Les souscriptions étaient recueillies à la Gazette des
Beaux-Arts (n° du 10 juillet 1864) et chez le baron de Roth-
schild. La commission formée pour l’érection du monument se
composait des noms suivants: le comte Walewski, membre du
conseil privé, président ; Ingres et Gatteaux, vice-présidents ;
l’abbé Comte, curé de Saint-Germain-des-Prés, le baron James
de Rothschild, Ambroise Thomas, Baltard, Beulé, vicomte
Delaborde, Oudiné, Timbal, Galichon, directeur de la Gazette des Beaux-Arts , et Louis Lamothe. En tête de la première liste, l’empereur Napoléon III souscrivit pour 1.000 francs, la ville de Paris pour une somme égale. Les listes de souscription se trouvent publiées dans la Chronique des Arts (n08 des 18 et 25 décembre 1864, Pr et 22 janvier 1865). A la fin de janvier, la souscription atteignit le chiffre de 14.000 francs. Le monument fut inauguré le 7 juillet 1866.
HOMMAGES RENDUS À SA M'ÉMOIRE
belle, qui se manifeste en toute ingénuité dans ses lettres si simples, mais si nobles et si attachantes. L’éditeur était admirablement préparé à sa tâche, non seulement par ses sympathies personnelles pour le défunt et par son érudition artistique, mais par les remarquables études qu'il avait déjà fait paraître sur la peinture en France et en particulier sur la peinture religieuse L
Aussi fit-il précéder ces lettres d’une notice magistrale, où son admiration pour l’artiste emprunta il une autorité imposante à sa compétence de critique et à son talent d’écrivain. C’est grâce à son initiative, à son travail, à ses lumières1 2, que, depuis plus de quarante ans, ceux qui aiment le beau, dans l’ordre moral comme dans l’ordre artistique, peuvent entrer dans l’intimité d’Hippolyte Flandrin.
Cepëndant les amis de l’illustre peintre avaient encore un devoir à remplir, c’était de réunir autant que possible ses œuvres éparses et de les présenter dans la majesté de leur ensemble aux regards du public.
Une exposition posthume de Flandrin fut ouverte à l’Ecole des Beaux-Arts, du 15 février au lm’ avril 1865. Les grandes compositions du maître en étaient exclues par la force des choses, puisqu’elles sont captives des murs des églises. Du moins on pouvait en montrer les esquisses, ou les reproductions, entourées des études de détail qui avaient servi à
1. On sait que le comte Delaborde fut longtemps secrétaire perpétuel de l’Académie des Beaux-Arts.
2. Le volume des Lettres de Flandrin, déjà annoncé par Beulé dans son Éloge du 11) novembre 1864, parut en janvier 1865, chez Plon. La Gazette des Beaux-Arts du 1er janvier en donnait la primeur à ses lecteurs.
l'exécution des peintures : c’est ce que l’on fit. On y joignit les rares tableaux de l’artiste, le Thésée , le Dante t 1 e Saint Clair , Jésus et les petits enfants , la Mater Dolorosa, etc., et on réunit quarante portraits « choisis, non parmi les meilleurs, mais parmi les plus beaux entre les meilleurs b » Cette exposition fut un événement : « L’événement du mois, lisait-on dans la Gazelle des Beaux- Arts 1 2, ce n’est pas l’apparition d’un homme nouveau ou la révélation d’un chefd’œuvre inconnu, ce n’est même pas la marche triomphale de la vente Pourtalès, c’est l’exposition posthume d’Hippolyte Flandrin... Depuis le 15 février, un public sympathique n’a cessé de se porter quai Malaquais. Pendant les trois premiers jours, dixhuit cents visiteurs payants étaientdéjà entrés 5 l’exposition, sans compter les élèves de l’Ecole des Beaux- Arts, auxquels des cartes ont été réservées, sur un désir exprimé, nous dit-on par Mm0 Flandrin. Le résultat de ce légitime empressement sera d'assurer au plus jeune et au plus modeste de nos maîtres la place d’honneur qu’il mérite dans l’Art français... La plupart des tableaux d’Hippolyte Flandrin sont pour les uns une nouveauté, pour les autres une surprise. Ceux qui ont pu voir ces peintures aux Salons où (‘lies ont paru, ne les connaissaient pas, ou les connaissaient mal. Filles de la même inspiration, il leur fallait l’atmosphère de famille qu’elles ont trouvée à l’exposition du quai Malaquais... Quant aux portraits, les préférences individuelles ont beau jeu à les classer, à les opposer 1 un à l’autre. Celui-ci tient pour le portrait de Mme Ou-