‹ Histogénèse des lésions de la cirrhose hépatiqueChapitre 11 sur 54 · THÉORIE MIXTE · texte numérisé non relu

THÉORIE MIXTE

faire rejeter toute idée d’origine parenchymateuse, la conception mixte de la pathogénie des cirrhoses, que proposent ces auteurs, satisfait l'esprit. Charcot et Hanot avaient déjà compris que concevoir des cirrhoses toujours suivant un même type pathogénique, c'était s’exposer à des erreurs grossières. Hanot avait admirablement distingué le processus périveineux de la cirrhose biveineuse des processus péricellulaires de la cirrhose biliaire, l’une évoluait suivant le typeinterstitiel, l’autre suivant le type épithélial.

Cette opinion de Hanot est adoptée par M. Chaufjard et par MM. Gilbert et Surmont.

En Allemagne, Ziegler se montre encore plus éclectique. Les agents cirrhogènes agissent pour lui de deux façons : en détruisant l’épithélium hépatique, ou en lésant les parois vasculaires. Dans le premier cas, après

la destruction parenchymateuse, se produit une migra-

tion de cellules conjonctives et l’apparition de vaisseaux de néoformation ; ces derniers aident à la constitution d’une véritable cicatrice fibreuse, c’est en somme une cirrhose cicatricielle. Par contre, dans le deuxième cas, les parois vasculaires sont lésées les premières, il en résulte des troubles de la nutrition, puis des processus de dégénération cellulaire, le tissu conjonctif vient combler le vide produit par ces dégénérescences. C’est une cirrhose vasculaire et dystrophique.

Les progrès de la technique expérimentale ont permis d'étudier cette question en écartant, le plus possible, les causes d'erreurs. Nous avons ainsi mis en évidence l'existence de lésions cellulaires précoces, pas-

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sagères, se répétant à chaque phase d'intoxication, jus: qu’à l'apparition du tissu scléreux. Ce tissu scléreux se montre autour des vaisseaux et des canaux biliaires, il se développe autour des cellules, ou encore à la suite de destruction cellulaire, d’où les processus vasculaires, biliaires, péricellulaires et cicatricielles. Suivant le type des cirrhoses, les processus d’ordres divers prédominent, il n’y a pas des cirrhoses interstitielles et parenchymateuses, il y a des cirrhoses plus ou moins interstitielles et plus ou moins parenchy mateuses. Nous dirons plus, l’évolution des cirrhoses traverse des moments où la sclérosé est plus ou moins interstitielle ou plus ou moins parenchymateuse. Souvent ces lésions coexistent, Elles retentissent les unes sur les autres-et si la lésion cellulaire est la première, elle s’aggrave plus tard après la formation du tissu de cirrhose. Tout ceci démontre bien ce que M. Chauffard a écrit dans

le Traité de médecine : « L'étude des cirrhoses du foie

nous apporte une nouvelle preuve de la grande loi formulée par Bouchard, que les processus pathogéniques sont rarement simples et toujours associés plutôt qu'isolés et indépendants. »

L'importance de la réaction parenchymateuse à l’ori-

gine de toute cirrhose nécessite donc une étude approfondie. Il n’est pas possible de séparer la réaction. parenchymateuse de la réaction interstitielle, « Lésions,

diffuses subaiguës, lésions de dégénérescence partielle ou totale, lésions de cirrhose lente, tous ces complexus

lésionnels ne doivent donc pas être isolés les uns des. autres par dés séparations retranchées, et il semble

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