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III. DÉCADENCE DE LA LITTÉRATURE ANGLAISE AU XVIIIe SiÈCLE

YoNG — Johnson— Q-RAY— Sterne— Historiens et Philosophes — Poèmes Gaélics— Eloquence Politique— Renaissance anglaise au XIXe siècle — Byron — MooRE — Walter Scott — Burns — Sheriden — Poètes secondaires— Crabbe — Wentworth, Tennyson, etc. — Carlyle — Romanciers : Lytton-Bulwer — Dickens — Thackeray, etc. — Epoque Contemporaine— Aperçu de la Littérature aux Etats-Unis.

" Si la pure activité intellectuelle est le trait dominant de la civilisation allemande, le génie pratique éclate partout en Angleterre. ' '

GUIZOT

L'unité de la langue latine régnait, au Xlle siècle, à des hauteurs presque inaccessibles pour les populations encore peu civilisées de l'Europe ; c'est vers cette époque que les langues vulgaires se créèrent une existence à part, et qu'apparurent la plupart des idiomes populaires et nationaux.

La langue anglo-germanique est l'une des cinq branches de la famille des langues germaniques ; elle ne comprend que deux idiomes : Vanglo saxon, mélange des langues parlées par les Angles, les Saxons et les Pietés, lors de leur invasion en Angleterre au Ve siècle, modifié plus par la conquête danoise, et éteint depuis plusieurs siècles ; et Vanglais parlé de nos jours en Angleterre, formé d'anglo-saxon et d'ano-lonormand, de quelques mots celtiques et romans et qui se subdivise en plusieurs dialectes, comprenant : lo V anglais proprement dit ; 2o Van-

glais Northumhrien ; 3o V écossais ; 4o V anglais ultra-européen, usité en Amérique. Du Vie jusqu'au Xle siècle, l'anglo-saxon n'éprouva que peu de changement. A cette époque on cultivait la littérature avec peu de succès.

L'historien Guidas vivait vers 560. Bède a acquis une grande réputation, au Ville siècle. Mais le latin était encore la langue des savants. Le roi Alfred, au IXe siècle, a fait plusieurs traductions en langue saxonne pour l'instruction du peuple. Au Xe siècle, la noblesse anglaise envoyait en France ses enfants pour apprendre le français.

Guillaume le Conquérant (1066) implanta en Angleterre, avec sa conquête, la langue de la Normandie. La noblesse parlait le français et le peuple conservait le saxon. Peu à peu ces deux idiomes se fondirent et cette fusion est la base de l'anglais actuel. D'après Thommerel (1), l'anglais, sur 43,566 mot, en a emprunté 13,330 aux langues teutoniques, 29,864 aux langues romanes, 88 aux langues celtiques, 294 à des sources incertaines.

L'anglo-normand, qui se parlait dans le 'pays avant la conquête, se rapproche plus de l'allemand que l'islandais, comme on le voit par VExplication de V Ancien Testament, paraphrase faite au XlIIe siècle par l'évêque Coedmon, ainsi que la traduction du Boece, de Bède et autres ouvrages du roi Alfred, et par les poésies de Beowulf sur l'histoire danoise.

Les ménestrels et les troubadours furent en honneur durant les Xlle et XlIIe siècles ; ils contribuèrent beaucoup à développer l'instinct poétique du peuple. Mais les meilleures intelligences s'adonnaient encore au latin, ce qui fait que la langue anglaise a été plus tardive dans ses développements que toutes les autres langues néolatines.

Quelques écrits fixèrent la langue nationale, par exemple le Castel of Love de Grosthead, VHymenea, poésie de Godric (1170), une traduction du Brut de Wace, faite sous le règne de Henri II. Une traduction en vers d'une méditation de Saint Augustin, marque un changement prononcé et un retour évident de l'anglo-saxon vers l'anglais. Henri III écrivait ses proclamations dans la langue du pays, et sous Edouard 1er, le moine Robert de Glocester rédigea une chronique en vers, exemple qui fut suivi 30 ans après par le moine Robert Manning qui en écrivait une

(1) Recherches sur la fusion du franco-normomd et de V anglo-saxon, PaHs, 1844.

autre en langue anglaise en la faisant précéder d'un roman, Sir Tristram, attribué à l'Ecossais Thomas D'Erceldonne.

Le XlVe siècle vit paraître plusieurs traductions des romans de chevalerie de France, mais le nom qui mérite le plus d'être mentionné est Guillaume Langland, auteur de la Vision de Pierre Flougham, critique mordante contre le clergé.

En 1362, Edouard III introduisait l'anglais dans les procédures au lieu du français qui était encore en usage dans la sphère oflâcielle depuis la conquête du Bâtard. La réforme accomplit l'œuvre en fixant pour toujours la langue anglaise dans la dialectique et les actes authentiques.

'' C'est ainsi, observe un historien, que la maturité n'arriva que fort tard pour cette langue qui, si l'on en excepte la prononciation, est devedue l'une des plus logiques, abrégeant les désinences, simplifiant les genres et réduisant la syntaxe à des règles précises ; elle a fondu ensemble les idiomes du midi et du nord ; et il en est résulté une langue d'une force et d'une simplicité extrême, qui s'est répandue plus que toutes les autres dans les pays étrangers, langue tellement mixte et d'un génie si libre qu'il est impossible de l'astreindre au joug d'une académie, comme on y soumet d'autres idiomes dont la vivacité est cependant susceptible de discipline."

Trois hommes supérieurs ont donné à la littérature anglaise, dans la première période, un développement marqué : ce sont Chaucer, Barbour et Gower.

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