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4. A la date du 15 janvier 1832, il avait écrit à son frère Auguste, qui faisait partie de la garde nationale et qui avait vu l’émeute de près : « Ta lettre, dans laquelle tu me racontes

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en 18/|9 plus sévère pour les révoltés. Cette nouvelle édition de la guerre civile acheva dans son âme l’évolution que nous avons vue s’y dessiner.

Dès le début de l’Assemblée législative, Ledru- Rollin avait déposé un acte d’accusation contre le président, pour avoir fait la guerre à la République Romaine au mépris de la Constitution et des droits de l’Assemblée. Une manifestation organisée dans ce sens avait été promptement réprimée à Paris, tandis qu’à Lyon il se produisit un grave soulèvement.

Le I/4 juin, on avait fait courir à Lyon le bruit que Ledru-Rollin était maître à Paris et que le président et les ministres étaient arrêtés et prisonniers à Vincennes. A cette nouvelle, naturellement, les esprits s’échauflerent, les ouvriers descendirent de la Croix-Rousse et la nuit se passa en manifestations bruyantes. Le lendemain le conflit se produisit entre le peuple et la troupe.

La mère de Flandrin, âgée de quatre-vingts ans, était sortie de chez elle malgré les menaces d’émeute, pour rendre visite à une de ses cousines malade. Tout d'un couj) les feux de peloton éclatent à la Croix-

les malheureuses journées de Lyon, m’a fait une peine horrible, tous ces détails sont déchirants. Puis les dangers que tu as courus dans ce pénible service, oh ! tout cela m’a fait un mal! Si tu savais ici comment les journaux du ministère racontaient ça !... Le mal vient de loin et ce n’est ni la faute des fabricants, ni celle des ouvriers, et, malgré les actions affreuses dont tu m’as parlé et que je suis loin de vouloir justifier, ce peuple n’a pas été aussi barbare qu’ils le disaient, et, passé quelques actes de vengeance, la dévastation s’est arrêtée. Je suis bien sur que toi qui t’es battu contre eux, qui n’as échappé qu’avec peine à leurs balles, tu avoueras qu’on pouvait s’attendre à des excès plus grands de la part d’un peuple en fureur, qui a vu peu à peu réduire son salaire jusqu’à ne plus pouvoir suffire à ses besoins, qui s’est vu méprisé enfin et qui, après un combat, se trouve le maître... »

H. FLANDRIN ET LES ÉVÉNEMENTS DE lH^H

Housse, le canon gronde, Flandriii se précipite à la poursuite de sa mère qu’il a le bonheur de retrouver et qu’il ramène en toute hâte chez elle, toute tremblante. La maison où elle habitait, rue des Bouchers, était assez près du lieu où Ton se battait pour qu’une balle vint en frapper le mur et qu’une femme fût blessée dans une maison voisine.

L’horreur inspirée à Flandrin par cette sanglante journée se traduit de deux manières dans sa correspondance. D’abord il accuse vivement la crédulité aveugle du peuple vis-à-vis de ses meneurs :

« La veille, pour engager l’action, on lui a fabriqué de fausses nouvelles : c’est reconnu. Pendant le combat, les chefs en font circuler de nouvelles tout aussi fausses : il le reconnaît encore ; mais rien ne le désabuse et il leur accorde toujours la môme sotte et stupide confiance. Aux armes ! c’est toujours le premier cri, comme si les institutions et les libertés que nous avons, ne nous donnaient pas d'autres moyens de faire prévaloir nos volontés1. »

Par contre il témoigne franchement sa sympathie et sa reconnaissance pour l’armée, qui a si vaillamment rétabli l’ordre. 11 raconte avec émotion la conduite de ces braves du 2° légers qui, après avoir pactisé avec l’émeute, se sont ressaisis grâce à leurs officiers et ont sollicité l’honneur de marcher-les premiers., 11 loue les mesures prises par le général Gémeau. 11 ne se contente pas de paroles: il souscrit pour les soldats blessés et pour les familles de ceux qui sont morts.

« Le pays doit beaucoup aux hommes qui sa von I ainsi se compromettre et se sacrifier pour lui... Je

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