, était de déposer vos chagrins au pied de la croix et de les offrir A Dieu comme expiation de vos péchés de jeunesse.

Mais non, votre nature agressive l'emporte.

Vous écrivez une lettre où Taigreur perce à chaque ligne contre la feuille orléanuise et contre monseigneur Dupan^ loup; vous êtes profondément blessé de voir que le saint évéque, dont j'ai exploité

DES CONTEMPOHAINS i?

le témoignage (pouvais-je choisir une autorité meilleure?), ne lançait pas sur votre criminel biographe les foudres de Texcommunication; vous refusez d'accepter ur^e réparation insuffisante accordée comme marqm de respect à la charité d'un tien, et vous protestez contre cette forme de charité si peu analogue à celle qui règne dans vos articles.

En vérité, monsieur, le journal qui vous traite de condottiere me semble inexcusable.

Sous vos ordres, ï Univers combat toujours à armes courtoises; vous n'attaquez jamais personne brutalement et à rimproviste; vous avez des allures extrêmement chevaleresques; on adn^ire votre galanterie pleine de délicatesse pour les femmes, votre respect pour les vieillards, témoin vos insultes à George Sand et à Déranger. La presse^ si utile aux mœurs publiques et si recommandable aux hon-

i6 CURONIUUË

Doiic, voti*e. lettre au Moniteur du Loiret me cause une surprise mêlée d'affliction.

Que vous soyez violent, injuste, acrimonieux, dans les questions étrangères à votre personne, et sous prétexte de terrasser les ennemis de la foi, passe encore; mais, lorsqu'une occasion se présente de vous humilier et de prouva à tous que vous êtes sincèrement évangélique, vous avez le plus grand tort de ne la pint saisir. Votre devoir, en cette occurrence, était de déposer vos chagrins au pied de la croix et de les offrir a Dieu comme expiation de vos péchés de jeunesse.

Mais non, votre nature agressive l'emporte.

Vous écrivez une lettre où Taigreur perce à chaque ligne contre la feuille orléanaise et contre monseigneur Dupan^ loup; vous êtes pix>fondémeut blessé de voir que le saint évéque, dont j'ai exploité

DES CONTEMPORAINS l7

le témoignage (pouvais-je choisir une autorité meilleure?), ne lançait pas sur votre criminel biographe les foudres de Texcommunication; vous refusez d'accepter une réparation insuffisante accordée comme marque de respect à la charité d^un tiers f et vous protestez contre cette forme de charité si peu analogue à celle qui règne dans vos articles.

En vérité, monsieur, le journal qui vous traite de condottiere me semble inexcusable.

Sous vos ordres, ï Univers combat toujours à armes courtoises; vous n*attaquez jamais personne brutalement et à rimproviste; vous avez des allures exti^êmement chevaleresques; on adn^ire votre galanterie pleine de délicatesse pour les femmes, votre respect pour les vieillards, témoin vos insultes à George Sand et à Déranger. La presse, si utile aux mœurs publiques et si recommandable aux hon-

18 CHUOMQUE

tiêtes gens, a le pKis grand lort de ne pas vous prendre pour modèle.

J'arrive à ce qui me concerae.

D'abord, nwnsieur, permettez-moi de vous donner un léger démenti. Je n'ai point affirmé que Lmiis-Philippe srdwentionnail TUnivers. Une telle invraisemblance historique n'est pas permise, et le roi de Juillet tenait trop à ses deniers personnels poitr en gratifier un dévouement quelconque; je n'ai pas dit non plus que votre journal ait été sitbventionné auparavant par dosgrandes damesdu faubourg Saint- Germain. Vous m'obligez à rétablir un paragraphe modifié par vous avec un aplomb digne d'une meilleure cause, pour mieux lancer à monseigneur Dupanbup et :\ la presse catholique je ne sais quel trait perfide.

Voici mes propres paroles :

« L'Univers et les Débats pas^^ient

DES CONTEMPORALNS 19

pour être honorés de toutes les confidences et de toutes les sympatiiies du château.

Plusieurs grandes dames fort dévotes et fort riches soutinrent longtemps la feuille religieuse. Elles ne lui donnaient pas moins (le soixante mille francs de subvention annuelle. »

C'est là ce que j'ai écrit, et je main»

tiens le fait. La reine était piaise ; madame Adélaïde possédait un opulent patrimoine.

Selon vous, monsieur, le petit volume qui contient votre histoire est un amas de diffamations. L'auteur de ce livre coupable ne mérite pas la moindi'e cenpmice.

Il vous insulte comme homme de la manière la plus brutale, comme fils de la façon la plus cruelle.

