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IIIPPOLYTE FLANDRIN

Selon moi, plus on se demande, plus on obtient. »

Au moment où il parlait ainsi, il s' était déjà demandé un tableau important, destiné à la cathédrale de Nantes1 et représentant saint Clair2 guérissant les aveugles. Il abordait ainsi la peinture religieuse, à laquelle il était amené doucement par la nature austère de son talent autant que par ses convictions. Le choix qu’il avait fait d’une scène dantesque pour son précédent envoi , était déjà un acheminement vers le genre sacré. N’y avait-il pas même une curieuse analogie entre les deux sujets? Dans l’un et l’autre il s’agit d’aveugles, ici guéris, là consolés par une intervention extraordinaire. Mais là nous étions dans le domaine du rêve et de la poésie, ici nous marchons dans le rayonnement pur et calme de la foi.

Le tableau, dont les dimensions étaient imposées, est tout en hauteur. Aussi montre-t-il les personnages échelonnés sur les degrés d’un temple. Le saint évêque, debout, les yeux au ciel, étend les mains sur deux aveugles, que nous voyons presque de dos, agenouillés devant saint Clair. L’un, se sentant déjà guéri, porte la main à son bandeau, pour l’arracher. Le recueillement, la surprise, la joie se lisent sur les visages des assistants.

Dans une lettre à Lacuria, Flandrin raconte ce qui se passa dans son atelier, quand il montra son œuvre à Ingres. « Oh ! si vous saviez comme il a été encou- ,

1. La commande avait été faite à l’artiste par l’intermédiaire de ses camarades, MM. Bodinier d’Angers. — « C’est une | chose, disait Flandrin, où je n’ai pas envisagé le gain, puisque je la fais à peu près pour les frais. Mais elle a une belle destination, et c’est beaucoup. » (15 décembre 1835.) Le prix était fixé à mille francs. Le tableau contient quinze figures grandes comme nature !

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