juin
viens de porter mon offrande : il est bien juste que nous nous montrions reconnaissants du dévouement, lorsque les autres font tant de frais pour séduire et corrompre L »
Enfin, ce qui est surtout un signe des temps, c’est la satisfaction avec laquelle Flandrin salue le retour de la sécurité.
« Nous sommes en état de siège, par conséquent ont disparu les mines effrayantes qui remplissaient la ville. Les voilà dans leur trou jusqu’à nouvel ordre 1 2. »
Quelques jours plus tard, il ajoutait cette note humoristique :
» Le calme est admirable à Lyon et, sous l’exécrable tyrannie de l’état de siège, on se sent comme le poisson dans l’eau3. »
Ces paroles ne reflètent que trop les sentiments de la génération d’alors, lassée de guerre civile. Evidemment l’Empire n’était pas loin . On s’étonne qu’il n’ait été proclamé que trois ans plus tard. Flandrin avait perdu la foi en la République. Sans doute il restait toujours respectueux (le cette Constitution qui allait être bientôt déchirée ; mais les événements Lavaient peu à peu détaché d’un régime pour lequel au début il n’avait montré aucune antipathie.
Lorsque le 2 décembre arrivera, nous trouverons chez lui des paroles émues, émanant d’un cœur qui ne peut assister sans frémir à l’effusion du sang, mais pas un seul mot de réprobation pour les auteurs du coup d’Etat.