Voila des SKxnisatioDs bien graves. Sontelles fondées? Pas le moins du monde.

iO ClinONlQOE

(( Quant à moi, informez-vous si j*ai fait des écrits anonymes ou pseiuhnymes ; tâchez de savoir si , même avant d'élre chrétien, j*ai reproduit des libelles diffamatoires ou par haine contre mes adversaires ou pour amuser mes lecteurs; voyez si j'ai un dossier à la police correctionnelle ; priez monseigneur votre évèque de vous dire si j'ai coutume de changer d'opinion par intérêt; si c'est Tintêrêt qui m'a fait entrer dans la rédaction de rUwivERs; s'il est vrai, comn\e l'affirme votre auteur, que TUnivers a été subventionné par Louis-Philippe, et Tait été auparavant par les grandes dames du faubourg Saint-Geijnain, M. Tabbé Dupauloup a parfaitement connu les affaires de la p7*esse catholique et très-Uen su comment et de quoi elle vivait. 11 peut vous donner les renseignements les plus exacts, je m'en fie à son équité.

« Je m'arrête, monsieur, je ne veux pas

wmfmm

user de loul mou droit. Il me suiîil d'avoir refusé la grâce que vous vous croyez en* gagé à me faire; je ne vous forcerai pas à publier mon apologie. Cela ne serait pas assez piquant pour vos lecteurs, et je crois n'en avoir pas besoin. Dans tous les cas, je dirai comme monseigneur votre évéque : Le remède au mal (si l'écrit en question doit me faire du mal) n'est pas u. Votre reproduction interrompue, la lettre de monseigneur, celle-ci, tout cela fait au contraire les affaires de M. Jacquot. Il a ainsi ce qu'il cherche, et vous pouvez maintenant, profitant de ses complaisances, vous enrichir du reste de son écrit sans craindre que je réclame; le plus amer est passé.

« U y a un remède pourtant. Ce remède infaillible, qui me fortifie en dépit de tous les procédés exceptiotmels dont on use envers mm, je n'ai besoin de le demander à personne : il est en ma possession, personne ne peut me Tôter. Pour le passé,

c est la parole souveraine et sacrée qui a relevé, il y a trois ans, l'œuvre à laquelle je travaille, lorsqu'elle était quasi abattue. Pour l'avenir, c'est le ferme dessein où je suis de poursuivre ma route, d'aller à mou but, sans donner raison à la caloni' ni€y et sans perdre plus de temps qu'il ne faut à panser ses viles morsures,

« Agréez, etc.

« Louis Veuillot. ))

Le rédacteur en chef du Moniteur du Loiret a répondu par les réflexions suivantes :

(( Nous sommes profondément étonné de voir M. Louis Veuillot, qui a fait un si déplorable abus de l'insulte, venir se plaindre de ce qu'un biographe se soit servi contre sa personne de Yaijne avec

D£S COiNTEHPOKAlNS^ 13

laquelle lui-même attaque tout le monde.

a Que le rédacteur en chef de Y Univers nous permette de lui exprimer ici toute notre pensée,

« Quand on a, comme lui, occupé sa plume avec tant de passion et pendant si longtemps à outrager, non-seulement ses adversaires, dont il a fait des ennemis irréconciliables de la religion elle-même, mais encore les hommes les plus honorables et les plus dignes de respect, MM. de Hontalembert, de Falloux, Lenormanl, Nicolas, Foissct, le Père Lacordaire, etc., on a perdu le droit de se plaindre d'être outragé à son tour, et on a pour ainsi dire autorisé d'avance et légitimé toutes les re^ présailles.

a M. Louis Veuillot annonce u le ferme « dessein où il est de poursuivre son œu<^ (n vre; » nous le regrettons vivement, mais nous nous en consolons par la pensée que

2i CHRONIQUE

langue des ^ts. Coinprenez-\'Ous, monsieur? J'ai une mère, aussi vénérée que la vôtre, pour le moins, et que les querelles de presse affligent. Le sentiment fUialy dans lerjue) vous vous drapez avec tant de pompe, m'a décidé à choisir un pseudonyme; et me prêter une autre intaitiou que celle d'avoir voulu sauver le nom de mon père, — nom respecté dans ma province, nom que je porte avec orgueil partout ailleurs que dans le domaine de la publicité, — des attaques d'un injuste ridicule, serait m'offenser grièvement.

Vous m'avez contraint à cette explication.

Maintenant vous êtes prévenu. Je n'admets en aucune circonstance qu'on se cache sous la robe du jésuite pour acquérir l'impunité de l'insulte.

Revenons à votre biographie.

Monseigneur Dupanloup a raison : Le

RCHÈDE AU VAL N*ËST POIMT LA. Pour

VOUS ramener aux devoirs que la cliarilé chrétienne impose, il faudrait une illumination d*en haut qui tous dessillât les yeux et vous fît sentir combien vos déportements de plume sont scandaleux.

