SAINT CLAIR GUÉRISSANT LES AVEUGLES
(Cathédrale de Nantes, 1836).
SÉJOUR UN ITALIE
rageant ! Mais oui, il faut que je vous dise tout, à vous, à condition pourtant que ce soit pour vous seul. Il est entré, s’est placé en face du tableau. Assis depuis un moment, il ne disait rien, j’étais embarrassé, Paul aussi. Enfin il se lève, me regarde, les yeux pleins de larmes et, en m’embrassant avec l’effusion, le sentiment que vous lui connaissez, il me dit : « Non, mon ami, la peinture n’est pas perdue. Je n’aurai donc pas été inutile. » A ces mots, dont je suis si indigne d’être l’objet, l’occasion, je suis devenu petit, et n’ai pu répondre que par des larmes f »
En même temps que ce tableau, Flandrin envoya à Paris, en 183(3, une figure d’étude : Euripide , le stylet à la main, dans une attitude de méditation. Cette toile, dans laquelle l’artiste s’était efforcé de répondre aux critiques sur la faiblesse de son coloris, lui valut certains compliments dont il ne se prévalut guère. Nous pouvons en juger par cet échange d’impressions entre l’auteur et un de ses camarades, Eugène Roger 2. Ce dernier, ancien pensionnaire, se trouvant à Paris, avait vu l’exposition des envois de 1836. Il écrivait à son ami :
« Je commencerai par féliciter la cathédrale de Nantes du beau tableau que tu lui as expédié de Rome. Il a été généralement très goûté et avec raison. Toutes les têtes et le sentiment général du tableau sont très beaux et M. Hersent, dont l’approbation ne saurait t’être suspecte de partialité, m’en