‹ Hippolyte FlandrinChapitre 202 sur 211 · Léon Lagrange, ibidem , février · texte numérisé non relu

Léon Lagrange, ibidem , février

HOMMAGES RENDUS À SA MÉMOIRE

diné, une Madone, dont les admirables mains ont été peintes en une séance, celui-là pour Mme Brolemann, nature insaisissable, fixée dans un nuage de tons gris. Tel persiste à placer au-dessus de tout la Jeune fille à l'œillet , tel autre refuse à ce tableau fameux une primauté qu’il accorde à Mme la comtesse Sieyès ou à Mme la duchesse d’Ayen. Mme Vinet, Mme Gottin 1 ont chacune leurs partisans. Mais il n'y a qu’une voix pour reconnaître dans le portrait de Mme Legentil une des œuvres les plus parfaites en ce genre qu’ait signées Hippolyte Flandrin. La grâce de la pose, le goût exquis de l’ajustement, le dessin de la tète et des mains, tout concourt à rallier les opinions diverses, tout jusqu’aux bonnes fortunes de la couleur. En voyant cette robe de velours si douce à l’œil, on se souvient de la lettre où le peintre recommande à son élève Lamothe de peindre le vêtement de je ne sais plus quelle sainte d'un beau noir doux ([ui prenne bien la lumière.

« Il n’y a qu’une voix pour admirer le portrait de Mlle Baltard. Jamais Flandrin n’a rien peint de plus ferme, de plus carré, que cette fillette en béguin blanc, qui vous regarde d’un air curieux. Plus d’un portrait d’homme pâlit à côté. Et cependant quelle riche galerie de physionomies contemporaines, toutes marquées au coin de leur temps, toutes modernes par le caractère, classiques par l’interprétation élevée et sobre, et vivantes par la sincérité du sentiment, que cette suite qui commence à M. Reiset et nous montre tour à tour M. Varcollier, MM. Dassy, M. Thiac, M. Brolemann, le prince Napoléon, M. le comte Walewski, M. Gatteaux, M. le comte Duchâtel, M. Casimir

1, Mlle Prélard.

Périer, l’empereur Napoléon ÏII et M. le baron de Rothschild! Ce dernier peint à lui seul toute une époque. Jamais Daumier n’enferma un torse du dixneuvième siècle dans un gilet plus caractéristique b » Après l’exposition de l’Ecole des Beaux-Arts, les œuvres de Flandrin qui restaient aux mains de sa famille, passèrent presque toutes à l'hôtel des ventes, où, suivant le mot de la Gazette des Beaux-Arts1 2, « le grand art remporta un éclatant triomphe3 ».

La postérité commençait pour Ilippolyte Flandrin. Déjà en 1864, le Conseil municipal de Lyon avait donné le nom de l’artiste à l’ancienne rue des Bouchers, où il était né. La ville de Paris imita cet exemple et voulut avoir son boulevard Hippolyte Flandrin. Lyon et Paris semblaient rivaliser pour honorer sa mémoire. A PEcole des Beaux-Arts de Paris le médaillon de Flandrin, ainsi que celui de Simart décorent le monument d’Ingres 4. Au palais Saint- Pierre, à Lyon, on trouve aussi l’image et le souvenir de celui qui fut un des plus illustres enfants de la cité5. Lyon fit mieux encore. Sur la place des Jacobins, au centre de la ville, s'élève depuis 1886 une

1. «L'exposition posthume de Flandrin va jeter dans la caisse des artistes une somme de 30.00U francs environ. » Gazette des Beaux-Arts , Bulletin mensuel, mars 1865.

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