« Vous assistez tous les matins à la première messe de votre paroisse, et, le soir, vous traversez les rues endormies en disant votre chapelet. » C'est fort édifiant, monsieur ! Mais, pour obtenir du ciel un rayon qui vous éclaire, il faudrait vous livrer peut-être à quelques exercices de pénitence. Réfléchissez-y Uen. Vous avez les passions irritables; cette violence de caractère ne sera domptée que par le cilice, le jeûne et la discipline. Priez, pleurez, macérez- vous, et Dieu vous donnera la douceur, la patience, la miséricorde.

Suivez ce conseil, suivez-le sans re« tard, ou le pape, qui a relevé TUnivers, il y a trois ans, par sa parole souveraine

2G CHROMQUE ^S CONTEMPORAINS

et sacrée, finira par s*eii repentir. Vous aifioiez trop la lotte, vous êtes trop barg»eia, trop batailleur, pour ne pas devemv un jour hérétique. Vous verrez, monsieui*, vous verrez !

Eiv attendant, poriBetlez-moi, paiis(|ue vous n'approuvez pas le pseudmtfme, de signer cette lettre de mon véritable nom :

EOGÈHE Jàcquot.

I^our mes lecteurs, qui en ont Thabitilde, je signe^ et je continuerai de signer :

£UG£S£0E MlRECOURT.

Grâce au mercatililismc qiii, daus ce siècle, déshonore les lettres, et grâce aux iulrigues coupables des organes de la publicité, beaucoup d'écrivains d'un mérite incontestable ne sont point cofflius cooune ils devraient Têtre.

Une fois en possession des livres de trois ou quatre foiu^nisseurs en vogue, chaque:

i» HIPPOLYTE GASTILLE

libraire ferme systématiquement sa porte, et ne s*inquiète pas s*il repousse un chefd'œuvre. La juste dispensation de la gloire est très-indiiïérente à ces marchands de papier noirci qu'on nomme éditeurs ; ils .

vous répondent volontiers comme le consciencieux Emile :

« — Faites signer votre manuscrit Alexandre Dumàs, einousTimprimerons. »

C*est donc un parti pris chez nous de venger ceul de nos confrères qui ont été victimes dé cet état de choses affligeant.

Sans cesse on nous entendra crier au public: Ne prenez pas ce qu'on vous offre; demandez ce qu*on ne vous offre pas; lisez ensuite, et soyez juge !

Toute la moralité de notre œuvre est là.

Dénoncer les forls qui abusent de leur puissance; tendre aux faibles une main

UIPPOLYTE CASTILLE 29

sympathique, et les placer debout, quand ils en sont dignes, au soleil de la renommée, voilà notre tâche.

Nous continuerons de la ranplir.

Le héros de cette notice, tant pis pour ceux qui Tignorent I — est tout simplement un des premiers écrivains de 1 epoque.

Gharles-Hippolyte Castille est né à Montreuil-sur-mer, le 8 novembre 1820.

Son père, le chevalier Castille, officier d'ordonnance de Napoléon le Grand, fut promu au grade de colonel d'artillerie.

C'était un militaire de grand mérite : lu Restauration le mit en disponibilité.

M. Castille père mourut en i820 sans avoir vu la fin de sa disgrâce.

Hippolyte commença ses études classiques à l'âge de dix ans. Les Bourbons

30 IIIPPOLYTE CASTILLE

avaient repris le chemin de l'exil, et Je général Lamarqae, vieil ami du colonel, venait d'obtenir de la dynastie de Juillet une bourse pour le fils de son ancien compagnon d'armes.

On envoya notre héros au collège de Douai.

Ce collège, ancien couvent des moines «rEnchin, situé près d'une caserne, dans un quartier désert, avait un aspect lugu> bre. Ses murailles sombres atliislèrent le jeune élève. Le souvenir encore plein des cajoleries maternelles, il ne s'habitua point à la rudesse de la discipline.

Des maîtres insensés, plutôt que de recourir au raisonnement avec cette nature souffrante et un peu taciturne, l'exaspérèrent parit'étemeHcs punitions.

Un chef ti'élude cassa le bras à Hippoiyte six mois après son entrée au ocrflége.

Cet homme Lrutal fut chassé ; mais le caractère de Tenfant s'était aigri. Tous les chefs d'étude lui semblèrent des monstres, fpi'il poursuivit d'une haine implacable.

Il organisa contre eux mille et ime révoltes, tantôt soufûant un cpjinquet pour mieux les faire trébucher dans Fombre contre une ficeUe perfide, tantôt fabriquant de petites catapultes, au moyen desqueHes il manœuvrait si habilement, en pleine étude, que les malheureux pions recevaient à chaque minute, droit sur le nez, d'énormes ponimes de terre crues.

