‹ Hippolyte FlandrinChapitre 11 sur 211 · Lettre du 10 octobre · texte numérisé non relu

Lettre du 10 octobre

rents se traduit à chaque instant par des mots ingénus d’enfant affectueux qui ne peut se consoler d’être loin de ses parents et se retourne vers eux avec une obstination émue. « Vous êtes dans notre cœur : nous vous aimons comme à Lyon, » écrit-il en arrivant à Paris L Un autre jour, « Tu ne saurais croire avec quel plaisir nous recevons une de tes lettres. C’est pour nous un événement qui nous rend tout joyeux et qui fait époque 1 2. » Et plus loin : « Combien nous vous aimons ! Quelquefois je suis dans des extases de joie à la seule pensée de vous revoir3. »

Peu de temps après son arrivée à Paris, il apprend la mort prématurée, à l’âge de vingt-deux ans, de sa sœur Caroline, qu’il aimait tendrement et qu’il avait laissée déjà bien malade au moment de son départ. Sa douleur redouble à la pensée qu’il est si loin de ses pauvres parents, en un moment si cruel. « Peut-être qu’en mêlant nos larmes, elles seraient moins amères 4. » Aussi leur propose-t-il de tout quitter pour se joindre à eux, et cependant à cette époque et dans une situation comme celle de Flandrin, pareil voyage ne pouvait être entrepris, ni même projeté, à la légère.

A ces sentiments pour l’art et pour la famille s’alliait une foi profonde, dépôt sacré reçu de sa pieuse mère, trésor qu’il ne montrait pas aux regards indiscrets, mais qu’il conservait intact au dedans de lui-même avec un soin jaloux. « Dites, maman, à notre bonne cousine Mariette, que les conseils qu’elle

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