‹ Hippolyte FlandrinChapitre 8 sur 211 · février · texte numérisé non relu

février

more Cooper, voire quelque traduction d’Homère ou de Théocrite, de Virgile ou de Plutarque.

Bien que d’une constitution assez robuste, Hippolyte FJandrin ne pouvait traverser tant de privations sans que ses forces le trahissent de loin en loin L La première fois, au mois de juin 1829, il fut soigné avec un admirable dévouement par la mère d’un de ses camarades, de celui-là même qui l’avait attiré à l’atelier d’Ingres. Mme Guichard lit venir le malade dans la chambre de son propre fils et le soigna comme son enfant.

Mais le plus souvent, Flandrin devait se passer d’une pareille providence. Quelquefois il se traînait tout fiévreux à l’atelier ou au concours, quitte à se retirer plus souffrant encore 1 2.

Les épreuves morales s’ajoutaient aux autres. C’était la douleur d’être éloigné des siens qu’il aimait tendrement et de leur être une cause de peine en même temps qu’une charge. C’était l’isolement dans la grande ville remplie d’inconnus, c’était le contact incessant avec des camarades si différents de lui-même.

Au milieu de ses enthousiasmes romantiques et libéraux, la jeunesse de 1830 était presque complètement étrangère à la religion, quand elle ne lui était pas hostile. C’était une source d'étonnements et de rires que la rencontre d’un homme de foi, lidèle à ses convictions. Combien Flandrin, si profondément empreint de christianisme, devait se trouver peu à l’aise dans ce milieu voltairien ! Combien son âme, si délicate et si désireuse de fraterniser avec d’autres

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