PINDARE
Pindare parut à l'époque la plus glorieuse de la Grèce, de 522 à 542. Il naquit à Thèbes en Béotie. Il nous reste de ce poëte lyrique 45 odes ou chants de victoire. Les héros qui avaient remporté le prix dans les jeux trouvaient dans Pindare un digne chantre de leurs exploits. Sa lyre à la main il préludait, et au son de ce prélude, il s'animait en se donnant à lui-même la mesure, le mouvement, la période musicale. Les vers naissaient avec ses chants tantôt tendres, tantôt élevés.
Ses chants ont toujours un caractère solennel et public, et malgré l'irrégularité de ses mouvements, il s'élève souvent jusqu'à l'onction de la prière et de l'enthousiasme. Impétueux, bouillant, il tonne, il éclate, il se précipite. Tendre, gracieux, aimable, parfois enjoué et naïf, sa poésie coule douce et suave comme les parfums de l'attique. Mais plus souvent c'est, au dire d'un écrivain, l'aigle agile qui fend l'air et devance l'aquilon, la terreur le précède, l'éclair jaillit de ses yeux, c'est le coursier aux crins flottants, aux naseaux enflammés qui respire la guerre.
Ses défauts proviennent de l'excès de ses qualités. Pindare semble posséder la véritable inspiration. L'art chez lui a moins fait que la nature. Jamais poëte ne fut plus populaire. Ses œuvres lui rapporté-
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rent d'immenses richesses, mais comme tous les gens de lettres il préférait les honneurs. On lui en fournissait l'occasion ; chacune de ses odes marquèrent un triomphe.
Ce qui nous reste de ses chants se classe comme suit : quatorze Olympiques, douze Pythiques, onze Némétnnes, huit Isthmiques. Il chanta encore les victoires du roi Hiéron qui l'avait attiré à sa cour.
Six cents ans après sa mort on voyait encore sa statue et sa maison debout au milieu des ruines de Thèbes.
Pindare fut le dernier mot de la poésie lyrique chez les Grecs comme Homère avait été le dernier chantre épique. Ils eurent des imitateurs, mais point de rivaux.