Il ne fut jamais longtemps malade, mais il le fut assez
souvent.
ENFANCE ET PREMIÈRE JEUNESSE
dans une atmosphère de chaude sympathie, ressentit vivement la froide impression de la contradiction ! Aussi, sans rien abdiquer, ni rien déguiser, renferma-t-elle son précieux dépôt en elle-même, comme une mère en hiver serre plus fort son enfant contre son sein.
Une réserve constante, tel fut le premier trait qui distingua le jeune lyonnais au milieu de ses camarades. Quant au fond de son âme, des sentiments nobles et exquis le remplissaient, en particulier l’amour de son art, la tendresse pour les siens, la foi religieuse.
C’était d’abord l’amour de son art, qui l’avait arraché aux douceurs du foyer de Lyon, pour le jeter à Paris, dans l’existence la plus précaire et la plus laborieuse. Mais il s’agissait d’être peintre, il n’avait pas hésité. « Rester un an et demi sans vous embrasser, écrivait-il à ses parents, que c’est pénible ! Mais il faut prendre son parti et travailler vigoureusement. Alors nous aurons fait bien des progrès, je l’espère, et nous pourrons rendre bon compte d’un temps qui nous aura coûté si cher L » — « Nous vivons ici de la manière la plus uniforme, mais sans nous ennuyer^, parce que nous ne faisons que travailler et que notre plus grand plaisir est de voir quand nous faisons des progrès 1 2 3. » Sa tendresse pour ses pa-