Il mai
2. Paul Flandrin. lui, ne s’y trompait jamais. Jusque dans sa vieillesse, âgé de plus de quatre-vingts ans, il distinguai! sans hésiter les moindres traits dessinés par son frère ou par lui.
IIIPPOLYTE FLANDBIN ET SON FRÈRE PAUL
lui qui, à Saint-Germain-des-Prés, a dessiné le gracieux ânon de V Entrée à Jérusalem , comme le bélier qui figure dans le tableau de Balaam. 11 se pliait gai ment à la tache ingrate de peindre en grand nombre des mains et des pieds. Rien dans les œuvres de son frère ne lui paraissait indigne de son attention et de ses efforts.
Mais son talent correct et distingué était à la hauteur de tâches plus hautes. Il avait fait ses preuves dans les deux compositions originales qui décorent la chapelle des Fonts «à Saint-Séverin 1 et plus tard, dans des circonstances douloureuses, après la mort d’ Hippolyte, ce fut lui qui, d’après les croquis de son frère, acheva la nef de Saint-Germain-des-Prés 2.
De tous les dessins que Paul fit pour son frère, les plus précieux sans doute furent ceux qui représentaient Hippolyte lui-mème posant. S’agissait-il d’une figure importante, d’un geste difficile à trouver, d’une expression de physionomie qu’aucun modèle n’aurait pu donner, l’artiste se drapait comme il l’entendait, prenait l’attitude et le visage qu’il rêvait de prêter à ses personnages. Aussitôt Paul fixait sur le papier l’image fugitive3, et dès lors Hippolyte avait entre les mains un dessin, dont sans doute il n’était pas l’esclave, mais qui était pour lui du plus utile secours.
Ainsi par exemple au temps où il se préparait à peindre sur le mur de Saint-Germain-des-Prés à Jérusalem , il avouait, comme nous l’avons vu, que tout ce qu’il avait essayé avec des modèles pour la figure du Christ était médiocre. C’est en travaillant