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Fi. 8. — Gigantisme cellulaire el nucléaire après une intoxicalion chlo- y roformique (période de réparation des lésions). cr
x Dessin à la ch, claire : Obj. 1/18. Oc. 6. Stiassnie. {LES
Karyokinèses. — Les karyokinèses se retrouvent dans les mêmes circonstances. Nous ne les avons jamais un aperçues sur des foies normaux à l’abri de toute intoxication ou d’une infection quelconque. Par contre, une intoxication souvent courte, d’une durée de quatre à cinq jours (chloroforme, cytotoxine) suffit, lorsqu’elle
n’est pas trop massive, pour faire apparaître des figures de karyokinèses. Ces karyokinèses se voient dans la région des cellules saines et au voisinage des foyers altérés. Elles sont presque toujours à l’état de plaques
équatoriales.
F1G. 9. — Figures de karyokinèses en plaques équatoriales au voisinage d’un foyer de névrose cellulaire. (Intoxication chloroformique).” Dessin à la ch. claire : Obj. 1/12. Oc. 6.
Hypertrophies compensatrices et karyokinèses traduisent donc les processus de réparation cellulaire de voisinage.
Supposons, au contraire, que la dégénérescence cellulaire ne s’accuse point jusqu’à la mort définitive de la cellule hépatique, alors si l’action toxique s’arrête, il se
produit une régénération des cellules malades. Chantemesse et Podwyssotsky signalent cette possibilité d’un retour à l’état normal.
Certaines conditions nous paraissent nécessaires pour que se produise cette régénérescence. Il faut que le noyau ne soit pas altéré et que la cellule ne soit parvenue à un haut degré d’atrophie. Chez des animaux en expérience, nous avons vu, à des périodes différentes, apparaître puis disparaître ces cellules dégénérées. Le foie recouvrait en quelques semaines un aspect normal sans la moindre trace de cellules dégénérées, sans la moindre karyokinèse ou hypertrophie compensatrice pour traduire une réparation hépatique. Il est probable que dans ces cas les celluies hépatiques altérées se sont progressivement réparées. Cette régénérescence se comprend, quand on sait, comme nous le démontrerons, combien la dégénérescence granuleuse est subordonnée au début à des troubles de l’équilibre osmotique. La notion de cette fragilité cellulaire entraîne l’idée d’une facilité de réparation sur place par simple rétablissement d’un équilibre entre les milieux cellulaires et extra-cellulaires. Une notion de physique paraît régir ce point de la biologie cellulaire.
Évolution générale de la dégénérescence graisseuse.
La dégénérescence graisseuse prête souvent à confusion avec une surcharge graisseuse. Normalement, en effet, la cellule hépatique et la cellule de Kupffer peu-
vent emmagasiner les réserves de graisse, il s’agit alors d’une simple surcharge graisseuse. Les thèses de M°° Deflandre, de M. jomier ne laissent plus de doute à ce sujet. Aussi convient-il de définir les caractères qui permettent de distinguer cette surcharge graisseuse de la
dégénérescence graisseuse. Ces caractères se bornent à des aspects histologiques : |
Dans la surcharge graisseuse, la cellule, en dehors de la présence de substance graisseuse présente tous les attributs d’une cellule normale. Un cytoplasma finement granuleux est légèrement acidophile et un noyau normal contenant des caryosomes nombreux.
Dans la dégénérescence graisseuse, par contre, les éléments constitutifs de la cellule ont subi l’atteinte d'un trouble nutritif : le cytoplasma est amorphe, peu granuleux et fortement acidophile, et surtout, le noyau manifeste son altération sous la forme d’une figure de caryorrexie ou de caryolyse, la chromatine s’épaissit ou se dissout. Ce que Charcot, dans ses leçons, exprimait en ces termes : « Le caractère fondamental de la dégénération graisseuse est fondé sur ce que le protoplasma s’altère et se détruit progressivement ». MM. Chantemesse et Podwyssotsky distinguent ainsi la dégénérescence de la surcharge : « Ordinairement, la dégénérescence se traduit d’abord par l’apparition du corps du protoplasma de très fines granulations qui restent longtemps isolées. Au contraire l’infiltration de graisse venue du sang se dessine dès le début sous forme de granulations et gouttelettes d’un certain volume qui se fusionnent ensuite assez facilement en grosses gouttes.»
Noyau. — Dans certains cas exceptionnels, on peut observer dans le noyau, l'apparition de vacuoles claires. Ces vacuoles se montrent à un moment où les caryosomes se font rares par suite d’une dissolution progressive. En augmentant de volume, ces vacuoles vont entraîner deux lésions différentes : ou bien la vacuole nettement centrale s’étend en dilatant régulièrement le noyau dont la substance chromatine se borne bientôt à une ligne auréolaire, ou bien la vacuole se place latéralement, évolue excentriquement, fait hernie . dans le cytoplasma, se fusionne avec une vacuole de cette région, se confond avec elle repoussant d’un côté la mince membrane basophile qui représente le vestige nucléaire.
Cette dégénérescence vacuolaire du noyau constitue un faitexceptionnel, presque toujours les troubles observés sont une caryolyse légère et progressive ; d’autre fois, une condensation basophile du noyau qui prend un aspect pycnotique.
