‹ Hippolyte FlandrinChapitre 177 sur 211 · LA CÈNE. — LE PASSAGE DE LA MER ROUGE · texte numérisé non relu

LA CÈNE. — LE PASSAGE DE LA MER ROUGE

(Nef de Samt-Germain-des-Prés, 1858).

LA NEF DE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS

sions si défavorables, l’artiste a-t-il entrepris de montrer le Christ sortant triomphant du tombeau, Pétendard à la main ? Non moins étonnant dans son genre est le tableau de Jonas, rempli par une seule figure, celle du prophète que le monstre vient de rejeter et qui, les bras levés et les regards tournés vers le ciel, ne songe qu'à proclamer bien haut la toute puissance de Dieu qui vient de le délivrer.

A la neuvième travée, nous voyons Jésus confiant à saint Pierre et aux apôtres la mission de prêcher l’Evangile par toute la terre. En regard, s’offre le souvenir de l’antique confusion des peuples devant Babel. Les orgueilleux géants qui avaient rêvé de dresser une tour jusqu’au ciel, se séparent pleins de colère, malgré les supplications de leurs femmes qui, tenant leurs enfants dans leurs bras, s’efforcent de réconcilier leurs maris, scène superbe d’atïolement et de fureur, où un critique distrait a cru voir le massacre des Innocents.

L’artiste interrompit ici son travail à la fin de 1861, cédant à une fatigue croissante. Les voiles, qui, depuis six ans, recouvraient les deux murs de la nef, furent retirés, et l’œuvre, poursuivie dans le silence et le recueillement, apparut aux regards. Qu’il nous soit permis de reproduire ici quelques ligues de l’appréciation de Théophile Gautier L

« Jamais le talent si pur de M. Hippolyte Flandrin ne s’est élevé plus haut, il est vraiment digne d’orner la maison du Seigneur. Dans plusieurs de ses sujets, l’artiste a rencontré bien des maîtres et des souvenirs formidables. Les maîtres lui ont souri et mis amicalement la main sur l’épaule. Les souvenirs se

Page 1