août
SAINT-VINCENT-DE-PAUL
mothe1, qui, pendant une absence du maître, avait reçu les impressions du savant religieux.
« La visite du P. Cahier m’intéresse vivement et vous avez bien fait de noter ses principales critiques. Sans abandonner notre propre sens , nous devons toujours prendre en considération les avis d’un homme dont le savoir est si profond et l’esprit si distingué, raisons qui me font en même temps trouver un grand plaisir à l’expression de satisfaction que vous me dites lui avoir entendu répéter. »
Puis, l’artiste examine les principales objections faites à son œuvre, les discute de sang-froid et ne se rend pas toujours.
« Vous me parlez d’abord delà faute commise sur la couleur du vêtement de saint Antoine de Padoue. Je ne la crois pas aussi grande que la fait le P. Cahier, car je suis sûr d’avoir vu des Franciscains espagnols de cette couleur, mais, plus concluant encore, j’ai vu des tableaux de maîtres déjà anciens lui donner exactement la couleur que nous avons donnée à notre saint. Nous déciderons donc cela à mon retour. » Sur d’autres points, d’ailleurs assez minces, il se dispose à tenir compte de la critique.
« Quant à sainte Claire, c’est peu de chose, je lui ajusterai un voile. Avez- vous demandé à M. Cahier si sainte Gertrude devait avoir une mitre ? »
Le costume de cette pieuse abbesse le préoccupait particulièrement. « Vous souvenez-vous si, à sainte Gertrude de Nivelle, il n’a critiqué que la couleur du vêtement, et non la forme ; si eniin il n’a pas trouvé mauvais de lui donner un vêtement sacerdotal, tel que la chasuble ? »