Voir chap. XVI, p
3. Nous avons déjà dit quelques mots à ce sujet, à propos des méthodes de travail d’IIipp. Flandrin (chap. IV, p. 91).
IIIPPOLYTE FLANDRIN
avec son frère qu'il réussit à « se satisfaire 1 ».
Grâce au crayon de Paul, Hippolyte put être à luimême son Christ. Sa pensée, lue dans ses yeux par les yeux d’un frère qui était aussi un artiste, passa presque sans intermédiaire dans son œuvre. Si, plus souvent qu'un autre, il a réussi à peindre son âme dans ses ouvrages, ne le dut-il pas, dans une certaine mesure, à l'aide dévoué qui se faisait avec amour le miroir de son frère ?
D’autre part, qu’il était doux et bon pour Paul de s’appuyer sur son aîné ! Quel exemple, quel stimulant ! Où trouver un ami dont la sympathie fût plus vive, la sollicitude plus dévouée ? Paul avait besoin de ce réconfort, car les difficultés qu'il rencontrait sur son chemin, contrastaient avec les succès rapides de la carrière fraternelle. Hippolyte souffrait de cette inégalité et son affection savait trouver en même temps que le ton qui console, le mot qui porte et qui entraîne.
« Pauvre ami, écrivait-il, après un Salon où les tableaux de Paul n’avaient obtenu aucune récompense, je pensais à toi et je soupirais, car je n’en connais pas de plus indignement délaissé. Cependant il vaut mieux que l'on dise : Pourquoi n’a-t-il pas la médaille ? que : Pourquoi P a-t-il ? Mais ayons bon courage et surtout faisons de notre mieux. J'ai l’orgueil de dire que si nous venions jamais à nous satisfaire un peu, ce ne serait pas trop mal1 2. » — « N’est-ce pas ? disaitil dans une autre occasion, tu te vengeras, en faisant mieux 3. »
Aussi quelle joie quand on rendait justice à son