Cytoplasma. — Ici encore, deux types doivent être distingués : la dégénérescence graisseuse survient tardivement sur une cellule en dégénérescence granuleuse, ou bien la dégénérescence graisseuse apparaît précoce et rapidement étendue.
a). — Dégénérescence graisseuse tardive. — Nous avons déjà eu l’occasion d'insister sur l'évolution de cette dégénérescence graisseuse comme épiphénomène au cours de la dégénérescence granuleuse ; qu’il nous suffise d'ajouter ce point intéressant : la dégénérescence graisseuse secondaire apparaissant sur une cellule tou-
FrESssINGER 5
jours atrophiée n’est pas une dégénérescence à grosses vacuoles, mais au contraire à petites vacuoles.
b). — Dégénérescence graisseuse précoce. — Ce n’est pas dire que cette dégénérescence soit primitive. Iln'y a pas de dégénérescence graisseuse primitive. Seulement dans ce cas un stade dégénératif antérieur de longue durée fait défaut. Dès le début des altérations, en effet, nous voyons dans une région du cytoplasma s’accumuler des boules graisseuses. Ces boules vont converger, s’accoler, se confondre pour donner de grandes vacuoles. À cette époque, le cytoplasma a perdu son aspect granuleux et réticulé, il est devenu homogène, condensé, ses affinités colorantes sont fortement acidophiles. La graisse continuant à s’accumuler, le noyau se trouve progressivement repoussé avec le cytoplasma, il s’excave, s’allonge, s’effile et bientôt même disparaît écrasé entre deux grandes vacuoles graisseuses.Ce noyau est loin d’être indemne et présente souvent des lésions de caryolyse et de pycnose.
Une telle production de substance graisseuse par dégénérescence simple, c’est-à-dire en dehors de tout apport vasculaire était pour étonner. Aussi, de nombreux auteurs ont-ils longuement discuté sur l’origine de cette graisse. Parmi les plus curieuses hypothèses nous citerons celle de Rosenfeld : dans l’empoisonnement par le phosphore, cet auteur prétend que la graisse, qui apparaît dans le foie, provient non d’une transformation de l’albumine, mais du transport de la graisse puisée dans d’autres parties de l'organisme. « La preuve, ditl,en est donnée par l'absence de dégénérescence grais-
seuse chez les animaux en jeûne et intoxiqués de la même façon. »
C'est là une opinion que n’approuvent pas les faits expérimentaux. L’inanition devrait, en effet, empêcher toute dégénérescence graisseuse. C’est une notion courante, au contraire, que les dégénérescences graisseuses du foie sont fréquentes au cours de l’inanition. Bouci sur des chiens à jeun depuis douze à vingt-quatre jours a trouvé, de même que M. Jomier, que les cellules hépatiques étaient bourrées de gouttelettes graisseuses. Nous avons, de mème, retrouvé ces lésions dégénératives adipeuses prononcées sur des cobayes morts d’inanition.
L'hypothèse de Rosenfeld perd de la sorte, toute sa vraisemblance. Aujourd’hui, d’ailleurs, tous les auteurs admettent avec M. Carnotet M°* Deflandre que « cette graisse provient certainement de la transformation des albuminoïdes » ; pour MM. Dastre et Morat, M. Balthazard ces graisses rentreraient dans le groupe des lecithines.
De même que la cellule hépatique, la cellule de Kupffer est susceptible de présenter une dégénérescence graisseuse. Ici encore, une cause d'erreur réside dans la comparaison des surcharges et des dégénérescences. Khabas, Jomier, après lestravaux de Gilbert ct Carnot,
ont insisté sur la fréquence des surcharges graisseuses interstitielles. Ce n’est pas une raison pour généraliser et conclure que toute graisse retrouvée sur une cellule interstitielle est le résultat d’une accumulation de réserve. Comme sur la cellule parenchymateuse, la dé-
générescence graisseuse peut se développer sur la cellule interstitielle. L'expérience suivante le démontre : Un lapin (expér. 87) est en expérience depuis plusieurs mois, il reçoit de fréquentes injections de faibles doses de chloroforme dilué dans l'huile de paraffine. C'était . une raison pour surcharger son foie de graisse, il n’en est rien; on l’opère en mai 1907, une parcelle de substance hépatique montre un début de cirrhose maïs pas trace d’altération de la cellule interstitielle. Pendant le mois qui suit l’opération, on cesse les injections de chloroforme. L'animal maigrit de 800 grammes et meurt en juin en pleine cachexie. Il présentait une péritonite subaiguë suppurée. Le point intéressant est que son foie est alors examiné et que sur les coupes se voient des cellules de Kupfer dégénérées bourrées de vésicules graisseuses et dont le noyau est pycnotique. Cette graisse n’est pas attribuable à une surcharge, il serait en effet curieux que ce lapin n’eût mis en réserve des graisses qu’à partir du jour, où on en avait cessé l’administration. C’est un exemple de dégénérescence graisseuse.
Comparaison de ces dégénérescences. — Il est possible de comparer la dégénérescence graisseuse et la dégénérescence granuleuse par un tableau schématique qui résume leurs caractères généraux et leurs évolutions.
En somme, la dégénérescence graisseuse est la conséquence d’une intoxication intense et massive, la dégénérescence granuleuse relève, par contre, d’une intoxication légère. Augmentons-nous brusquement la dose
toxique d'un animal faisant une dégénérescence granu : leuse, ces lésions se transforment, la dégénérescence graisseuse apparait. Les dégénérescences paraissent done se modifier, les règles générales n’en persistent oo
D. granuleuse D. graisseuse
mm,
1° Nature du processus causal....... £ Légère Intoxication intoxication. brutale.
2° Précocité de l’altération . .» -…. He Très précoce. Plus tardive.
pe Durée paire .e Courte. Longue.
4 Évolution vers le rétablissement... Possible. Exceptionnelle,
5° Étendue des lé- SI0nS.. 4.60.) Souvent MmOono- Souvent pluricellulaire. - cellulaire.
pas moins. Ces distinctions ont une importance capitale, car la dégénérescence qui précède la cirrhose est la dégénérescence granuleuse. Une dégénérescence graisseuse ne va pas de paire avec une cirrhose en voie de
progression.