HÉSIODE
Le deuxième nom que l'on remarque dans cette première période est celui d'Hésiode. Homère et Hésiode sont comme ks deux colonnes qui soutiennent l'édifice littéraire de la Grèce. D'une côté l'imagination, de l'autre la raison ; Homère invente, Hésiode trace les règles de l'art ; le premier puise dans l'idéal, le second tend au réel et procède par précepte. Tous deux réagissent l'un sur l'autre et s'aident mutuellement ;
(l) Lorsque dans ce discours j'emploie le mot d'^o/nére, je me sers d'une expression eonvenue pour éviter une périphrase.
c'est l'image précoce de ce qui devait arriver plus tard par l'alliance de la philosophie avec la littérature.
Hésiode suit de près Homère; il est peut-être son contemporain. Comme le poëte épique, il est peu connu dans sa vie privée. D'après les critiques lés mitux informés, il serait né en Béotie au Xème siècle. Les ou\Tages d'Homère ne lui sont pas inconnus car il en cite des extraits dans les siens.
Des seize ouvrages qu'on lui attribue, il ne nous en reste que trois : les Travaux et les Jours, la Théogonie, ou la Naissance des Dieux, et le Bouclier d'Hercule.
Sa Théogonie est l'histoire la plus ancienne du naturalisme primitif; l'écrivain nous fait une énumération fastidieuse et ennuyante des divinités de l'Olympe. Il semble pourtant se réveiller pour chantei le combat des Titans contre Jupiter et leur expulsion dans le Tartare. Cette tradition apparaît pour la première fois dans la poésie. Cet ouvrage est le modèle des Métamorphoses d'Ovide.
Les travaux et les jours sont divisés en trois parties ; l'une est consacrée à la mytologie, l'autre à la morale, la troisième est entièrement didactique. Ce sont des préceptes sur l'agriculture qui guidèrent Virgile dans ses Géorgiques.
Le Bouclier d'Hercule est un fragment épique dont l'authenticité est contestée.
Cicéron et Quintillien reconnaissent dans Hésiode un poëte harmonieux mais surtout un maître distingué dans l'art d'enseigner. Ses vers étaient écrits dans les temples et les lieux publics afin de servir à l'éducation des enfants. Il mourut dans un âge avancé. La poésie était son plus grand loisir sur la fin de sa paisible vie.
Ses ouvrages sont essentiellement didactiques. Il procède par principe et par maxime ; il trace les règles de ce qu'il enseigne. Il succéda à Homère dans la marche de l'art, de même que la réflexion succède à l'inspiration, la raison à l'imagination. Quintillien lui donne la préférence sur Homère dans le style tempéré ; c'est déjà beaucoup si l'éloge est mérité.