I. BASES RELIGIBUSES DU SYSTÈME (SOCIALISTE
Ab Jove principium, — toute chose en principe découle de Dieu.
Pour épigraphe à vos premiers ouvrages, Monsieur, vous avez mis ces mots du bien-aimé (3) poète (4) qui est une transition si harmonieuse entre la sombre mélancolie de l’âge antique où était en prédominance le sentiment de la condamnation et de lesclavage et la mélancolie lumineuse (5) de l’âge moderne où règne en prédominance le sentiment de la rédemption et de la liberté des enfants de Dieu. é
Eh bien! Monsieur, celui que nous honorons non pas comme un Messie industriel, ainsi que vous parlez, mais plutôt et uniquement comme un génie humain, qui, ayant mieux étudié la nature, mieux et plus en dehors des habitudes du philosophisme et de la civilisation, a vu mieux qu’un autre les rapports qu’il y a entre les ressorts dont elle se compose et le dessein providentiel, cet homme, dis-je, ce martyr crucifié dans sa science, comme un autre (6) l’a été dans son amour, cette grande âme que nous apercevons si chrétiennement religieuse au terme de sa carrière,
au sommet rude quoique non ensanglanté de son calvaire, où elle
(1) Ces idées se retrouvent (passim) dans l’Encyclique Rerum novarum.
(2) Dans un article publié par le Bien public, à la fin de 1844, Lamartine avait attaqué l’école fouriériste, lui reprochant ses idées sur la société, la famille et la propriété. Considérant répondit à l’auteur des Premières Méditations dans la Démocratie pacifique des 29, 30 et 31 décembre 1844, des 2, 4, 7, 8 et 11 janvier 1845. La Morvonnais se proposa de venir à la rescousse par un article resté, croyons-nous, inédit. C’est cet article, véritable apologie des théories sociétaires, dont nous donnons ici les fragments qui subsistent.
(3) Première leçon : de l’adoré.…
(4) Virgile.
(5) Première leçon : et la lumineuse mélancolie. 2
(6) Jésus-Christ.