HALLER
Albert de Haller, médecin, botaniste et poëte, naquit à Berne, en 1708. C'était un génie supérieur. A quatre ans il expliquait la bible aux domestiques de son père ; à huit ans il résumait près de 2000 articles biographiques de Plutarque, de Bayle et de Moleri ; à neuf ans il présentait dans un concours une thèse écrite en grec au lieu du latin exigé ; à dix ans, il étudiait seul et apprenait l'hébreux et le chaldéen ; à quinze ans il faisait des comédies, des tragédies et un poëme de 4000 vers qu'il brûla plus tard, le jugeant indigne de la publicité. La suite devait correspondre à d'aussi beaux commencements. Son Ode au matin est une des meilleures productions du genre. Ses commentaires sur les leçons de Boerhoave, V Enumération des plantes dt la Suisse, ses expériences sur la respiration, sur la sensibilité, sur l'irritabilité, sur le mouvement du sang, ses Eléments de Psychologie, etc., lui valurent une réputation euro-
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péenne. Comme poëte descriptif Haller n'a guère de rivaux en Allemagne ; son poëme des Alpes est vraiment enchanteur en certains endroits. Quelques-uns de ses vers ont de la rudesse comme la nature sauvage qu'il décrit. La mort de sa femme lui inspira une élégie extrêmement touchante.
Gessner disait de son ami Kleist (1715), que la douceur de son chant le ravissait comme l'éclat d'un soir sans nuage, et que son cœur, en le lisant, devenait calme et paisible comme les campagnes pendant un beau clair de lune. Son poëme du Printemps^ ses odes et ses élégies méritent bien, en effet, l'admiration du poëte pastoral de l'Allemagne.
Gleim (1719) s'illustra par ses chants de guerre : Un grenadier, le Soldat prussien en campagne, etc. Il réussit mieux dans l'ode que dans le drame. Son Livre rouge mérite une mention spéciale.
Glerhert (1715) est le Lafontaine de l'Allemagne. Ses chants religieux respirent la plus haute poésie.