TRAGEDIE. XLIX
PHÈDRE
Tremble'{ ! cratgne:{ pour elle un courroux éclatant! Je ne la hais jamais tant,
PHÈDRE
Ma fureur va tout entreprendre Contre des jou?^s trop odieux !
Je ne hais rien tant sous les deux Que le sang que je veux répandre.
Gardez-vous de rien entreprend?^e Contre des jours si précieux I Rien ne m'est si cher sous les deux Que le sang- que je veux défendre,
Mais pour V objet de mon amour Qui peut vous inspirer cette haine fatale ?
PHÈDRE
Elle a trop su te plaire^ elle en perdra le jour. Puis'je avec trop d'ardeur immoler ma invalel
UIPPOLYTE ET ARICIE. 4
Votre rivale? Je Jr émis,
Thésée est votre époux^ et vous aime:{ son fils ?
Ah ! je me sens glacé d'une horreur sans égale.
Terribles ennemis des perfides humains^
Dieux si prompts autrefois à les réduire en poudre^ Qu' aitende^-vous ? lance\ la foudre I Qui la retient entre vos mains ?
PHÈDRE
Ah ! cesse par tes vœux d'allumer le tonnerre ! Eclate^ éveille-toi, sors d'un honteux repos.
Rends-toi digjte fils d'un héros Qui de monstres sans nombre a délivré la terre ! Il n'en est échappé qu^wî seul à sa fureur. Frappe ! Ce monstre est dans mon cœur.
Grands Dieux!
PHÈDRE
Tu balances encore ?
Etouffe dans mon sang un amour que f abhorre! Je ne puis obtenir ce funeste secours,
Cruel^ quelle rigueur extrême !
Tu me hais autant que je faime ;
TRAGEDIE
Mais, pour trancher mes tristes jours.
Je n'ai besoin que de moi-même.
Elle prend l'épée d'HippoLYXE.
Donne !
HippoLYTE (en lui arrachant l'épée).
Que faites-vous ?
PHÈDRE
Tu m'arraches ce fer?
THÉSÉE paraît.