Un rapport du proviseur signala ces nombreux méfaits au ministre et ne mentionna point la fracture du bras, qui, sans

oi UirPOLYTE CASTILLE

autoriser la conduite du jeuoe élève, pou« vait néanmoins lui servir d'excuse.

La bourse fut supprimée; on renvoya notre inventeur de catapultes chez sa mère.

C<Mnprenant un peu tard les dangers de l'indiscipline, Hippolyte dut renoncer à un système de vengeance dont les suites retombai^t sur sa famille et sur lui-même.

Il acheva ses classes au collège de Cambrai sous un régime plus paternel.

On nous assure que, pendant son année de rhétorique, il triompha de sa vieille rancune, au point de devenir Tami d'un jeune maître d'étude, qui avait autrefois connu Alphonse Karr au collège Bourbon, et qui développa chez notre héros l'instinct littéraire en lui prêtant Sous les Tilleuls.

UIPl'OL^TE CASTILLE 33

Ses dasses finies, Hippolyte liabiia ie petit hameau d'Oisy-le- Verger , datis le département du Pas-de-Calais.

Madame CasliUc y avait une maison de campagne.

Apprenant qae son fils voulait se consacrer aux lettres, elle s'eilraya des obstacles sans nombre qu'il allait rencontrer sur sa route en suivant une telle vocation.

Pour mieux l'en dissuader, elle le retint près d'elle aussi longtemps que possible.

lie jeune homme mena, quinze mois durant, une de ces existences rêveuses et solitaires que Walter Scott a si admirablement dépeintes. C'était un Waverley nié* lancolique, blond et pâle, un gentleman /armer lettré, rimant le matin, chassant dans le jour, et se grisant le soir.

^ UIPPOLYTE GASTILLE

Hais, fatigué 46 celte vie où la matière abderbe toujours l'intelligence, il décida madame Caslille à le laisser prendre le.

chemin de la capitale, assurant, pour calmer les craintes maternelles, qu'il accepterait un emploi , en attendant que sa plume lui créât des ressources.

Il partit avec une lettre de reconounaudation pour H. Hâter, députéde Bourges ^

C'était encore un %îeil ami du colonel Castillc. Son accueil au jeune homme fui rempli de bienveillance. Il le fit entrer presque immédiatement au cabinet du comte Jaubert, ministre des travaux pu-

A dix-neuf ans, Hippolyte était un vérî-

' Aojoardlnti conseiller à la coar de cassation.

HIPPOLYTE CASTILLE 3î>

Cable Adouis, que les bourgeoises anoblies de la cour citoyenne caressaient par de vives œillades ; mais, outre le sérieux de son caractère, propre à lui servir d'égide, il avait laissé dans son village un premier amour.

Ces dames en furent pour leurs frais de coquetterie.

Nous avons vu notre héros se révolter au collège contre une domination brutale.

Chez le ministre, il ne tarda pas à donner de nouvelles preuves de cette haine du despotisme qui le caractérise.

En étudiant la physionomie d'Hippolyte Castille, on ne devinerait jamais tout ce qu*une tête aussi blonde et aussi douce peut cacher d'énergie, d'orgueil et d'indépendance.

56 niPP(M.YTE CASTUl.E

Bien décidé à ne point se laisser ti'aiter en valet par le maître et à ne subir ni hi mor^e ni les dédains, il se conduisit de manière à se faire mettre à la porte, — toujours comme au collège.

Il ne se rendait jamais au coup de sonnette du ministre.

Quand celui-ci voulait parler à son jeune secrétaire, il fallait qu'il lui expédiât poliment un huissier pour Tinviter à se rendre près de lui.

Le comte ordonnait-il un travail d'une voix trop impérieuse, Gastille achevait tranquillement une page du Mar{irave des ClaireSf nouvelle remarquable qui devait signaler bientôt ses débuts en littérature.

Hais, chose bizarre, on tolérait tout.

Plus il déployait de fierté dans son

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liumble sphère, plus il se montrait rogue et désobéissant dans les bureaux, plus on avait pour lui d'indulgence.

Il fréquentait le monde. Ces dames continuaient de lui prodiguer les œillades, les paroles aimables, les sourires, tant enOn que le jeune homme trembla pour son cœur et pour ses serments.

Un beau jour, il prit une résolution extrême.

Des lettres d'Oisy-le-Yerger lui annonçant que certaines entraves à ses affections de province n'existaient plus, il demanda un congé au ministre pour aller se marier.

Cela f]t scandale.

— Se marier à vingt aiis! quelle folie !

Jeter en pâture sa jeunesse aux tristes préoccupations du ménage, perdre ses

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