‹ Hippolyte FlandrinChapitre 45 sur 211 · octobre · texte numérisé non relu

octobre

SÉJOUR EN ITALIE

en échange à l’artiste de faire le buste de son père. « Le portrait de notre père, par lui ! écrivait Flandrin à son frère Auguste, oh ! mon Dieu, je ne saurais t’exprimer combien ça nous a fait de plaisir ! Dis-lui bien que je trouve mon Bergei * mieux placé que je n’eusse jamais osé l’espérer. Excuse-moi de ne pas lui écrire moi-mème pour cela, mais j’ai la tete bien faible ; la fièvre me poursuit toujours1. »

En effet, Flandrin avait pris la fièvre au mois d’août 1836 et depuis cinq mois ce mal opiniâtre ne le quittait plus.

Les pensionnaires de l’Académie doivent, pendant leur séjour, faire une copie d’après un tableau de maître. C’est en s’acquittant de cette obligation, qui lui était douce, en copiant un fragment de l 'Ecole d'Athènes 2, que le jeune artiste, glacé par la fraîcheur du Vatican, contracta le mal qui devait tant nuire à ses travaux. Son frère Paul l’aida à finir l’œuvre entreprise.

Avant de venir à Rome, Flandrin, en faisant poser comme modèles quelques-uns de ses camarades d’atelier, avait ébauché une scène pastorale. Inspiré par Virgile, qu’il goûtait vivement, quoique à travers une traduction médiocre, il avait réuni dans un groupe gracieux les héros des Bucoliques, bergers musiciens et poètes, jeunes gens beaux et charmants, que sans doute, inconsciemment, il avait vus plus chastes et plus naïfs que l’antiquité neles avait connus. Reprenant à Rome cette esquisse, l’artiste en caressa l’exécution avec tant de soin et d’amour qu’elle de-

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